Economie

61e Congrès de la statistique: Le big data, l’enjeu du futur!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5068 Le 19/07/2017 | Partager
Adapter les écosystèmes nationaux aux mutations technologiques en matière de production
Mise à jour impérative, réforme du cadre légal des systèmes pour améliorer la qualité,
Rapidité et flexibilité de l’exploitation des données, les experts insistent

Passer de la petite statistique au big data. C’est le défi de la communauté statistique pour les objectifs du développement durable. Particulièrement pour parvenir à la production d’indicateurs fiables.  Et c’est une révolution d’autant plus nécessaire qu’elle permettra  une lecture plus globale, nécessaire pour évaluer les plans de développement et améliorer la mise en œuvre des objectifs de développement. Et lorsque l’on sait ce que le big data ouvre comme opportunités économiques et sociales, en plus de révolutionner l’offre de services informatiques, on comprend bien pourquoi ce sujet est inscrit au cœur des débats du 61e Congrès de la statistique qui poursuit ses travaux à Marrakech jusqu’au 21 juillet. Ce rendez-vous co-organisé par le Haut commissariat au plan (HCP) et l’Institut international de la statistique prévoit parallèlement à ses ateliers -purement scientifiques- des rencontres pour débattre du futur, mais aussi du développement rapide de la statistique. Si les ODD tendent à esquisser un véritable modèle de développement porté par l’ensemble des déterminants de la productivité globale des facteurs, les systèmes nationaux d’information statistique devraient entreprendre davantage d’efforts dans la recherche des données et l’élaboration des indicateurs. Or, en général, les données de base requises à cet effet, comme le rappelle si bien le haut commissaire marocain au plan, Ahmed Lahlimi, sont disséminées dans plusieurs départements administratifs, institutions publiques ou privées. De plus, elles sont souvent incomplètes ou difficilement utilisables parce que non conformes aux normes compatibles avec les modes d’exploitation statistique et comptable. Certains pays africains comme l’Ethiopie, le Nigeria, le Sénégal et la Tanzanie ont déjà engagé des réformes du cadre légal des systèmes statistiques pour améliorer la qualité, la rapidité et la flexibilité sur l’exploitation des données. Ceci contribue fortement à la réalisation des ODD. C’est ce qu’on peut lire dans l’Africa Data Revolution Report 2016. 
A noter que le Programme des Nations unies pour le développement en partenariat avec le Centre africain pour la statistique de la Commission économique pour l’Afrique et l’Open Data for Development Network ont lancé un rapport biennal sur la révolution des données en Afrique, qui met en exergue les évolutions des écosystèmes nationaux de données sur le continent. En attendant, d’autres pays africains ont du retard à rattraper.  Et des institutions comme la Banque africaine qui a lancé un ambitieux programme, qui vise à améliorer de façon substantielle la gestion et la diffusion des données en Afrique. Et puis, il y a l’expertise française dans la statistique et son célèbre Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Son projet qui comprend 10 partenaires (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie) est à son 4e cycle avec une approche régionale reflétée dans ses objectifs d’harmonisation. Le projet fournit un appui technique sur 6 secteurs thématiques. Il s’agit, entre autres, des registres et statistiques d’entreprises, la balance des paiements, l’énergie, le transport… Reste aussi à aller plus loin pour instaurer des relations de confiance entre les écosystèmes nationaux  et les utilisateurs. 

Echange d’expérience

Depuis sa création à Londres en 1885, l’Institut international de statistique a pour mission de développer et d’améliorer les méthodes statistiques et leurs applications. Il compte parmi ses membres les plus éminents statisticiens du monde et plusieurs institutions statistiques nationales et internationales. Son congrès mondial rassemble tous les deux ans, pendant une semaine, des statisticiens du monde pour discuter et échanger leur expérience à travers un millier de communications. Pour sa 61e rencontre organisée à Marrakech, un millier de communications avec plus de 300 sessions scientifiques, une trentaine d’événements parallèles et des speed dating pour les juniors statisticiens.

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