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Economie

Emploi: Dans 1 cas sur 4, le diplôme conduit au chômage

Par Franck FAGNON | Edition N°:5083 Le 09/08/2017 | Partager
A 22%, le chômage chez les diplômés dépasse deux fois le score national
La formation en cause, mais aussi la faible capacité des entreprises à s’adapter aux changements économiques
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Le niveau d’instruction de la main-d’œuvre est important pour évaluer le potentiel productif de l’économie. Celle-ci ne crée pas suffisamment d’opportunités d’emploi pour les diplômés. Pour relever la croissance de façon durable, il faudra accélérer la transformation de l’économie

C’est paradoxal, mais être bien formé ne garantit pas l’accès à un emploi. Les chances pour une personne non qualifiée de décrocher un job sont nettement plus élevées! Le taux de chômage parmi les diplômés du supérieur s’élève à 22%, soit plus de deux fois le score national. Il est seulement de 3,7% chez les personnes qui n’ont aucune qualification. Mais le Maroc n’est pas un cas isolé. Dans beaucoup de pays, les personnes qui ont un niveau d’instruction élevé sont aussi celles qui sont les plus touchées par le chômage. Depuis 2000, l’indicateur a baissé de 6,9 points, mais reste élevé.

Les raisons d’une telle situation sont nombreuses. La qualité de la formation est en premier pointée du doigt. S’il y a un sujet qui ne fait pas beaucoup polémique entre le gouvernement et les organismes internationaux, le HCP ou encore la Banque centrale, c’est le diagnostic sur le système éducatif. La faible capacité du système d’éducation et de formation à satisfaire les besoins de l’économie constitue un frein au développement.

Cette situation accentue les inégalités. Par ailleurs, les gens ne sont pas suffisamment préparés à affronter le marché du travail et sont souvent désarçonnés devant les recruteurs. Nombre de chercheurs d’emploi ont du mal à se «vendre». Mais tout n’est pas mauvais. Le système éducatif abrite des îlots d’excellence. Le taux d’emploi des diplômés d’instituts supérieurs et des grandes écoles est de l’ordre de 80%, relève la Banque mondiale.

Cela dit, la taux de chômage élevé des diplômés tient aussi à la faible diversification de l’économie et au manque d’agilité des entreprises face aux changements économiques. Ce qui fait que les nouveaux profils ont du mal à trouver leur place sur le marché.
L’agriculture génère encore 38% de l’emploi. En seize ans, son poids a baissé de seulement 8 points. La transformation de l’économie est relativement lente pour favoriser une accélération des créations d’emplois dans les autres branches. L’emploi dans le secteur des services représente 41% du total, soit un gain de 6 points depuis 2000. La part de l’industrie est passée de 19% à 21%.

Après une année 2016 difficile qui s’est achevée par la destruction de 36.000 emplois, une première en quinze ans, l’économie recommence à créer des jobs. Cependant, dans les services comme dans l’industrie, les créations demeurent très faibles. Après sa dernière mission au Maroc, pour la revue de la Ligne de précaution et de liquidité, le FMI a encore exhorté le gouvernement à accélérer la réforme du marché de travail. Le changement de la législation du travail ne suffira pas à relancer les embauches. A court terme, des améliorations au niveau du climat des affaires, notamment sur les délais de paiement, devraient redonner un peu de confiance aux entreprises et peut-être dynamiser l’investissement et par ricochet l’emploi.

 

 

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