International

Tunisie: Un grand débat sur l’égalité dans l’héritage

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5087 Le 16/08/2017 | Partager
Une commission sera chargée d’étudier la question
La circulaire interdisant aux femmes d’épouser un non-musulman sera révisée
president-tunisien-beji-caid-essebsi-087.gif

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi: «J’ai confiance dans l’intelligence des Tunisiens et dans les hommes de loi. Nous allons trouver la formulation qui ne choquera pas les sentiments d’un certain nombre de citoyens et de citoyennes et qui fera en sorte qu’il n’y ait pas d’injustice à l’égard des femmes» (Ph. AFP)

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi «révolutionne». Il vient de lancer le débat sur le sujet délicat de l’égalité entre femmes et hommes en matière d’héritage. Il a jugé que son pays se dirigeait vers l’égalité dans tous les domaines. La question reste très sensible en Tunisie. Si Diwan Iftaa approuve la position du chef de l’Etat, Al Azhar juge  que c’est un «outrage à l’Islam».

Au Maroc, des experts expliquent que les principes peuvent être révisés, en se basant plus sur des références théologiques que sur des versets coraniques (voir notre édition N°4663 du 08/12/2015, Héritage: Comment rendre l’égalité possible). Béji Caïd Essebsi (BCE selon les sites tunisiens) s’exprimait à l’occasion de la Fête de la femme en Tunisie, qui célèbre tous les 13 août la promulgation en 1956 du Code du statut personnel (CSP).

Un texte qui a accordé plusieurs droits aux femmes et aboli la polygamie et la répudiation. Tunis est depuis considérée comme pionnière dans le monde arabe en matière de droits des femmes. Même si ces dernières continuent d’hériter généralement uniquement de la moitié de ce qui revient aux hommes, comme le prévoit le Coran.

«Nous avons une Constitution (stipulant) que l’Etat est civil, mais tout le monde sait que notre peuple est musulman (...) et nous ne voulons pas aller dans des réformes qui choqueraient le peuple tunisien», a dit Essebsi dans un discours devant le gouvernement et un parterre d’invités. «Mais il faut que nous disions que nous allons vers l’égalité dans tous les domaines.

Et toute la question réside dans l’héritage», a-t-il ajouté. Le président, dont les propos sont cités par l’AFP, a annoncé avoir formé une commission chargée d’étudier la question des libertés individuelles et de l’égalité dans tous les domaines. Laquelle doit lui remettre un rapport à une date qui n’a pas été spécifiée.

Caïd Essebsi a aussi annoncé avoir demandé au gouvernement de retirer une circulaire datant de 1973 et empêchant le mariage des Tunisiennes musulmanes avec des non-musulmans. Des organisations de la société civile ont ces derniers mois lancé une campagne sur cette question. Une plainte a été déposée auprès du tribunal administratif pour annuler la circulaire.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc