Régions

Tanger/Subsahariens: Les tensions se ravivent

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager
Des heurts éclatent dans la périphérie de la ville
Les autorités procèdent à des délogements
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En 2015, un millier de subsahariens avaient été refoulés après des heurts et des squats d’appartement au quartier Al Irfane (Ph. Adam)

Après une longue accalmie, les tensions entre habitants et migrants subsahariens remontent à la surface à Tanger. La semaine dernière, un groupe de 80 subsahariens a été délogé, sur ordre des autorités. La mesure a été prise suite à leur implication dans des heurts avec la population d’un des quartiers périphériques de la ville. Les habitants se plaignaient de «l’incivilité» des migrants en attente de passer vers l’autre rive du Détroit. Les tensions ont atteint leur sommet avec des rixes et des jets de pierre entre les deux parties, sans graves dégâts, cela dit.

L’incident rappelle ceux qu’avait vécu le quartier Al Irfane en 2014 et 2015. Ce quartier résidentiel s’était rendu célèbre en raison de la forte présence de subsahariens, des frictions avec la population, mais aussi, à cause du squat généralisé des appartements, même ceux meublés. En effet, une bonne partie des subsahariens qui y vivait était installée dans des appartements squattés. Al Irfane abritait un nombre important d’appartements de familles vivant en Europe, utilisés comme résidence secondaire. Pour les squatteurs, c’était la cible idéale. Le nombre de plaintes des propriétaires n’avait cessé d’augmenter.

En juillet 2015, une opération policière de grande envergure a été engagée. Plus d’un millier de squatteurs ont fini par être délogés et renvoyés vers d’autres villes. D’après les habitants, c’en est fini des squats depuis. Ces efforts n’ont, cependant, pas diminué l’affluence des migrants pour qui Tanger est une base avancée pour préparer leur voyage vers l’Europe.

C’est ici qu’ils s’installent en attendant les transferts d’argent de leurs familles, ou bien travaillent le temps de se payer une place dans une embarcation de fortune. Pour eux, le Maroc n’est  qu’une étape de transit. L’objectif étant de traverser vers l’Europe. Les habitants leur reprochent ainsi leur manque d’efforts pour s’intégrer.

Mais tel n’est pas le cas de tous les migrants africains installés à Tanger. Beaucoup d’entre eux, installés dans des quartiers du centre-ville, comme Msallah, se sont bien intégrés et trouvent des occupations plus ou moins stables.
De  notre correspondant, Ali ABJIOU

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