International

Juncker s’attaque au «dumping social»

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager
Le président de la Commission compte réformer la législation des travailleurs détachés
Un ministre européen de l’économie et des finances pour plus de coordination et de contrôle
Renforcer le partenariat avec l’Afrique
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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a livré hier matin devant le parlement européen à Strasbourg, son discours sur l’état de l’Union. Juncker a présenté ses priorités pour les années à venir et a exposé sa vision pour l’évolution de l’Union européenne d’ici 2025.

■ Un ministre européen de l’économie et des finances
Juncker a annoncé son projet de créer une fonction de ministre européen de l’économie et des finances. Ce nouveau responsable devra «poursuivre l’intérêt général de l’économie de l’Union européenne et de la zone euro, renforcer la coordination des politiques et contrôler les règles économiques, budgétaires et financières» précise le président Juncker. Il devra également contrôler l’utilisation des instruments budgétaires de l’Union. Cette nouvelle fonction aura un rôle de stabilisation de la zone euro, et sera un instrument de convergence avec l’extérieur de la zone.
Le ministre européen de l’économie et des finances sera également vice-président de la Commission européenne et rendra compte au parlement européen. Il sera président de l’Eurogroupe et va contrôler les activités du fonds monétaire européen (le fonds n’a pas encore été créé).

■ Soutenir le service d’appui à la réforme structurelle de l’Union européenne
Juncker a exprimé son souhait pour que le nouveau ministre de l’économie et des finances soutienne le service d’appui à la réforme structurelle de l’UE. Ce service a été créé en 2015. Il s’agit du principal outil de la Commission pour  aider les Etats membres dans les principaux domaines nécessitant une réforme (tels que la modernisation de l’administration publique, l’environnement des entreprises et le marché du travail).  
À la demande d’un Etat membre, le service entame des discussions avec l’Etat sur les éléments qui nécessitent un appui en faveur de réformes. Suivant ces concertations, le service conçoit un «plan de coopération et d’appui», qu’il fonde sur la demande qu’il a reçue. Ce plan est conçu en utilisant une expertise qui vient de toute l’Europe (experts de la commission, autres Etats-membres, organisations internationales…). Le service d’appui à la réforme structurelle fournit aussi des fonds et coordonne l’expertise nécessaire. Il couvre des domaines très variés qui concernent notamment: la gouvernance et l’administration publique, l’administration fiscale et la gestion des finances publiques, la croissance et l’environnement des entreprises, le marché du travail, la santé et les services sociaux et le secteur financier.

■ Une autorité européenne du travail
Le président a annoncé qu’il était prévu de créer une Autorité européenne du travail chargée de garantir l’application des règles de l’Union européenne sur la mobilité de la main d’œuvre. La nouvelle autorité va renforcer la coopération administrative et la confiance mutuelle entre les administrations. Elle devra également mettre un guichet unique pour les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics, en mutualisant les outils existants dans le domaine de la mobilité transfrontalière. Elle sera aussi chargée de lutter contre les abus dans l’utilisation de la législation sur le travail transfrontalier.

■ La réforme des règles de détachement des travailleurs
Juncker a proposé une réforme des règles actuelles de détachement des travailleurs. L’objectif étant d’établir un «principe d’égalité de rémunération pour un travail égal au même endroit», ce qui va largement au-delà des exigences de rémunération minimale de la directive existante.
De plus, les règles fixées par des conventions collectives deviennent obligatoires peu importe le secteur économique. Ce n’est actuellement pas le cas pour le secteur de la construction. La Commission propose aussi que toutes les règles de droit de travail applicables aux travailleurs locaux le soient pour les détachés qui ont dépassé une certaine durée. À cela viennent s’ajouter de nouvelles règles pour les travailleurs intérimaires afin d’assurer le respect du principe «à travail égal, salaire égal».

■ Le renforcement du partenariat avec l’Afrique
L’Afrique est le premier partenaire de l’Union européenne. Le 5e sommet Union africaine-Union européenne, prévu en Côte d’Ivoire les 29 et 30 novembre va permettre le renforcement de la coopération entre les deux continents. En 2015, Juncker avait annoncé la création du fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique. L’objectif était de lutter contre les «causes profondes de l’instabilité et des migrations irrégulières en améliorant les perspectives économiques et en œuvrant en faveur de l’emploi, de la sécurité et du développement». Ce fonds est actuellement opérationnel. Doté de 2,7 milliards d’euros, il soutient à ce jour 117 programmes avec un accent particulier sur le développement économique, la création d’emplois, la gouvernance, la sécurité alimentaire et les soins de santé ainsi que la gestion des migrations.

■ La nécessité de renforcer l’union monétaire
«Si nous voulons que l’euro unisse notre continent plutôt que de le diviser, il faut qu’il soit plus que la monnaie de quelques pays. L’euro a vocation à devenir la monnaie unique de toute l’Union européenne», plaide le président. L’euro est devenu la deuxième monnaie la plus utilisée dans le monde.

 

 

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