Economie

Energie solaire: Les Etats-Unis veulent se positionner

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager
Le marché marocain suscite l’appétit des industriels américains
Mission commerciale au Solar Energy International
Reste à capitaliser sur les contacts
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Les entreprises marocaines ou appartenant à des MRE qui ont participé au salon Solar Energy de Las Vegas ont rencontré plusieurs dirigeants de firmes américaines intéressées par le marché marocain (Ph. H.E.)

Une dizaine d’entreprises marocaines, dont certaines implantées aux Etats-Unis, ont pris part au Solar Energy International, le plus grand salon en Amérique du Nord, dédié à l’énergie solaire. L’événement qui est destiné aux professionnels s’est tenu du 10 au 13 septembre à Las Vegas, dans l’Etat du Nevada. La mission a été organisée par le département commercial du Consulat général des Etats-Unis de Casablanca.

C’est la deuxième participation marocaine au salon. L’objectif étant de donner une vitrine internationale aux opérateurs nationaux et favoriser les partenariats avec des entreprises américaines. Ces dernières souhaitent trouver des débouchés extérieurs à leurs produits.

Actuellement, les Etats-Unis comptent pas moins de 1,5 million d’installations solaires. Ce qui représente une capacité cumulée de plus 44 GW, soit le tiers de la consommation américaine en énergie électrique depuis début 2017. Le secteur de l’énergie solaire emploie 260.000 personnes et pèse un chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars. Le salon s’est tenu à Las Vegas, dans l’Etat du Nevada, célèbre pour ses nombreux casinos et ses nuits blanches, mais aussi par son niveau élevé d’ensoleillement. C’est l’hôtel Mandalay Bay qui a abrité l’événement et dont le toit brille par ses panneaux solaires générant 8,3 MW d’énergie électrique. C’est la plus grande installation de ce type dans le pays.

Cette année encore, le Solar Energy, qui en est à sa 21e édition, a été l’occasion d’exposer les dernières innovations en matière d’utilisation de l’énergie solaire et d’interconnexion avec d’autres industries. 150 entreprises ont exposé au salon qui tablait sur la visite de 18.000 professionnels venus des quatre coins du monde.

Le salon offre aux professionnels la possibilité de faire du réseautage et d’échanger des expériences avec des opérateurs du monde entier. «Etant déjà impliqué dans les projets Noor, je suis à la recherche de partenariats dans le domaine du génie civil en rapport avec des projets dans les énergies renouvelables de manière générale, y compris le pompage solaire», explique Younes Laraqui, PDG de Seprob, la société qui finalise actuellement le pont à haubans de Sidi Maârouf de Casablanca pour être livré en mai 2018. L’opérateur BTP qui investit plusieurs secteurs, dont la logistique, l’hôtellerie… compte continuer de prospecter avec deux sociétés américaines Patriot Energy et Mina Connect, créées par des Marocains vivant aux Etats-Unis.

Dirigée par Mohammed Bouzaidi et spécialisée dans l’ingénierie, l’installation et la maintenance de systèmes solaires résidentiels, la société Patriot  Energy vient d’ouvrir un premier bureau de représentation au Maroc et un autre à Lima, au Pérou. «Depuis sa création il y a quatre ans, notre entreprise a déjà installé 500 systèmes solaires dans des résidences à New York, un marché pourtant très concurrentiel. Au Maroc, la production de l’énergie solaire ne pourra se développer à cause des freins réglementaires», fait remarquer le président de Patriot.

Pour lui, l’un des deux principaux obstacles reste l’absence d’un système de «net metering» (comptage net ou facturation nette), permettant de compter l’excédent d’énergie injecté dans le réseau en cas de surproduction par un opérateur particulier. Le second frein au développement des investissements dans les énergies renouvelables concerne l’absence dans la loi du feed-in-tariff. Le dispositif consiste à définir un tarif auquel un producteur particulier peut vendre de l’énergie à l’opérateur historique pendant 25 ans, par exemple. Ce qui donne de la visibilité aux investisseurs privés et permet d’accéder au financement bancaire.

En attendant, le changement des règles du jeu dans le secteur des énergies renouvelables, Patriot Energy est intéressée par le projet de pompage solaire destiné à mettre un terme à l’utilisation du gaz butane pour l’irrigation. Un programme qui suscite déjà les inquiétudes des intervenants potentiels. Comment seront-ils référencés par les départements ministériels concernés?

La prudence comme stratégie gagnante

Les entreprises américaines en général évitent de s’aventurer en terrain inconnu. Dans une première étape, elles préfèrent toujours commencer par des transactions avec des opérateurs locaux qui connaissent mieux les spécificités du marché. Le temps que leurs produits soient connus des consommateurs. Ce n’est qu’à ce moment qu’elles peuvent décider de s’implanter directement soit en créant leur propre filiale, soit en s’associant à des distributeurs, des intégrateurs. D’autres encore peuvent envisager la création de joint-ventures. Pour le moment, il existerait un peu moins de 150 firmes américaines opérant dans divers secteurs au Maroc.

Noor Ouarzazate I

- Superficie: 480 ha
- Puissance installée: 160 MW
- Mise en service : Février 2016
- Prix du kWh : 1,62 DH
- Investissement total: 7 milliards de DH
- Bailleurs de fonds: KWF, AFD, BEI, BAD, UE…
-Technologie utilisée: Centrale solaire thermique à concentration (CSP)
- Objectif en 2020: 2.000 MW

De notre envoyé spécial à Las Vegas, Hassan EL ARIF

 

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