International

La France se concerte pour la réforme du travail

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5092 Le 24/08/2017 | Partager
Baisse des cotisations salariales pour certaines prestations
Enjeu: l’amélioration du pouvoir d’achat
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Le ministère français du Travail a entamé, à partir du mardi 22 août, les concertations avec les syndicats à propos des éléments de la réforme du travail. L’Organisation patronale Medef a été la première à découvrir le dispositif. Les rencontres avec les autres partenaires sociaux s’étaleront jusqu’au vendredi. La version finale, quant à elle, sera publiée en fin de mois.

Hier, le gouvernement a confirmé qu’il engagera en 2018 le transfert des cotisations salariales vers la CSG (contribution sociale généralisée). L’objectif est de «redonner 7 milliards d’euros de pouvoir d’achat aux actifs». La suppression des cotisations salariales pour maladie et pour chômage de 3,15 points va augmenter la CSG de 1,7 point. L’effet obtenu est l’amélioration du pouvoir d’achat de «1,45% pour tous les salariés, soit 260 euros par an pour un salarié au Smic».

La hausse de la CSG doit être effective au 1er janvier 2018, en revanche la baisse des cotisations sociales sera réalisée en deux temps. Les salariés et les indépendants verront leur pouvoir d’achat augmenter dès le premier janvier. Le choix de ne pas opérer une réduction en une fois est motivé par des considérations budgétaires. Le gouvernement compte en effet utiliser le reliquat des cotisations sociales qui restent à diminuer pour réduire son déficit budgétaire.

«Politiquement, l’opération pourrait en revanche se révéler moins heureuse», analyse le quotidien «Les Echos» dans son édition du mercredi 23 août.  Une personne touchant le Smic n’est censée gagner que 260 euros par an grâce à cette réforme, une hausse loin d’être spectaculaire. De plus, le nouveau dispositif est contesté par les retraités dont la majorité (60%) verra son pouvoir d’achat baisser.

Le gouvernement assure cependant que les retraités les plus modestes ne seront pas affectés par la baisse de revenus. Seuls le seront ceux qui perçoivent plus de 1.200 euros par mois. Le ministre français de l’Economie, Bruno le Maire, précise également qu’une «grande partie de ceux qui assumeront cette hausse bénéficieront d’une baisse de leur taxe d’habitation».

Il leur demande de faire un effort pour soutenir les jeunes actifs. «Je leur dis qu’ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail. Ce n’est pas un effort pour alimenter les caisses de l’Etat». De son côté, le Front national a dénoncé l’atteinte aux revenus des personnes âgées. «Les retraités n’ont-ils pas déjà assez payé? N’ont-ils pas déjà assez vu leur niveau de vie stagner et leur retraite se maintenir à des niveaux souvent ridiculement bas?» dénonce-t-il.

 

 

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