Economie

Du primaire à l’université, les détails du plan Hassad

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5074 Le 27/07/2017 | Partager
Introduction du parcours international dans 250 collèges dès cette année
Accueil des premiers élèves du préscolaire public à partir de septembre
Généralisation de la bourse à 100% des doctorants
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Après le Conseil de gouvernement, Mohamed Hassad vient de présenter, hier mercredi, son plan d’action pour l’enseignement au Conseil supérieur de l’éducation. Il est intervenu à l’occasion de la 12e session du Conseil, qui se poursuit aujourd’hui à Rabat. Le plan d’action a été élaboré à partir d’un diagnostic couvrant tous les niveaux, du primaire jusqu’à l’université. Parmi les constats, pour le moins inquiétants, l’on peut citer le fort taux de redoublement enregistré au niveau de la première année du primaire (14,8%, et 12,6% pour tout le cycle). Afin de remédier à cette situation, le ministère mise sur le préscolaire. Une série de mesures sont prévues en vue de sa généralisation à l’horizon 2027. A partir de la rentrée 2017-2018, les établissements publics accueilleront progressivement les élèves de 4 à 5 ans, dans le but d’atteindre une couverture de 67% d’ici 2021-2022.
Le développement de la maîtrise de l’arabe et du français au primaire figure aussi parmi les points majeurs du plan d’action de Hassad. La même ambition est affichée pour l’amélioration des compétences linguistiques des élèves dans le collège et le lycée. Dès cette rentrée 2017-2018, l’on prévoit l’intégration du parcours international bilingue au collège.  250 établissements sont ciblés. Ce sera une première, après l’expérience réussie du parcours international du bac marocain. L’année suivante, le ministère passera à la généralisation de l’enseignement de l’anglais au niveau de la troisième année du collège, avant de l’intégrer à la première année à partir de 2019-2020. 
Concernant le lycée, la tutelle compte diversifier et élargir l’offre du baccalauréat professionnel. L’objectif est de couvrir 10% de l’ensemble des élèves d’ici 4 ans. De même, l’on envisage d’étendre l’offre du bac international à l’ensemble des lycées d’ici trois ans, et ce, en fonction des besoins. Au niveau du supérieur, les marges de manœuvre semblent réduites, eu égard aux problèmes structurels de ce secteur. En effet, le nombre d’étudiants ne cesse de grimper, alors que ni le budget, ni l’effectif des enseignants ne suivent cette évolution. Le nombre des étudiants inscrits au titre de l’année universitaire 2016-2017 s’est élevé à 838.446, dont 87,5% dans des filières à accès libre: Droit, économie, lettres… tandis que les universités ne comptent que 13.820 enseignants. Avec les départs à la retraite, ce nombre est appelé à diminuer. Le taux d’encadrement est ainsi d’un enseignant pour 80 étudiants dans les filières à accès libre. Les facultés des sciences juridiques, économiques et sociales sont les moins bien loties, avec un enseignant pour 162 étudiants. Ce ratio passe à un pour 18 dans les filières à accès limité. Afin d’atténuer ce déficit, le ministère a l’intention de recourir aux enseignants des lycées titulaires d’un doctorat. 
En dépit de ces contraintes, beaucoup d’efforts sont déployés dans le but d’améliorer les conditions des étudiants. Le nombre de ceux ayant bénéficié d’une bourse s’est élevé à 340.000 en 2016-2017, soit une hausse de 5% sur un an. Par ailleurs, 6 citées universitaires  bénéficieront de 4.960 lits supplémentaires en 2017-2018. La bourse  sera, en outre, généralisée à 100% des doctorants et à 90% des étudiants de master. 
 

Plus de 13.500 établissements à réhabiliter

Embellir l’environnement des écoles et le rendre agréable aux yeux des élèves et enseignants, Mohamed Hassad y tient. Pour cette rentrée scolaire, une vaste opération de réhabilitation a été lancée. Elle couvre 13.543 établissements. Le taux de réalisation dépasse déjà 70% pour les écoles primaires et les lycées, contre 62% pour les collèges. Dans cette opération, il est prévu de renouveler le mobilier scolaire, avec l’acquisition de 350.000 tables, 146.500 tableaux et 146.500 bureaux pour les enseignants. 
Dans le monde rural, l’approche du ministère favorise le développement des écoles communautaires assurant une offre intégrée (internat compris). Un modèle particulièrement intéressant pour les filles rurales, dont les familles rechignent à les laisser parcourir chaque jour de longues distances pour se rendre à l’école.  Pour les prochaines années, le plan d’action vise la création d’au moins 100 établissements communautaires à chaque rentrée scolaire, afin d’atteindre à terme 1000 écoles.

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