Entreprises

Revaloriser boucharouite, le «tapis du pauvre»

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5103 Le 11/09/2017 | Partager
Une startup relève le défi de remettre au goût du jour ce produit artisanal
Customisation, nouvelles matières et un marketing plus efficace
Assurer aux tisseuses des revenus durables aussi
boucharouite-003.gif

Le traditionnel tapis multicolore s’est transformé en sacs à main, coussins, descentes de lit, et même en pochettes et housses pour ordinateurs, avec des couleurs tendance et de nouvelles matières. La startup «Boucharouette Eco Création» prévoit de renforcer son marketing et ses équipes dès ce mois de septembre (Ph. BEC)

Remettre au goût du jour le boucharouite, ce produit de tissage traditionnel qui a perdu de son lustre sur le marché national. Tel est le défi que porte la startup Boucharouette Eco Création. Depuis sa fondation en 2016, par deux jeunes étudiantes de la Faculté des sciences et techniques (FST) de Mohammedia, la jeune startup cherche à revaloriser le boucharouite.

Elle vise également à participer à l’autonomisation des femmes tisseuses. Amal Kenzari, aujourd’hui ingénieur en génie des procédés industriels, et Fadwa Moussaif, étudiante ingénieur en biologie géologie, sont les deux cofondatrices du projet social. «L’idée nous est venue après avoir rencontré des femmes tisseuses à Mohammedia dans le cadre du développement des projets sociaux du programme Enactus. Ces femmes essayaient, tant bien que mal, de joindre les deux bouts en confectionnant des tapis boucharouite peu rentables», raconte Fadwa Moussaif.

Comme son nom l’indique, le boucharouite est confectionné habituellement à partir de petits morceaux de chiffons et de laines, de vieux vêtements et même de bouts de sacs en plastique. En prenant en considération les nouveaux concepts de recyclage et de développement durable, le boucharouite est un produit de récupération de premier ordre. Il permet aussi d’assurer des emplois aux femmes tisseuses, vivant souvent dans des conditions difficiles. Mais le défi était de revaloriser un produit désavantagé par sa réputation de «tapis du pauvre».

A travers un nouveau design, destiné à apporter de l’élégance, de la matière première de bonne qualité, ainsi que l’association d’autres matières, comme le cuir, le boucharouite est passé à un autre niveau. Le traditionnel tapis multicolore s’est transformé en pochettes élégantes, housses pour ordinateurs, coussins, petits tapis et descentes de lit, avec des couleurs tendance et des motifs caractéristiques. L’utilisation du coton et du lycra comme matières de base a apporté un effet doux et un rendu esthétiquement plus attrayant. Ces nouveaux produits se vendent plus vite, et assurent un revenu nettement plus stable pour les femmes tisseuses.

Aujourd’hui, les trois femmes qui collaborent dans ce projet s’assurent un revenu mensuel allant de 1.200 jusqu’à 2.000 DH. Le marketing a joué un rôle clef pour booster la vente du boucharouite, sans compter la vente en ligne, via les sites sociaux Facebook, Instagram et Pinterest, ou sur les concepts stores.

Ce mois de septembre verra le lancement de la nouvelle identité de la startup, qui deviendra désormais «IDYR». Une  nouvelle identité qui sera accompagnée par un site web dédié, le renforcement de l’équipe et une stratégie marketing revisitée, avec le marché international comme nouvel objectif.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc