International

L’éducation, un moteur pour les finances publiques

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5105 Le 13/09/2017 | Partager
Selon une étude de l’OCDE, une population bien formée réduit le niveau de dépendance sociale
Le potentiel de recette fiscale augmente dès l’entrée dans la vie active
L’employabilité augmente avec le niveau d’instruction
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Plus on est instruit et plus on a de chance de décrocher un emploi dans les pays de l’OCDE. Cette  conclusion est tirée du rapport «regards sur l’éducation 2017» rendu public hier par l’organisation internationale. Les statistiques des pays de l’OCDE montrent qu’une économie développée valorise toutes ses compétences. C’est le seul moyen de créer un système de développement efficace, générateur d’emplois et de richesse.

Selon les domaines d’études, 81% des diplômés en arts et lettres, en sciences sociales, en journalisme et en information trouvent de l’emploi. Cette proportion est encore plus grande chez les diplômés en technologies de l’information et de la communication (88%).  En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 23% des 25-64 ans sont diplômés de commerce, de l’administration et du droit.

5% sont diplômés en sciences naturelles, statistiques et mathématiques, 4% en technologies de l’information et de la communication, et 17% en ingénierie, industries de transformation et construction. Les pourcentages sont similaires parmi les nouveaux inscrits dans l’enseignement supérieur, signe que l’intérêt pour ces domaines reste stable.

Autre constat, les revenus augmentent avec le niveau de formation. Pour la tranche des 25-64 ans, les diplômés du supérieur gagnent 56% plus que ceux du secondaire. Ces derniers gagnent 22% plus que ceux du niveau inférieur. Un résultat en accord avec les théories économiques classiques selon lesquelles le désavantage salarial des adultes moins instruits s’explique par la loi de l’offre et de la demande. Plus un individu avance dans son cursus éducatif et plus il acquiert des compétences de plus en plus spécialisées et valorisées sur le marché du travail.

Une population mieux formée permet aussi au gouvernement de réduire les dépenses publiques au titre des programmes d’aide sociale. Les Etats augmentent en même temps les recettes fiscales dès l’entrée des individus dans la vie active. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, le rendement public net de l’investissement dans l’enseignement supérieur d’un homme s’élève à 154.000 dollars environ. Les pays où les rendements des investissements publics sont les plus importants sont: l’Irlande, le Luxembourg et le Portugal. Ceux qui affichent les rentabilités les moins importantes sont le Danemark, l’Estonie et la République Slovaque.

Le rapport comporte également une analyse psychologique de la relation entre l’éducation et l’emploi. Il relève un risque de dépression moins important pour les individus plus instruits. Le constat est tiré de l’enquête européenne par entretien sur la santé (EHIS) effectuée en 2014. En moyenne, dans les pays de l’OCDE qui ont participé à l’enquête, 8% des 25-64 ans disent avoir souffert de dépression durant les 12 mois précédant l’enquête.

Le pourcentage moyen des dépressifs est deux fois plus élevé chez les adultes qui ne sont pas diplômés du secondaire (12%) contre 6% chez les diplômés du supérieur. Ce constat doit toutefois être pris avec prudence. La dépression est une maladie complexe que même les spécialistes de la psychologie peinent à maîtriser, et qui varie grandement selon le cas. Lier une telle maladie à un seul facteur semble de ce fait très réducteur.

 

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