International

Dette: Nouvelle mise en garde de la BRI

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5109 Le 19/09/2017 | Partager
Après la crise financière, le «désendettement n’a pas vraiment eu lieu»
Ça craint toujours pour les pays émergents
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L’encours de la dette publique des pays émergents a doublé depuis 2007. Et ce, en raison de l’accélération des émissions de titres de créance. La dette publique en proportion du PIB est passée de 41 à 51%. Autre évolution notable, l’échéance moyenne a nettement augmenté et, dans de nombreux pays émergents, elle est désormais comparable à celle des économies avancées

Après la crise financière, les niveaux de la dette mondiale en proportion du PIB ont continué d’augmenter. «Le désendettement n’a pas vraiment eu lieu. Là où les niveaux de dette privée ont, dans une certaine mesure au moins, diminué, la dette publique a pris le relais», a indiqué Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de la Banque des règlements internationaux (BRI) lors de la présentation du rapport trimestriel de cette institution.

La dette publique des pays émergents inquiète toujours. Fin 2016, elle se montait au total à 11.700 milliards de dollars, ayant plus que doublé par rapport à la fin 2007. Sur ce montant, environ 8.000 milliards de dollars concernaient le Brésil, la Chine et l’Inde. Au cours de cette période, la dette publique en proportion du PIB est passée de 41 à 51%. D’après l’analyse du BRI, l’endettement mondial pourrait être sous-évalué de quelque 13.000 milliards de dollars.

Les nouveaux indicateurs signalent des fragilités. Les ratios de service de la dette, par exemple, ne sont faibles que parce que les taux d’intérêt ont fortement baissé. «Il existe ici une forme de circularité risquant d’aboutir à un piège de la dette», s’inquiète Claudio Borio. Car, dit-il, «la baisse prolongée des taux d’intérêt à des niveaux inhabituellement faibles, indépendamment du dynamisme de l’économie sous-jacente, crée les conditions compliquant le retour desdits taux à des niveaux plus normaux». Dans ce contexte, l’augmentation du pourcentage d’entreprises dont les bénéfices ne peuvent couvrir le service de la dette (les entreprises zombies) n’est pas de bon augure.

La dette des entreprises est aujourd’hui sensiblement plus élevée qu’elle ne l’était avant la crise. Des firmes lourdement endettées, qui bénéficient actuellement de taux bas pour se financer sur les marchés, pourraient ainsi se retrouver en difficulté si les banques centrales décidaient de resserrer leur politique monétaire. D’autres signaux vont dans le même sens: la vigueur des émissions d’obligations à haut rendement, la proportion croissante de la dette assortie de clauses peu contraignantes «covenant-lite» et le resserrement des écarts de rendement. De fait, malgré l’abondance de trésorerie dont disposent de nombreuses entreprises, la répartition des notes de crédit a continué de se dégrader.

 

 

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