Politique

Les «Tamasih» de Benkirane courent toujours...

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5082 Le 08/08/2017 | Partager
Arrivée remarquée et attaques contre le PAM qu'il accuse de tous les maux
Il demande une enquête pour «déterminer les origines du blocage gouvernemental»
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Abdelilah Benkirane cherche la confrontation. Le patron du PJD a prononcé, dimanche dernier, un discours pour le moins populiste. Il a voulu, encore une fois, faire endosser au PAM tous les maux du pays... Incorrigible (Ph. YSA)

Sortie virulente, mais qui n'a rien d'inhabituel, pour Abdelilah Benkirane, dimanche dernier, à Fès. Invité à l’ouverture du 13e meeting annuel de la jeunesse du parti de la lampe, l’ancien chef du gouvernement a tiré à boulets rouges dans tous les sens. Mais sans vraiment surprendre, avec un discours élimé, et une rancoeur acide. Provocateur sous son apparente bonhomie, le SG du PJD arrive au stade Hassan II escorté par un véhicule de police.

Dans ses premiers propos, on sent que le tonitruant personnage n’a apparemment pas encore digéré son limogeage de l’Exécutif. «C’est humain, je mentirais si je disais que cela m’est égal», exprime-t-il devant son successeur. Il ne résiste pas à la tentation de commenter le dernier discours royal qu'il estime, à l'instar de tous, «sévère». «Nous sommes tous avec le Souverain pour écouter ses remarques et directives… Il y a celles qui nous concernent en partie et d'autres qui ne nous concernent nullement. Il faut les prendre positivement», précise le patron du PJD. Et c'est là qu'il choisit le moment de rappeler la force de son parti qui a encore une fois remporté les suffrages.

Une confiance renouvelée des Marocains, en dépit des "magouilles, fantômes, les crocodiles, et pire encore…», lance-t-il avec véhémence. L'allusion est plus que manifeste, lorsqu'il accuse le PAM d’avoir «pourri la politique», avec force invectives et sous-entendus. Un leitmotiv dans son discours, des accusations qu'il sait graves et pour lesquelles il a été vertement tancé, et menacé de poursuites.  Mais il en faut beaucoup plus pour le faire taire. Emporté, l'ancien responsable insiste lourdement sur les origines du blocage gouvernemental, demandant à «ce qu'une enquête de la même envergure que celle du projet Manarat Al Moutawassit d’Al Hoceïma soit menée afin d'en déterminer les responsables».

Surtout que les dégâts causés au pays par ce retard ont eu un lourd impact. Chaque rebondissement de phrase étant étudié, Benkirane enchaîne sur les récents évènements du Rif. Et demande à son tour au Souverain, à l'instar de plusieurs personnalités politiques ou autres, que les "frères" d’Al Hoceïma soient libérés. Toujours aussi théâtral, il se drape pour sa sortie de phrases de grande vertu du genre à haranguer les foules. «Que de gens ont été emprisonnés pour leurs idées et leurs valeurs, mais une chose est sûre: seules la démocratie et l’indépendance des partis garantiraient un bel avenir à notre Royaume»...

 

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