Dossier Spécial

Paroles de recruteurs/Automobile: Peu de bagage dans le savoir-être

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager

C’est l’une des principales tares du système d’enseignement marocain. Au terme de leur cursus, les diplômés se retrouvent sans véritables compétences en matière de communication, langues, leadership, savoir être, esprit critique… sans les principales qualités à même de leur permettre de s’intégrer aisément sur le marché de l’emploi. Les ingénieurs n’échappent pas à la règle.

«Un ingénieur est avant tout une personne qui doit travailler en équipe, communiquer, mobiliser, motiver… ce sont des aspects à renforcer dans les écoles d’ingénieurs», pense un industriel. «Les sciences sociales doivent absolument être intégrées à leur cursus», ajoute-t-il.

Mais ce n’est pas tout. Il est également important de les sensibiliser à la gestion de carrière. En effet, à leur sortie d’école, les ingénieurs fraîchement émoulus papillonnent souvent d’une entreprise à l’autre, dans l’espoir d’augmenter rapidement leur salaire. «A l’âge de 35 ou 40 ans, ils se retrouvent avec une base peu solide et un salaire disproportionné par rapport à leur niveau. Ils ont ainsi plus de mal à se faire embaucher», explique ce patron d’un groupe automobile.

La vie professionnelle est aujourd’hui une suite de carrières, mais elle ne devrait pas s’opérer en mode zapping. Dans le secteur, les constructeurs automobiles ne font pas de distinction entre les écoles. Ils s’approvisionnent en profils auprès des grandes écoles, mais aussi auprès des facultés des sciences et techniques (FST), notamment celle de Tanger, et des Ecoles nationales de sciences appliquées (ENSA).

Pour eux, l’offre est suffisamment abondante. La qualité des profils, elle, est «plutôt bonne». A condition que les étudiants soient chapeautés par les entreprises aussi, à travers des stages correctement encadrés. Quand ils sont accompagnés par les industriels, les lauréats sont «rapidement opérationnels».

La voie de l’entrepreneuriat

De plus en plus de jeunes lauréats de grandes écoles d’ingénierie choisissent la voie de l’entrepreneuriat. A Supinfo, ils sont en moyenne près de 20% à lancer leur start-up chaque année. Leurs domaines de prédilection sont, surtout, les systèmes d’informations et les télécoms. «Hormis le fait, que ces deux secteurs sont au cœur du digital qui représente un gisement d’opportunités pour les entreprises, les jeunes diplômés les choisissent parce qu’ils ne nécessitent pas un gros capital de démarrage», explique Najib Hamouti, responsable du centre de développement de carrière de l’Ecole supérieure de l’industrie du textile et de l’habillement (Esith).
Certaines écoles créent des cellules dédiées à l’entrepreneuriat. L’Ehtp, par exemple, dispose d’un certain nombre de clubs et associations (Hassania Junior Entreprise, Enactus…). L’école a même été derrière la création de la Confédération des Juniors Entreprises marocaines (CJEM). Cette dernière, encourage les jeunes dans la création d’entreprises et les accompagne dans leur projet.

 

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