Economie

Aquaculture: Beaucoup de projets, une ferme de poisson

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5109 Le 19/09/2017 | Partager
L’objectif de 200.000 tonnes à l’échéance 2020 s’éloigne de plus en plus
Ailleurs, la filière affiche un dynamisme soutenu
La moitié de la consommation mondiale est issue d’élevage

C’est ce mardi 19 septembre que l’Agence nationale de développement de l’aquaculture organise à Al Hoceïma une journée d’information sur l’activité aquacole. Objectif, vendre les projets inscrits dans l’avis d’appel à manifestation d’intérêt dédié à la Région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. La secrétaire d’Etat chargée de la Pêche maritime, Mbarka Bouaida, devrait convaincre les investisseurs potentiels à s’approprier les six projets aquacoles identifiés dans cette région, qui fut pionnière de la filière il y a quelques décennies, notamment la culture des coquillages.

Aujourd’hui, l’ambition est d’installer des projets analogues en plus d’une aquaculture maritime. Et visiblement, en termes d’aménagement et d’identification des sites, tout a été entrepris dans plusieurs régions. Les réglages qui restent à faire tiennent, pour l’essentiel, à l’occupation de terre-plein et à l’assurance. «Ce qui doit être réglé dans le cadre de convergence entre les départements ministériels concernés», estiment les professionnels. A cet effet, la rencontre d’Al Hoceïma a le mérite de réunir toutes les parties prenantes pour mettre sur la table les obstacles qui se dressent devant la relance de cette activité primordiale pour la sauvegarde de la richesse halieutique.

D’autant plus que le pays a enregistré un retard préjudiciable en termes de production, de consommation et d’exportation. Surtout en comparaison avec des pays d’Asie et d’Europe. Actuellement, environ 50% de la consommation mondiale de poisson provient de l’aquaculture, selon la FAO.

Pourtant, de nombreuses actions ont été lancées pour renforcer l’attractivité de la filière. Pour ne citer que les grands projets, l’Agence nationale de développement de l’aquaculture (ANDA) a lancé, en novembre 2015, un appel à manifestation d’intérêt pour le déploiement du premier plan d’aménagement aquacole achevé concernant la Région de Dakhla-Oued Eddahab. Cette offre d’investissement, logée sur plus de 225 km, est constituée de 878 unités de production, s’étendant sur une superficie de plus de 6.556 ha dans laquelle de multiples projets aquacoles seront réalisés.

Le montant d’investissement est estimé à 2,8 milliards de dirhams avec une production cible annuelle de près de 115.000 tonnes et permettra ainsi la création de plus de 3.300 emplois. Selon l’ANDA, «ces projets sont encore au stade de finalisation de la sélection et les résultats doivent être communiqués avant la fin de l’année».

L’autre projet d’envergure porte sur le plan de développement de l’aquaculture marine dans la zone d’Imessouane à Sidi Ifni. La bande littorale comprise entre Imessouane et Sidi-Ifni recèle en effet de nombreuses potentialités aquacoles permettant d’assurer un développement durable du secteur. Cinq zones ayant été identifiées. Elles totalisent 5.430 ha répartis en 330 parcelles destinées à la conchyliculture, la pisciculture et à l’algoculture.

Mais le véritable plan de développement de l’aquaculture marine reste celui ciblant la zone méditerranéenne. De par ses atouts physiques, écologiques  et la diversité des sites pouvant abriter une large gamme d’espèces aquacoles, cette zone constitue un centre d’intérêt pour divers projets d’investissement. Se situant aux portes de l’Europe et des marchés régionaux, cette côte jouit d’un statut privilégié pour l’essor d’une aquaculture durable.

La réalisation du Plan d’aménagement aquacole (PAA) au niveau de la zone s’étalant de Cap Targha à Saïdia, sur une longueur de 350 km, fait ressortir un potentiel aquacole s’élevant à 143.138 tonnes correspondant à 1.905 ha de surface utile identifiée et 85 unités de production.

Pour rappel, l’ANDA a lancé, le 18 juillet 2017, deux appels à manifestation d’intérêt pour le développement de projets d’aquaculture dans la Région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Le premier, adressé aux investisseurs nationaux et internationaux, offre 18 unités de production dont 14 de 25 ha chacune. Elles portent sur l’élevage de poisson. Les quatre autres sont dédiées à l’élevage de coquillages.

La deuxième offre est destinée aux jeunes entrepreneurs originaires de la région et porte sur 4 unités de production de coquillages. Ces deux AMI ont pour objectif de mettre à la disposition des investisseurs des espaces aquacoles clés en main.

Chiffres clés

19 fermes conchylicoles
1 ferme piscicole
1 ferme d’algoculture
1 écloserie de coquillages
Plusieurs projets en cours d’installation
5 plans d’aménagement aquacole lancés depuis 2013, dont 3 achevés portant sur 5 régions.

Objectifs 

Atteindre une capacité de production aquacole de 200.000 tonnes
Contribuer à l’augmentation des exportations halieutiques de 1,2 à 3,1 milliards de DH
Augmenter le PIB du secteur halieutique (pêche, aquaculture, industrie) de 8,3 à 21,9 milliards de DH
Contribuer à terme à la création de 40.000 emplois.

 

 

 

 

 

 

 

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