Economie

Aïd Al Adha: L’offre abondante, les prix en hausse

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5091 Le 23/08/2017 | Partager
Le disponible évalué à 17 millions de têtes d’ovins
La demande porte sur moins de 5 millions d’animaux
Mais les prix varient entre 45 et 50 DH/kg

L’offre est abondante et le cheptel est en bonne santé. Mieux, le mouton destiné au sacrifice de Aïd Al Adha est gras cette année. Il a bénéficié de pâturages bien fournis et de produits d’alimentation bon marché. Son, orge, féveroles et autres composants d’aliment de bétail ayant été disponibles et jugés abordables par les éleveurs. Sauf qu’il ne faut pas s’attendre à une baisse remarquable des prix du mouton par rapport à l’année dernière.

Celle-ci était assez et le gouvernement avait décrété un plan de sauvetage ciblant tout particulièrement l’élevage. Cette année, la pluviométrie a été abondante et bien répartie dans le temps et l’espace. Et la période du grand agnelage (novembre-décembre) en a tiré profit. Aujourd’hui et à moins d’une décade de la fête, l’offre se développe sur les lieux de commercialisation du cheptel mais les prix restent sensiblement identiques à ceux pratiqués l’année dernière. Surtout dans les grands centres de consommation comme Casablanca, Rabat, Fès, Meknès et Tanger.

Pour le président de l’Association nationale des éleveurs d’ovins et caprins, les prix devraient se situer entre 45 et 50 DH/kg. Mais cette fourchette est déjà dépassée dans les hangars avoisinant les anciens abattoirs de Casablanca: Le mouton de race Sardi est négocié entre 55 et 60 kg. Rendu carcasse, il faut compter entre 110 et 120 DH/kg. Ailleurs dans les zones de l’Oriental, des Rhamna, du Souss et même des Doukkala, les prix baissent sensiblement. Et pour cause, l’action des intermédiaires est moindre et la proximité entre éleveur et consommateur est beaucoup plus dense. Or, dans la capitale économique, plusieurs places dédiées autrefois au commerce des moutons ont été fermées.

Ce qui se traduit actuellement par une réduction drastique de l’offre. Non loin de Casablanca et juste à Berrechid, Settat et à El Jadida, les prix sont en dessous de 45 DH/kg pour la race Sardi. Et ils devraient baisser sensiblement avec l’approche de la fête. Selon l’âge et la qualité des animaux, la moyenne des prix se situe entre 35 et 39 DH/kg.  La région de Casablanca-Settat a enregistré, en effet, une bonne campagne agricole y compris l’élevage. L’offre y est estimée à 520.000 têtes dont 17% d’agnelles.

Au niveau national, les chiffres officiels évaluent le disponible à 17 millions de têtes. Il s’agit bien évidemment de l’effectif brut englobant les brebis et les caprins. Mais habituellement l’abattage de la fête du sacrifice porte sur moins de 5 millions de tête. Un chiffre qui reste d’ailleurs orienté à la baisse depuis plusieurs années. De nombreux ménages, parmi les nantis et les moyens s’abstiennent et préfèrent organiser le rite dans des hôtels classés.

Par contre, les familles modestes continuent d’observer le sacrifice au prix même de l’endettement. Ce qui va être le cas cette année. La fête intervenant  après les vacances et juste avant la rentrée scolaire. Il n’empêche que le sacrifice est considéré comme une prime annuelle pour l’éleveur. Annuellement, elle porte sur un chiffre d’affaires évalué à plus de 7 milliards de DH. Sans oublier les autres activités économiques et commerciales qu’elle génère. 

Où acheter moins cher?

La meilleure offre qualité/prix est fournie par les zones des Doukkala et Chaouia. Selon la Direction régionale de l’agriculture de Casablanca-Settat, l’effectif préparé pour Aïd Al Adha dépasse les 516.000 têtes d’ovins  dont 17% de femelles. Cela représente une légère hausse par rapport à l’année précédente qui comptait 510.000 têtes.
La DRA, qui explique cette hausse par les bonnes conditions climatiques de la campagne agricole et le développement des parcours, indique que les prix pratiqués actuellement  varient entre 39 et 45 DH/kg  selon la race, le sexe et l’âge. Toutefois, ces prix sont promis à la baisse ou du moins vont se stabiliser, compte tenu de l’abondance de l’offre. En effet, le taux d’agnelage (naissance des agneaux) s’est établi à 90%. S’ajoute également le report de stock des animaux qui n’ont pas été vendus l’année dernière et gardés aux bergeries.
La région de Casablanca-Settat se distingue par l’élevage de la race Sardi qui est   élevée sur les plateaux de l’ouest marocain, à savoir les zones de Béni Meskine, berceau initial, du Tadla, des Sraghna ou encore de Béni Mellal.

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L’élevage des ovins se compose de plusieurs races. Parfaitement adaptées à leur milieu, les espèces de petits ruminants ont en commun la rusticité et la vocation d’embouche. Elles diffèrent cependant au niveau de la taille et du poids. Cinq races font l’objet de plans de sélection:
le Sardi, le Boujaâd, le Béni Guil, le Timahdit et le d’Man

 

 

 

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