Politique

Maroc-Espagne: L’anti-terrorisme s’intensifie

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5096 Le 30/08/2017 | Partager
Le ministre de l’Intérieur espagnol à Rabat pour l’enquête sur les attentats de Barcelone
En matière de combat contre le terrorisme, l’aide du Maroc est très sollicitée
12 opérations conjointes ont permis l’arrestation de 175 personnes
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Abdelouafi Laftit et son homologue espagnol Juan Ignacio Zoido lors d’un déplacement éclair à Rabat pour notamment renforcer la coopération sécuritaire entre les deux pays (Ph. Bziouat)

Sur bien des dossiers, le destin entre Rabat et Madrid est lié. La lutte contre le terrorisme arrive en tête des priorités des deux pays. Le déplacement éclair du ministre espagnol de l’Intérieur Juan Ignacio Zoido, à Rabat hier mardi, intervient dans le cadre d’une réunion de travail sur les défis sécuritaires qu’affrontent les deux pays, précise le ministre marocain Abdelouafi Laftit. C’est donc une visite qui s’inscrit dans le cadre des consultations régulières entre les deux pays, mais qui vient renforcer la coopération en matière sécuritaire.

La visite vise surtout à faire le point sur les investigations relatives aux attentats de Barcelone. A l’issue de cette rencontre, couronnée par une déclaration de chaque ministre, Juan Ignacio Zoido n’a pas dissimulé son souhait pour que la collaboration en matière de lutte contre le terrorisme s’intensifie. La coopération en matière de sécurité est exemplaire et a permis de bâtir un partenariat basé sur la responsabilité partagée et la confiance mutuelle. Même si cette exemplarité est régionale, avec le G4 dont la dernière réunion des ministres de l’Intérieur d’Espagne, de France, du Portugal et du Maroc, a eu lieu en juillet dernier à Séville. L’objectif est de développer la coordination entre les différents services de sécurité.

Pour le ministre marocain de l’Intérieur, cette coopération est régie par des conventions bilatérales, ayant mis en place des mécanismes d’action commune et de coordination continue. Abdelouafi Laftit a saisi cette occasion pour saluer le rôle efficace des centres de coopération sécuritaire maroco-espagnols au niveau de Tanger-Med et Algésiras. Même mention pour le travail des officiers de liaison, des patrouilles maritimes conjointes, de l’équipe d’analyses et d’informations en matière de lutte contre le trafic de drogue à travers des avions légers.

Laftit a tenu aussi à rappeler que cette visite, qui intervient après les attentats de Barcelone, est une occasion pour renouveler la solidarité marocaine inconditionnelle et une forte désapprobation des actes criminels comme soulignées dans le télégramme adressé par le Souverain au Roi d’Espagne.

En matière de lutte contre le terrorisme international, la religion de Juan Ignacio Zoido est faite. Le ministre espagnol est convaincu que ce combat sera difficile, de longue haleine et fera encore d’autres victimes. Pour lui, l’aide de tout le monde, particulièrement le Maroc, est la clé. Rabat, sensible à la main tendue de son voisin du Sud dans cette guerre sans merci contre ce fléau, s’est toujours montré dans les premières lignes.

D’ailleurs, le ministre espagnol le dit en toute franchise: Cette coopération a permis l’arrestation de 175 personnes ayant des profils radicalisés depuis la mise en place de l’alerte de niveau 4 en juin 2015. Pour Juan Ignacio Zoido, «les personnes impliquées dans les attentats sont d’origine marocaine mais éduquées en Espagne». Sur les investigations en cours, peu d’informations ont filtré. Abdelouafi Laftit aura noté qu’elles font l’objet d’une totale collaboration entre les services sécuritaires marocains et leurs homologues espagnols. La contribution de Rabat à l’enquête sur les derniers attentats en Catalogne a été confirmée par son homologue espagnol.

Les deux ministres ont qualifié cette coopération d’exemplaire, fructueuse et permanente. Une «collaboration loyale et continue» a permis de mener 12 opérations conjointes entre 2014 et 2017. La dernière remonte à mai, rappelle Ignacio Zoido. Ce travail en commun a abouti au démantèlement de plusieurs cellules terroristes.

Quid des imams en Espagne?

Sur les enfants d’immigrés marocains des 2 et 3e générations ayant vu le jour dans les pays européens, la vision de Abdelouafi Laftit est on ne peut plus claire. Selon lui, ils ont besoin d’une attention particulière, leur permettant d’échapper de tomber entre les griffes du terrorisme, particulièrement à l’intérieur des mosquées non contrôlées et des imams extrémistes. Sur ce sujet, le ministre des Habous et des affaires islamiques Ahmed Taoufik avait fait une sortie il y a quelques jours pour rappeler que, contrairement à la France, les imams en Espagne ne sont pas sous la tutelle de son département. Donc, le gouvernement n’exerce aucun contrôle sur ces prédicateurs. La preuve: celui qui a piloté les derniers attentats en Espagne était un imam, ancien trafiquant de drogue.

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