Culture

David Bloch Gallery Marrakech: Une reprise sous le signe du métissage

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5102 Le 08/09/2017 | Partager
Vincent Abadie Hafez, l’artiste exposé à la rentrée
Du 6 octobre au 5 novembre
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Du 6 octobre au 5 novembre prochain, place au métissage à la David Bloch Gallery de Marrakech, qui accueille un de ses artistes résidents phares, Vincent Abadie Hafez (Ph. David Bloch Gallery)

«Ma production artistique est à la croisée des premières représentations écrites et d’un langage graphique «moderne», toujours basée sur une relation intime avec le support, à la recherche d’un juste équilibre entre le geste instinctif et la composition réfléchie». Oui, tout semble une question d’équilibre chez Vincent Abadie Hafez. Instinct et réflexion mènent, à égalité, le jeu et le geste de cet artiste emblématique de la David Bloch Gallery à Marrakech.

Pour cette rentrée, il revient avec des toiles, papiers et bas-reliefs, prévoyant également une installation monumentale réalisée sur site. Du 6 octobre au 5 novembre, place au métissage, et à ces cultures dont il ne cesse de s’inspirer. Formé au mouvement graffiti de la fin des années 80, il impose Zepha, son pseudonyme, sur les murs de la banlieue parisienne, développant déjà son combat. Celui, graphique et utopique, engagé contre un système guidé par un libéralisme sauvage: la publicité.

Se croisent alors l’influence du travail artisanal des anciennes civilisations, la calligraphie et l’immédiateté de son mouvement. Sa rencontre avec le calligraphe marocain Abdelatif Mustad et la découverte de l’artiste soudanais Ahmed Abdel Aal vont fortement influencer son empreinte. La lettre devient sa base de recherche.

Latine ou arabe, déformée, détournée, reliée, mélangée, accumulée, elle aboutit à une forme d’écriture onirique et labyrinthique, entre contrastes, oppositions et complémentarités. De quoi enrichir une production d’œuvres réalisées sur de multiples supports, destinée à se questionner sur un monde qui semble oublier les principes même de son existence. L’artiste, qui avoue avoir été très tôt influencé par les représentations rupestres préhistoriques, signe aujourd’hui des toiles savamment maîtrisées. Le regardant est plongé dans un univers aussi complexe qu’aérien. Un mariage unique entre graffiti, volume, calligraphie et gravure.

Vincent Abadie Hafez réfléchit sur «la matrice», cet élément fondamental pour le travail de gravure, sur la trace, l’empreinte qu’elle soit morale ou physique. En ligne de mire: l’action de l’humain et ses répercussions. «Une idée d’altération, de début et de fin, qui s’appuie sur le concept ancien de cyclologie, de mouvement du temps et de cette phrase célèbre, faussement attribuée à Lavoisier mais initialement énoncée par Anaxagore de Clazomènes: «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme», qui laisse entrevoir la fragilité de la matière par rapport au temps» écrit l’artiste. Une exposition placée sous le signe du voyage vers des origines toujours aussi influentes.

 

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