International

Europe : Immigration irrégulière: Toujours pas de véritable stratégie

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5096 Le 30/08/2017 | Partager
Macron veut identifier les réfugiés «dès le territoire africain»
Les africains insistent sur l’importance du développement
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L’Union européenne veut «endiguer les flux d’immigration irrégulière bien avant qu’ils n’atteignent les côtes méditerranéennes»

Le mini-sommet sur l’immigration illégale tenu lundi 28 août à Paris a abouti à des propositions très générales. L’orientation adoptée s’inscrit dans le prolongement des dispositifs déjà en vigueur. Dans sa déclaration, l’Elysée a affirmé vouloir «endiguer les flux d’immigration irrégulière bien avant qu’ils n’atteignent les côtes méditerranéennes».

L’Union européenne s’est engagée à «appuyer la présence accrue de structures gouvernementales au nord du Niger et du Tchad» pour permettre une meilleure efficacité dans le sauvetage des individus dans le désert. Pour le renforcement du contrôle des frontières des pays d’origine, l’Union compte sur l’exécution du projet GAR-SI (Groupes d’action rapides – Surveillance et Intervention au Sahel) et sur le soutien d’EUCAP Sahel Niger.

Le président français Emmanuel Macron a insisté sur l’importance de la lutte contre le trafic de drogue et d’être humains. Dans cette optique, les autorités conjointes s’engagent à soutenir le Niger et le Tchad dans ce domaine en renforçant les capacités de l’Equipe conjointe d’investigation (ECI) basée actuellement à Niamey, avec la coopération du Niger et du Tchad.

L’objectif étant d’améliorer la surveillance des réseaux financiers utilisés par les passeurs et les démanteler, en lançant des programmes de formation dans le domaine de la procédure pénale, et en poursuivant le soutien actuel aux ministères de la justice nigérien et tchadien. L’Union européenne compte aussi sur l’appui de la force conjointe du G-5 Sahel. Les forces déjà déployées dans la zone devraient également contribuer dans les domaines de la surveillance, du renseignement et de la protection.

Parmi les idées formulées, l’identification des réfugiés «dès le territoire africain» attire particulièrement l’attention. La proposition a été avancée par Macron. Elle porte sur le lancement de la procédure d’asile en Afrique «dans des zones identifiées, pleinement sûres, au Niger et au Tchad, sous supervision du HCR» (haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés).

Le volet développement n’a cependant pas été assez évoqué. Selon Filippo Grandi, le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés: «les mesures qui ont simplement pour objectif de limiter le nombre d’arrivées ne résolvent pas le problème de la migration forcée». Et d’ajouter que «toute approche sensée doit inclure un ensemble de mesures fortes pour assurer une paix durable dans les pays affectés par les conflits ainsi que le développement économique et social dans les places d’origine».

Les invités africains dressent le même constat. Ils rappellent que la question de l’immigration ne peut être résolue «que par le développement». Ils se plaignent aussi du manque de concret dans les propositions européennes. «On est habitué à des annonces de nos partenaires depuis des années. Nous voulons des choses concrètes», a insisté le président tchadien Idriss Deby. La déclaration du président nigérien Mahamadou Issoufou abonde dans le même sens. «Il ne faut pas faire que de la répression, il faut une dimension développement» plaide le dirigeant.

Le cas de la Libye

Pour la limitation des flux de migrants illégaux en provenance de Libye, les dirigeants se sont mis d’accord sur plusieurs mesures. L’une d’entre elles étant l’amélioration de la coopération économique avec les communautés locales qui se trouvent sur les routes migratoires en Libye.  L’objectif est de créer des sources de revenu alternatives, d’accroître leur résilience et de les rendre indépendantes de la traite des être humains. Le renforcement des capacités de contrôle des frontières au sud de la Libye a également été souligné. Et pour lutter contre le bafouage des droits de l’homme subi par les migrants dans le pays, le gouvernement d’entente nationale a été encouragé à intensifier sa coopération avec le haut commissariat aux réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Libye, afin d’améliorer, «en respectant des normes strictes, la situation des migrants dans le pays». La mission de l’Union européenne pour l’assistance aux frontières en Libye (EUBAM) a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2018, afin d’assister les autorités libyennes dans le domaine de la police, gestion des frontières et justice criminelle.

 

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