Société

VIH/Sida: Quels progrès vers l’objectif «zéro sida»?

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5076 Le 31/07/2017 | Partager
Analyse des données mondiales, régionales et nationales
Et des disparités d’un pays à l’autre
Zoom sur la situation au Maroc
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Le dernier rapport de synthèse des objectifs 90–90–90 de l’ONUSIDA, concernant le dépistage et le traitement VIH, montre des progrès qui varient d’une région à l’autre. A la traîne, les populations du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, qui font face aux déficits de soins

Autour de 30.000 Marocains vivraient avec le VIH. En 2015, un millier en a perdu la vie. Si l’année 2010 a recensé 1.800 nouveaux cas, en 2015 le chiffre tombe à 1.200, soit une baisse de près de 30% de nouvelles personnes infectées. Sauf que le pays, comme de nombreux autres, n’arrive pas à sortir des estimations. Nombre de morts estimé, nombre estimé de nouvelles infections… Les chiffres, comme le sujet, peinent à trouver une légitimité.

Des efforts ont été consentis dans le cadre du plan stratégique national de lutte contre le sida, boostant la prévention, le dépistage, le traitement antirétroviral et l’appui social. Pourtant, encore plus de la moitié des malades ne savent pas qu’ils le sont.
Une ignorance aux lourdes conséquences.

Au moment de la mise en oeuvre de la déclaration politique sur le VIH/sida, le rapport national 2014 du ministère de la Santé établissait à 67,4% des nouveaux cas d’infection liés aux réseaux commerciaux entre les professionnels du sexe et les clients, englobant également les personnes homosexuelles et les usagers de drogues injectables. Une prédominance de la maladie chez les personnes à risque.

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A gauche, la courbe montre une franche diminution du nombre des décès liés au sida dans le monde. Si le nombre des nouvelles infections, à droite, est lui aussi en baisse, le rythme ne permettra pourtant pas d’atteindre la cible fixée pour l’année 2020

Dans la région Mena maintenant, le rapport de l’ONUSIDA montre qu’en 2015, entre 160.000 et 330.000 adultes et enfants vivaient avec le VIH, concentrés sur 6 pays: Iran, Somalie, Soudan, Egypte, Djibouti et Maroc. Le nombre de personnes infectées annuellement étant en hausse de 4% depuis 2010 dans la région. Enfin, la température mondiale avec le bilan des objectifs 90–90–90, lancés en 2014, devenus un pilier central du programme de l’ONU dans sa quête pour mettre fin à l’épidémie.

A aujourd’hui, les progrès sont notables. Les personnes vivant avec le VIH seraient 70% à connaître leur statut (1re cible), 77% d’entre elles sont sous traitement (2e cible) et 82% des personnes sous traitement ont une charge virale supprimée (3e cible). Il s’agit donc pour ces 3 catégories d’arriver à une moyenne mondiale de 90% à l’horizon 2020.

L’accélération du dépistage et du traitement du VIH, dans le cadre d’une approche globale qui inclut les préservatifs, la circoncision masculine médicale volontaire, la prophylaxie pré-exposition et les efforts visant à protéger les droits de l’Homme et à créer un environnement propice à la prestation des services, a contribué à une baisse mondiale de 48% des décès liés au sida et à une baisse mondiale de 16% des nouvelles infections entre 2010 et 2016. Une moyenne mondiale, qui englobe les avancées de certains et la stagnation des autres pays.

Populations vulnérables au Maroc

D’après les estimations du ministère de la Santé, les jeunes sont particulièrement touchés. En effet, un peu plus de la moitié des porteurs du VIH ont entre 15 et 34 ans. Parmi les professionnels du sexe, l’estimation montre que 2,5% de cette population sont infectés. Ils sont entre 50 et 75% à utiliser un préservatif, et moins de la moitié à se faire dépister.
Pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, ils sont environ 5% à être touchés par le VIH. Plus de la moitié d’entre eux utilise un préservatif et effectue un test de dépistage. Concernant les usagers de drogues injectables, ils seraient autour de 8% à être touchés par le virus, pourtant moins de 50% disent utiliser un préservatif. Parmi la population carcérale, on estime entre 0,3 et 0,8% le taux de prisonniers infectés au Maroc. Enfin, les taux des femmes vivant avec le VIH étaient de 8% en 1986 pour atteindre 51% en 2015. Dans 75% des cas, elles ont été infectées par leur conjoint.

 

 

 

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