Régions

Fès: Les maux de la ZI d’Aïn Chkef s’amplifient

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5087 Le 16/08/2017 | Partager
Défaillance en matière d’électricité, sécurité, déchets…
Les investisseurs écoeurés et dépassés se demandent «ce qu’ils font encore là-bas»
La ville nécessite un plan Marshall d’urgence
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Les industriels de la ZI d’Aïn Chkef sont lassés de soulever les mêmes problèmes depuis 13 ans. En tête, figurent le défaut d’éclairage public, les coupures d’électricité, les débordements de déchets, outre l’insécurité  (Ph. Y.S.A.)

«Nous valsons avec les coupures d’électricité. Nos machines sont endommagées et nos livraisons retardées». Le cri d’alarme de Mehdi El Khlifi est sans appel. Ce jeune textilien espérait que les maux de la zone industrielle (ZI) d’Aïn Chkef soient totalement éradiqués après la visite remarquée de Moulay Hafid Elalamy, en 2015. Mais, rien n’y fait.

Ce 9 août 2017, les industriels rencontrés par L’Economiste décrivent leur quotidien «avec beaucoup d’amertume». «Au manque d’éclairage public, s’ajoutent les coupures d’électricité, l’invasion des chiens errants, les débordements de déchets, l’état lamentable de la voirie, outre le manque de moyens de transport. Aussi, notre personnel est à la merci des voyous», déplore Mehdi El Khlifi. Et de poursuivre: «nous n’avons ni société de gardiennage, ni de service de propreté».

Même son de cloche auprès de son voisin, Mohamed Benkirane, spécialiste de la sérigraphie sur tissu, pour qui «les interruptions répétées et non communiquées par l’ONEE engendrent des pertes de matériels, d’équipements et de matières premières». «Plusieurs machines, frigos, et cartes numériques ont été endommagés. Les industriels encore en service souffrent le martyre», dénonce-t-il. Et de rappeler «les opérateurs avaient payé quelque 350.000DH chacun pour le financement d’un poste électrique de moyenne tension…mais le problème persiste».

En effet, la ZI d’Aïn Chkef, qui est relativement jeune en comparaison avec celle de Doukkarat créée en 1950, est connue pour ses problèmes depuis sa livraison en 2004. A l’époque, le projet avait été présenté comme étant un parc de dernière génération, doté d’un centre multiservices de gestion. Lequel n’a fonctionné que quelques semaines avant qu’il ne soit fermé. Aménagée par Al Omrane, au début des années 2000, sur 18 ha au sud-ouest de la ville, la ZI est restée enclavée pendant plus de 13 ans.

Face à cette situation, la centaine d’industriels s’est trouvée dans l’obligation d’investir dans l’acquisition de véhicules de transport. Mais bon nombre d’entre eux n’avaient pas reçu l’autorisation de transporter leurs ouvriers. Après moult interventions, ce problème a été finalement résolu. Pour le reste, les industriels sont dépassés. «Nous nous demandons pourquoi nous avons investi à Fès», s’interroge El Khlifi.

En tout cas, Fès nécessite un véritable plan Marshall. Les opérateurs de la ville sont désespérés. Commentant à juste titre l’article de L’Economiste «Fès: Quel avenir pour une ville en faillite?» (Edition N°:5082), Omar Tajmouati, président délégué de la CGEM Fès-Taza, a noté que «ce sujet aurait pu être publié en septembre de cette année ou de l’année prochaine, je suis sûr qu’il sera encore valable». Voilà qui résume tout.
De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI  

 

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