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Classes prépa Le Lycée My Youssef de Rabat maintient sa suprématie

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5081 Le 07/08/2017 | Partager
Sur les 20 admis à l’écrit du concours Polytechnique, 9 du lycée de la capitale
Il pourrait faire mieux avec un cadre de travail plus convenable
Cela permettra à l'établissement de faire face à la concurrence
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Contrairement aux années précédentes, le Lycée Moulay Youssef de Rabat n’arrive pas à occuper les premières places de la liste des grands admis de la filière MP. Ainsi, la première et la troisième position reviennent au lycée Ibn Timiya de Marrakech. Sur le top 20 de cette liste, trois places sont décrochées par le lycée de la ville ocre et autant pour le centre de Rabat

En dépit des reproches faits à notre système d’enseignement, les élèves des classes prépa marocaines continuent à briller dans les concours d’accès aux grandes écoles françaises. Si on se limite à l’Ecole Normale Supérieure, 24 candidats marocains ont pu réussir cette année les épreuves de l’écrit et de même pour la prestigieuse école Polytechnique avec une vingtaine d’admissibles.

Les élèves des classes prépa du lycée Moulay Youssef de Rabat se positionnent toujours en tête. Par exemple, pour le concours de Polytechnique, 9 de ses élèves figurent parmi les admis aux épreuves de l’écrit. Toutefois, cet établissement pourrait mieux faire eu égard à la qualité de ses élèves et au dévouement d’une partie de ses professeurs notamment ceux qui assurent l’encadrement des élèves de la classe MP* (regroupant l’élite).

Plusieurs problèmes sont soulevés par un groupe d’étudiants de la 2e année des classes prépa. «Après une année, on attend toujours la désignation du nouveau directeur des études», regrettent ces étudiants. Ces derniers évoquent également la perturbation des cours suite aux grèves déclenchées de temps à autre en guise de protestation contre la mauvaise qualité de la restauration de l’internat. Il y a aussi le manque des équipements et des moyens à commencer par une bibliothèque dotée des manuels et des livres nécessaires. Concernant le volet encadrement, on soulève une baisse au niveau des séances de concertation organisées comme par le passé au profit de l’ensemble des étudiants.

Parmi les grands problèmes posés, la suppression des colles, une sorte d’évaluation orale qui fait distinguer les étudiants des classes prépa de ceux des universités, ajoutent les étudiants. Ces derniers constatent que l’encadrement de certains professeurs est impacté par le travail qu’ils effectuent dans les centres privés. Conscients de ces problèmes, les professeurs comptent revoir le système d’organisation en procédant à la révision du règlement intérieur avec l' objectif d’améliorer les conditions de travail et d’encadrement des élèves, est-il indiqué. Ce travail est nécessaire pour permettre à cet établissement de maintenir son image de marque en tant que lycée d’excellence.

D’ailleurs, les résultats de cette année du concours national commun (CNC) pour l’accès aux grandes écoles d’ingénieurs marocaines ont montré l’émergence de redoutables concurrents du lycée de la capitale. Ainsi, contrairement aux années précédentes, cet établissement n’arrive pas à occuper les premières places de la liste des grands admis de la filière MP. Ainsi, la première et la troisième position reviennent au lycée Ibn Timiya de Marrakech. Sur le top 20 de cette liste, trois places sont décrochées par le lycée de la ville ocre et autant pour le centre de Rabat. La majorité des nos meilleurs élèves de la classe MP* se sont contentés de passer uniquement les concours des grandes écoles françaises, argumente un professeur du lycée rbati.

Signalons par ailleurs que cette année a été marquée par la participation de la première promotion du nouveau lycée d’excellence de Benguérir qui est le fruit d’un partenariat public-privé entre le Ministère de l’Education nationale et le Groupe OCP. Pour les grands admis du CNC 2017, le 4e rang revient à un élève de cet établissement. Plusieurs de ses collègues se positionnent dans cette liste des grands admis. Le même constat est valable pour les résultats de l’écrit des concours des grandes écoles françaises pour l’année 2017. Sur les 20 admissibles marocains à la prestigieuse école Polytechnique figurent trois élèves du Lycée de Benguérir. Comment expliquer l’émergence de ce jeune établissement?

«Si tous les ingrédients sont réunis: les meilleurs élèves, encadrés par les meilleurs professeurs, dans un environnement scolaire et de vie très agréable cela ne pourrait se couronner que par d’excellents résultats», explique un responsable du Ministère de l’Education nationale.

Mais avec les moyens mobilisés et la qualité des élèves, ce lycée devrait en principe réaliser des résultats meilleurs avec au moins une dizaine en Polytechnique par exemple, nuance un ancien professeur dans les classes prépa.

Coût

En plus de l’intelligence et l’endurance, poursuivre les études dans les classes prépa nécessite également des moyens financiers. Les élèves qui n’arrivent pas à être sélectionnés par les lycées publics (27 centres) sont obligés de chercher une place dans le secteur privé (47 établissements) dont les frais de scolarité dépassent 3.000 DH par mois. A cela s’ajoutent les heures de soutien pratiquées par la majorité des élèves que ce soit du public ou du privé avec un tarif moyen de 200 DH l’heure qui peut atteindre 500 DH pour les mathématiques, indique le père d’un élève des classes prépa.

 

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