Entreprises

Contrôle technique: Dekra rehausse les standards

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5091 Le 23/08/2017 | Partager
Un réseau dense de 120 sites et un CA de 160 millions de DH
Un nouvel arrêté ministériel fera office de cahier des charges en 2018
Le nombre de points de contrôle se fera selon le type de véhicule
controle-technique-091.gif

Dekra est présent dans plus de 50 pays sur les 5 continents. Au Maroc, le réseau est relayé à travers 120 centres dont 32 en propre. Un maillage qui va de Tanger à Dakhla (Ph. L’Economiste)

La structuration du secteur du contrôle technique de véhicules est une priorité chez Dekra.  Le management du leader mondial de la visite technique est convaincu que l’efficacité du contrôle de véhicules devra non seulement mettre à niveau le parc roulant, mais surtout réduire considérablement le taux de sinistralité et optimiser la sécurité routière.  Pour y arriver, Dekra Automotive Maroc parie sur l’accroissement du taux de visites défavorables pour passer de 5%  (actuellement) à 10% à terme.

Pour rappel, ce même taux de visite complémentaire est de 15% en France. Plus encore, les visites techniques en Europe enregistrent chaque année le rejet de 15 à 20% de véhicules pour un parc très jeune et en meilleur état comparé à celui du Maroc. «C’est avéré, cette mesure inciterait les automobilistes à réparer davantage leurs véhicules pour une meilleure sécurité», tient à préciser Khalid Benmansour, responsable de développement de Dekra Maroc. L’idée est d’instaurer progressivement  plus d’exigences, pour changer les mentalités et cultiver l’esprit proactif avec des opérations systématiques de contrôle et d’entretien  des véhicules. 

La filiale marocaine de Dekra compte rehausser les standards en matière de contrôle technique. Pour son développement, Xavier Landouer, coordinateur du groupe au Maroc, prévoit d’accroître le business de façon organique à hauteur de 190 millions de DH d’ici 3 ans, grâce notamment aux nouvelles activités de contrôle technique, l’expertise, l’audit-conseil-formation ou encore l’activité Claims Services.

En 2016, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de l’ordre de 160 millions de DH. Dekra Maroc emploie 230 personnes et plus de 800 intérimaires auprès d’un réseau de 120 centres de contrôle dont 32 en propre. Le spécialiste revendique plus de 800.000 visites techniques par an avec 33% de part de marché. Le secteur de la visite technique est réparti essentiellement entre quatre réseaux (SGS, Salama, Revitex et Dekra).  Le constat aujourd’hui est qu’il y a une évolution très rapide de déploiement de centres. Partis de 180 centres en 2008, les quatre réseaux comptent actuellement 320 sites pour une perspective de 400 à l’horizon 2018. Il s’agit de nouveaux centres qui vont ouvrir et qui sont adjudicataires des appels d’offres de 2014, 2015 et 2016.

Aujourd’hui, la corporation constate la multiplication tous azimuts d’appels d’offres. Du coup, le taux d’ouverture de centres dépasse la croissance réelle du secteur. Ce qui réduit considérablement la rentabilité, le retour sur investissement. A l’avenir, le taux de remplissage des centres devra considérablement baisser. Ce qui pourrait avoir un impact sur la qualité de la prestation, voire entraîner le risque de visites de complaisance, s’inquiètent des opérateurs.

Selon les statistiques, le parc roulant est estimé à plus de 2,5 millions de véhicules tous types confondus. Les voitures sont généralement vétustes avec une moyenne d’âge qui dépasse les 10 ans, essentiellement des motorisations diesel. Quant au parc de l’Etat, il est estimé à environ 60.000 véhicules.  A peine 4% de cette flotte passe par le contrôle technique. Le reste n’y a jamais été soumis. La SNTL œuvre actuellement avec les opérateurs pour la régularisation de l’ensemble du parc de l’Etat (véhicules de ministères, offices, police, FAR, collectivités locales...).

Pour soutenir cette politique d’ouverture tout en optimisant la qualité des prestations, les principaux opérateurs renforcent les audits des centres, les contrôles inopinés, les clients mystère, ou encore les certifications, accréditations... Dekra est très avancée sur ce chantier de la qualité.

Mais pour l’heure, la concertation fait défaut avec la tutelle. Plus encore, faute de représentativité, une deuxième fédération a vu le jour récemment. Logiquement, les 4 opérateurs réseaux devraient former un noyau dur, qui sert de force de proposition et de consultation avec la tutelle. D’autant qu’ils représentent tous les centres au Maroc. En effet, quel que soit le centre, il est forcément relié à l’un des 4 opérateurs réseaux. Dans le même esprit, les quatre groupes travaillent sur un projet de partage de bases de données en temps réel, pour verrouiller le contrôle. Le chantier est en phase finale et les données seront logées au ministère de tutelle.

Autre chantier enclenché, la mise à niveau des équipements et des ressources humaines. Théoriquement, l’opération de contrôle passe par 77 points pendant une durée moyenne d’une vingtaine de minutes. Une partie du contrôle est visuelle, l’autre passe par des équipements étalonnés et contrôlés (émissions de CO2, freinage, suspension, pneumatique...).

Contrat-programme

Des appels d’offres sont annoncés pour 2018, voire au-delà en 2019, pour renforcer le maillage. Sur le plan réglementaire, le cahier des charges en vigueur est celui de 2006. Toutefois, un arrêté ministériel fera office de nouveau cahier des charges. «Il est prêt, finalisé, mais pas encore publié. La tutelle compte le publier en concomitance avec le contrat-programme début 2018», confie un opérateur. En principe, le nouvel arrêté ministériel devra remplacer l’actuel cahier des charges qui régit la profession. La nouvelle réglementation va introduire un nouveau lexique. Elle devra aussi relever le nombre de points de contrôle qui variera en fonction du type de véhicule (77 actuellement), instaurer le contrôle technique des motos identifiées, décentraliser la réalisation de la HTI (homologation à titre isolé) qui remplace la RTI (réception à titre isolé). Les centres de visite technique qui répondront aux exigences du cahier des charges seront éligibles à réaliser la HTI. Le cahier des charges est en cours de finalisation.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc