Analyse

Tourisme de croisière: Inquiétante chute des arrivées

Par Amin RBOUB | Edition N°:5086 Le 15/08/2017 | Partager
Baisse de plus de 80% de l’activité!
Casablanca a le plus mauvais rating de la Méditerranée
Les compagnies et les paquebots décommandent la destination

Grosses contre-performances dans le tourisme de croisières.  L’activité enregistre, au niveau de tous les ports confondus, les pires indicateurs en termes d’arrivées. Les professionnels parlent de chute drastique de plus de 80%. «Depuis 2015, le business a commencé à baisser considérablement. Mais la tendance baissière s’est accentuée en 2017.  De surcroît, 2018 s’annonce encore pire», explique Jalil Madih, DG de Alizés Travel, une agence qui détient 75 à 80% du marché des croisières au Maroc.

A lui seul, Costa Groupe (un groupe italien passé dans le giron de l’américain Carnival Corporation), qui faisait 180 escales annuelles au Maroc, n’ y fait plus qu’une quarantaine par an. En 2018, ce groupe n’a programmé que 4 escales au Maroc. Plus encore, «le groupe international Aïda qui faisait une quarantaine d’escales il y a 5-6 ans... En 2017, ce même groupe n’a fait que 5 ou 6 escales.

Anarchie totale aux ports

Pour 2018, ce spécialiste des croisières ne prévoit aucune escale au Maroc», alerte Jalil Madih. A l’origine de ces déperditions chez les croisiéristes, «une anarchie totale dans les ports surtout à Casablanca, les taxis qui se battent comme des chiffonniers, l’état des infrastructures portuaires, des quais dans un état de délabrement avancé, les détritus, l’insécurité, les grues qui  fonctionnent une fois sur deux, les amarrages, l’accostage, le manque d’informations, le non-respect des circuits par les guides qui se contentent de privilégier les bazars...», énumère le patron de Alizés Travel.

Le pire, selon lui, est dans les changements fréquents et sans aucun préavis des règles de la police. Un excès de zèle qui consiste à obliger 400 touristes à tamponner leur passeport dans la gare maritime. Ce qui se traduit par une lourde bureaucratie, 2 à 3 heures d’attentes dans la chaleur, de multiples désagréments dès le premier contact avec le pays... De plus la gare maritime n’a de gare que le nom.

«En fait, il s’agit d’un dépôt, un hangar avec deux agents qui tamponnent tous les passeports», témoigne ce spécialiste de la croisière. «Or, dans le port de Tanger, le touriste de croisière quitte le port sans tamponner le passeport», relève Madih. Ce sont là autant de raisons qui font fuir les paquebots de croisières et les touristes avec.

Pour rappel, depuis 2003, les ports du Maroc sont en alerte de niveau 2. Or, lorsqu’un port est en alerte de niveau 3, les paquebots n’y rentrent pas. En revanche, pour l’alerte 2 (cas du Maroc), les paquebots accèdent aux ports sous conditions (contrôle rigoureux, check-list avant, pendant et après l’arrivée du navire avec FBI, CIA, sécuritaires...) pour s’assurer que toutes les conditions et standards sont respectés.

Sauf qu’une fois arrivés aux ports, les autorités de contrôle empêchent les agents étrangers en charge du checking de faire leur travail. Du coup, les contrôleurs internationaux font leur rapport  et accordent les plus mauvais rating aux ports marocains. Mais «plus le rating est bas, plus on décommande la destination», explique Madih qui déplore que Casablanca a le rating le plus bas de la Méditerranée.

 

 

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