Entreprises

L’Afrique, l’avenir des marchés halal

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5109 Le 19/09/2017 | Partager
Ce business en croissance est estimé à 155 millions de dollars
Et place le continent africain au second rang mondial après l’Asie
Attention: il faut protéger le made in Morocco du pillage international
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Tout l’enjeu des Africains est de ne pas rester de simples consommateurs de produits halal importés, mais de pourvoir à leurs besoins et aller à la conquête d’autres marchés

Le business halal, selon certaines spécialistes, est une aubaine pour les pays de l’Afrique qui cherchent à accélérer leur croissance économique. Ce secteur très porteur est estimé à environ 155 milliards de dollars. Et tout l’enjeu pour les Africains est de ne plus «rester de simples consommateurs de produits halal importés mais au contraire de pourvoir à leurs besoins et aller à la conquête d’autres marchés de par le monde».

C’est l’ambition de l’APEHA (Association des professionnels de l’export halal en Afrique) et la principale recommandation du 6e Mahal Expo tenu le week-end dernier à Marrakech. L’édition à laquelle ont participé plusieurs pays africains en plus de la France, la Hollande, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne a mis en exergue le potentiel africain. Mahal Expo BtoB est un salon itinérant tous les deux ans dans une région du Maroc, afin de faire découvrir les potentiels du made in Morocco dans le halal et le bio, et de faire participer tous les opérateurs des régions du Maroc.

Ce salon se veut une rencontre d’affaires destinée à encourager les liens économiques entre le Maroc et les communautés musulmanes à l’international et à échanger les pratiques entre certificateurs, producteurs, acheteurs, et le monde de l’enseignement et de la recherche. L’économie mondiale touche aussi bien les produits alimentaires que d’autres secteurs dont le tourisme, les médias et les loisirs halal. Les pays d’Asie sont les mieux avancés dans ce domaine.

Exploiter les secteurs porteurs du halal est une manière de développer la position marocaine et africaine à l’international. Il y a par exemple un marché gigantesque à prendre en Indonésie, au niveau essentiellement de la viande et autres produits alimentaires. Paradoxalement, l’Indonésie, premier consommateur alimentaire du halal avec 190 milliards de dollars, est le moins organisé en la matière, explique Mohamed El Ouahdoud, organisateur du Mahal Expo.

C’est donc une niche prometteuse pour les opérateurs marocains dans la mesure où le Maroc peut devenir un hub du halal et qu’il dispose aussi d’un cadre législatif approprié pour la normalisation, la certification et l’accréditation des entreprises opérant dans ce domaine.

«Il faudra passer à une seconde étape, celle qui permet de protéger le patrimoine culinaire du Maroc», estime El Ouahdoud. C’est un véritable enjeu de sécurité économique pour le Maroc car son patrimoine culinaire est menacé de pillage international comme le montre l’utilisation du mot Beldi dans des produits sans aucun lien avec le Maroc. En adoptant une certification halal et bio adaptée, cela contribue à défendre le made in Morocco et de bénéficier de sa valeur ajoutée à l’international, recommande l’expert.

 

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