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Culture

Coup de projecteur sur les «Trésors de l’Islam en Afrique» à Paris

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5071 Le 24/07/2017 | Partager
Plus que quelques jours pour découvrir l’exposition à l’Institut du monde arabe
13 siècles d’histoire racontée à travers près de 300 œuvres patrimoniales et contemporaines
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Carte IXe-XVe siècle: une nouvelle Afrique
Illustration pour «Le temps des royaumes»,
François-Xavier Fauvelle et Bertrand Hirsch dans L’Histoire, septembre 2011, n° 367

Le continent est encore une fois à l’honneur au sein d’une pléiade d’expositions depuis ce début d’année à Paris, notamment au Quai Branly avec «L’Afrique des routes» (jusqu’au 12 novembre), ou encore «Art/Afrique, le nouvel atelier» à la Fondation Louis Vuitton (jusqu’au 4 septembre). C’est un regard différent qu’a souhaité apporter depuis avril dernier l’Institut du monde arabe (IMA) à travers son exposition-évènement inédite «Trésors de l’Islam en Afrique- De Tombouctou à Zanzibar». Celle-ci, mettant en lumière un pan moins connu de l’histoire de l’Islam est à découvrir à l’IMA jusqu’au 30 juillet. 

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«Inch’Allah», tirage photographique de l’artiste malien Aboubacar Traoré qui travaille dans cette série sur la vulnérabilité des jeunes face à l’enrôlement (Ph. Aboubacar Traoré)

Cette manifestation d’envergure invite pour la première fois le public à s’interroger sur les processus de transmission de l’islam par les peuples africains.  Du Maroc au Sénégal en passant par l’Ethiopie, le Kenya, le Mali pour ne citer que ces pays, «l’exposition retrace treize siècles d’histoire à travers l’art, l’architecture ou les rituels dont témoignent plus de 300 œuvres patrimoniales et contemporaines, issues de collections rarement présentées», note l’organisation. Divisé en 3 sections, le parcours de l’exposition met en exergue: «Les chemins de l’Islam», «Les gestes du sacré» et «Les arts de l’Islam au sud du Sahara»
«Trésors de l’Islam en Afrique» prend racine dès le VIIIe siècle lorsque les musulmans commerçants s’installent en Afrique subsaharienne. De cet espace d’échanges et de circulations se dessinent trois aires géographiques distinctes: la Corne de l’Afrique et la vallée du Nil d’abord, l’aire swahilie ensuite et, enfin, l’Afrique de l’Ouest. Contredisant l’idée d’un continent où prévaudrait l’oralité, l’exposition s’arrête notamment sur le cas de Tombouctou, fameux centre de diffusion et de conservation du savoir récemment menacé.

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 Dalail Alkhayrat d’Al Jazuli. Manuscrit du Maroc datant du XIXe siècle (Vincennes, Collection C. Hamès) (Source: Cateloy/IMA)

Dès le Xe et XIe siècle, l’Islam sera transmis par les souverains qui adopteront cette religion. L’écrit fera son apparition à partir du XVIe siècle, période durant laquelle les premiers manuscrits commencent à circuler dans les carrefours intellectuels où l’on enseigne plusieurs disciplines dont l’Islam.
De rares manuscrits issus de la bibliothèque Mamma Haidara de Tombouctou jamais exposés auparavant en France à des objets royaux du XIXe siècle tirés de collections privées, la sélection d’une grande richesse laisse entrevoir les diverses facettes des trésors de l’Islam en Afrique. L’art contemporain africain n’est pas en reste avec des œuvres d’artistes comme l’Algérien Rachid Koraichi, le Malien Abdoulaye Konaté sans oublier les Marocains Hassan Hajjaj et Mohamed El Baz ou encore l’Ethiopienne Aïda Muluneh. Des artistes ayant tous pour point commun le souhait de transmettre leur spiritualité à travers l’art. 
Une section est par ailleurs consacrée à la «Tijania», confrérie soufie née au Maghreb en 1782 et largement diffusée en Afrique subsaharienne, dont le mausolée du fondateur Cheikh Sidi Ahmed Tijani se trouve à Fès, capitale spirituelle du Maroc. L’émergence d’autres spécificités régionales comme la confrérie des Mourides au Sénégal est également évoquée à l’instar notamment du jihad historique qui prospère à partir du XVIIIe et XIXe siècle. 
L’exposition bénéficie de plusieurs partenaires marocains notamment l’Agence de l’Oriental, la BMCE, l’OCP, la Royal Air Maroc et l’Office national du tourisme. Afin d’approfondir le sujet, un catalogue de l’exposition est disponible sur le site de l’IMA.
 

 

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