Economie

Climat: La dynamique de Marrakech ne s’arrête pas

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5107 Le 15/09/2017 | Partager
Il faut démultiplier l’impact des mesures prises par les pays et renforcer les synergies
L’UpM mène une étude sur la finance climat
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Jorge Borrego, secrétaire général adjoint pour l’énergie et l’action pour le climat au Secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée «Les pays de la Méditerranée n’attendent pas les COP pour agir, même si ces moments forts servent d’accélérateurs» (Ph. J.B.)

«Nous avons la conviction que seules les actions collectives impliquant tous les acteurs euro-méditerranéens peuvent venir à bout des défis qui se dressent devant nous», souligne Jorge Borrego, secrétaire général adjoint pour l’énergie et l’action pour le climat au Secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée. Présent au Climate Chance organisé à Agadir du 11 au 13 septembre, Jorge Borrego annonce qu’une étude sur la finance climat est en cours de finalisation et sera présentée à la COP23 à Bonn.

- L’Economiste: Le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris peut-il compromettre les objectifs et les engagements pris lors de la COP22 à Marrakech?
-Jorge Borrego:
Dès mai 2014, à Athènes, les 43 ministres de l’UpM en charge du changement ont adopté une déclaration commune faisant de la lutte contre le changement climatique une priorité, et instituant une plateforme de dialogue régional permanent. Il est important de souligner que cet engagement a eu lieu plus d’un an avant la signature de l’accord de Paris et deux ans avant la COP à Marrakech. Cet accord est donc le résultat d’une vision stratégique de long terme partagée par tous les pays membres de l’UpM.
La prise de conscience de l’enjeu du changement climatique nous pousse à agir, ensemble, dans une continuité. Cette vision est également soutenue par une multitude d’acteurs: entreprises privées, à travers notamment la coalition Marrakech Business Action for Climate (MBA 4 Climate) portée par la CGEM, jeunes, etc. Cette dynamique de l’action, initiée à Marrakech, ne va pas s’arrêter. Les pays de la Méditerranée n’attendent pas les COP pour agir, même si ces moments forts servent d’accélérateurs en rapprochant les acteurs pour créer des synergies dans la lutte contre le changement climatique.

- A Nantes, une déclaration commune des institutions et organismes a été signée avec comme objectif de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C d’ici 2100. Quelles actions propose l’UpM pour contribuer à cet objectif?
- L’urgence de la question climatique est centrale. A l’échelle de la Méditerranée, la hausse de température a déjà atteint 1,3 degré l’an dernier. Nous sommes donc très proches de la limite basse de l’Accord de Paris (1,5 degré). Il y a cependant aujourd’hui un engagement clair de l’immense majorité de la communauté internationale non seulement à agir, mais surtout à agir vite. Pour cela, il faut démultiplier l’impact des mesures prises nationalement en renforçant les synergies. La coopération intergouvernementale revêt donc une importance particulière, non seulement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais également pour faire face à l’impact du changement climatique sur l’eau, l’agriculture, le tourisme, l’énergie, les transports, etc. C’est en ayant une approche globale des questions du développement durable que les politiques climatiques seront pleinement efficaces.  

- Comment activer les financements?
- L’Union pour la Méditerranée est en train de mener une étude sur la finance climat. Cette étude, première en son genre pour cette région, a pour objectif de dresser l’état des lieux précis du financement climatique institutionnel. L’étude, financée par la Commission européenne, est en cours de finalisation et sera présentée lors de la COP23 à Bonn.
L’implication du secteur privé est fortement encouragée par l’Union pour la Méditerranée. Dans ce sens, le 18 octobre se tiendra, au Caire, le premier business forum UpM dédié à l’énergie et au climat en Méditerranée. Il réunira les acteurs majeurs de la transition énergétique, tant institutionnels (secteur public, bailleurs de fonds internationaux, agences nationales de régulation, etc.) que privés. Cet événement servira de plateforme pour rapprocher les décideurs du domaine, en vue de renforcer les synergies.

- Des villes ou des collectivités territoriales qui s’engagent sur les objectifs chiffrés. Ce scénario est-il réalisable sans l’intervention des gouvernements, voire des Etats?
- L’action de l’Union pour la Méditerranée dans le domaine de la lutte contre les effets du changement climatique se fonde sur un constat simple: les initiatives au niveau international ne se concrétisent qu’à travers des ramifications régionales et locales.
Un pan important de la stratégie d’action pour le climat de l’UpM se focalise donc sur le rôle que l’Union joue, et peut encore jouer davantage, en tant que relais de l’action internationale pour le climat. Le changement climatique est un domaine d’action transversale, tant au niveau sectoriel qu’au niveau des différentes échelles de l’action publique. Les régions, les villes et toutes autres autorités locales ont bien un rôle, de premier plan, à jouer dans notre lutte commune contre les effets du changement climatique. La coopération et la cohérence entre tous les acteurs sont primordiales.

 

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