Economie

Moniteurs d’auto-écoles: L’examen de la dernière chance

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5102 Le 08/09/2017 | Partager
Plusieurs milliers de candidats convoqués à un test d’aptitude professionnelle
Les recalés ne pourront plus exercer

L’examen d’aptitude que le ministre du Transport organise les 9 et 10 septembre constitue la dernière chance pour la mise à niveau des auto-écoles. Plus de 3.700 personnes devraient participer au test qui sera sanctionné par la remise d’une carte professionnelle indispensable pour exercer en tant que moniteur d’auto-école comme le prévoit l’article 313 du code de la route. Le document a la même valeur juridique que la carte délivrée aux chauffeurs professionnels de camions, taxis et autocars.

En cas de contrôle, le conducteur qui n’en dispose pas se voit confisquer son véhicule. Même sanction pour les moniteurs d’auto-écoles, qui devront détenir une carte professionnelle valable cinq ans, renouvelable moyennant une formation de trois jours. C’est la raison pour laquelle le test d’aptitude de ce week-end revêt une importance primordiale pour la régularisation des formateurs en place.

Il est également important pour la mise à niveau de la formation à la conduite et, par ricochet, la stratégie de lutte contre les accidents de la circulation. «Les candidats recalés pourront passer l’examen de rattrapage prévu les 16 et 17 septembre. En cas de nouvel échec, ils seront définitivement interdits d’exercer.

Les auto-écoles qui les emploient devront recruter un autre moniteur, titulaire de l’autorisation d’enseignement de la conduite», explique Mustapha El Hajji, président de la Fédération des auto-écoles. L’incapacité à réussir le test théorique est une preuve que la personne ne dispose pas des compétences nécessaires pour enseigner. La perspective de cette grande opération de «triage» et le risque d’être évincé suscitent déjà l’émoi chez les moniteurs en poste actuellement.

L’écrasante majorité n’a pas suivi de formation pour enseigner la conduite. Il s’agit pour la plupart du temps de moniteurs formés sur le tas du fait que l’accès à la profession n’était pas réglementé. Les candidats à l’examen d’aptitude devront obtenir une note de 35/40 à l’épreuve théorique relative à la conduite de la voiture. Une moyenne de 40/46 est exigée pour la moto. La même note est obligatoire pour la réussite à l’examen théorique de la conduite des poids lourds: camions, remorques... Les rares moniteurs qui avaient passé l’examen en 2012 sont exonérés de l’examen de passage à moins qu’ils ne souhaitent étendre leur champ de compétences à d’autres catégories de véhicules.

Aucune date n’a été fixée pour l’examen pratique. Les centres d’examen auront la latitude de fixer eux-mêmes la date en fonction de leur situation. La nouveauté consistera en l’organisation de l’examen de la conduite sur la voie publique et non plus en circuit fermé comme pour le permis de conduire. Chaque candidat devra disposer de son propre véhicule. Comprendre par là que celui-ci ne sera pas fourni par l’administration.

Ce qui mettra les candidats dans l’embarras parce qu’il sera difficile de trouver des véhicules en nombre suffisant le jour de l’examen. Selon nos informations, l’administration a demandé aux auto-écoles de mettre sa flotte à la disposition des candidats. A défaut, de nombreux candidats risquent d’être écartés.
Selon les données de la Fédération, il existerait quelque 5.000 auto-écoles, inégalement réparties. Certaines sont en sous-effectifs ou utilisent de vieux véhicules et en nombre insuffisant. Rares sont les auto-écoles qui offrent des formations à la conduite de poids lourds.

Un registre national

Les moniteurs d’auto-écoles qui décrocheront leur carte professionnelle seront inscrits sur le registre national. Ceux qui échoueront ne seront plus autorisés à exercer. Ils devront soit changer de métier, soit s’inscrire dans l’un des quatre instituts de transport relevant de l’OFPPT et délivrant un diplôme technique de moniteur d’auto-école. L’obtention de ce diplôme équivaudra à un examen de passage. Il suffira ensuite de déposer un dossier auprès de la Direction régionale du transport pour obtenir une carte professionnelle. La même procédure s’applique aux nouveaux entrants intéressés par ce métier.

 

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