Economie

Triporteurs: Le transport de personnes interdit

Par Nadia DREF | Edition N°:5081 Le 07/08/2017 | Partager
Application de la loi depuis le 31 juillet
Les utilisateurs sont tenus de régulariser leur situation et de se limiter à un usage commercial
800.000 tricycles immatriculés à ce jour
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Fini le transport de personnes. Désormais tout propriétaire de triporteur qui ne se conforme pas à la loi sera sévèrement sanctionné. Le conducteur en infraction encourt de lourdes sanctions (Ph. Jarfi)

Les propriétaires des triporteurs ont intérêt à respecter la loi. Le délai de grâce a expiré le 31 juillet dernier. C’est ce que vient de confirmer  Najib Boulif, secrétaire d’Etat chargé du Transport, à L’Economiste: «Aucun délai supplémentaire n’a été accordé. Tous les utilisateurs des tricycles doivent respecter la loi. Ils ne doivent strictement pas transporter des personnes et sont contraints de se limiter à un usage commercial.

Nous serons intransigeants sur ce point». Le message est clair. Désormais, sera considéré hors la loi tout propriétaire d’un triporteur ne disposant pas du certificat d’immatriculation, du permis de conduire pour les tricycles de cylindrée supérieure à 50 cm3 ainsi que d’une vignette et d’une police d’assurance. Pour les triporteurs de cylindrée inférieure ou égale à 50 cm3, leurs conducteurs ont  l’obligation de détenir le titre de propriété et un numéro d’ordre délivré par les centres de visite technique. A défaut, les utilisateurs verront leurs engins conduits à la fourrière. Ils devront, alors, s’acquitter d’une amende, telle que prévue par le code de la route et régulariser leur situation pour récupérer le triporteur.

Selon les chiffres officiels fournis par le Secrétariat d’Etat chargé du Transport, 800.000 unités ont été immatriculées à ce jour et ce, depuis le lancement de cette opération de régularisation le 20 mai 2015. «Nous veillerons au strict respect de la loi en collaboration avec les instances chargées du contrôle routier et des autorités concernées», insiste le ministre Najib Boulif.

Le Département du Transport a instauré ce cadre réglementaire pour avoir une traçabilité, d'une part, et pour pallier les dysfonctionnements régissant le secteur de la moto, d'autre part. Evoluant dans l’anarchie totale, ce secteur est inondé de produits provenant de différentes origines, principalement de la Chine. «Ce secteur est caractérisé par une multitude de gammes, de catégorie, de puissance et de cylindrée non maîtrisées favorisées par l’ouverture anarchique du marché», précise le Département de tutelle.

Il va sans dire qu'il y a une importation massive de ce type de véhicules et de composants à l’état neuf ou usagé n’obéissant à aucune règle de conformité. En parallèle, une pléthore d’unités d’importation, de montage à partir de pièces neuves ou usagées et de commercialisation se développent encore échappant à tout contrôle.

«Cette situation s’est aggravée par la généralisation des fausses déclarations lors des importations et au moment de la commercialisation pour échapper au paiement des droits réels de dédouanement, d’assurance et de réassurance, à l’immatriculation et à l’obligation de disposer du permis de conduire pour les catégories soumises», apprend-on auprès du Département du Transport.

 Des engins à haut risque

Victimes de leur succès, les triporteurs sont utilisés de manière anarchique, à l’intérieur des villes (petites et grandes) et dans les campagnes. Ces engins perturbent la circulation et favorisent toutes les conditions d’insécurité routière. Leurs conducteurs sont peu soucieux du respect du code de la route. Le dernier drame de Tanger impliquant un triporteur, transportant des personnes, qui a dérapé et foncé droit dans un mur causant la mort d’un enfant et plusieurs blessés n’en est qu’un exemple parmi des milliers. D’ailleurs, les deux roues, les triporteurs et les piétons génèrent le plus grand nombre de morts au niveau des accidents de la route. De plus, l’absence de traçabilité et d’outils d’identification exposent la population et ses biens aux risques de vandalisme, de vol, d’agression, entre autres.

 

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