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CDG Capital promet plus de fonds pour le climat

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5062 Le 11/07/2017 | Partager
La banque d’affaires de CDG décroche l’accréditation GCF
Un potentiel de financement de 250 millions de dollars par projet
Objectif: «Canaliser des financements climatiques additionnels sur le Maroc»
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Hamid Tawfiki, DG de CDG Capital: «Notre firme compte jouer un rôle de catalyseur, d’initiateur de nouvelles structurations de financement durable permettant la cohabitation de bailleurs de fonds différents ayant des appétits de risques différents» (Ph. CDG Capital)

Fraîchement auréolée de l’accréditation Green ClimateFund (GCF), CDG Capital se place clairement comme l’institution incontournable pour la mise en œuvre de projets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique sur le Maroc. Avec cette certification, la banque d’affaires de la CDG s’ouvre un potentiel de financement Green de 250 millions de dollars par projet. Hamid Tawfiki, patron de CDG Capital, revient en exclusivité pour L’Economiste sur l’importance de cette labellisation ainsi que sur ses conséquences pour la protection climatique       

- L’Economiste: Que représente concrètement l’accréditation GCF décrochée par CDG Capital?
- Hamid Tawfiki: CDG Capital a décroché jeudi dernier son accréditation auprès du GCF. Ce fût un long chemin de Sisyphe car le processus est très exigeant. Notre objectif n’était pas de quémander une certification, mais de convaincre les différentes parties prenantes du Fonds que CDG Capital peut apporter de la valeur au GCF en ancrant durablement le financement climat dans le marché local des capitaux. Cette accréditation vient couronner les efforts de notre institution en matière de responsabilité environnementale et de lutte contre le réchauffement climatique, confortant ainsi notre positionnement de conseiller financier éclairé sur la thématique de la finance climat. Par ailleurs, nous avions l’occasion de puiser dans notre expertise sur la finance durable, pour apporter une contribution utile lors des préparatifs de la COP22 et lors des échanges dans les différents groupes de travail sur la finance climat, mis en place par l’IDFC ces 5 dernières années.
Comme vous le savez, le Maroc s’est engagé à rendre son territoire plus résilient face au changement climatique tout en assurant une transition rapide vers une économie sobre en carbone. Pour relever ce défi, le Maroc a identifié, dans le cadre de sa stratégie nationale de développement durable, les secteurs d’investissement prioritaires ainsi que les besoins en financements y afférents.
La reconnaissance induite par l’accréditation confère à notre banque l’accès direct aux financements auprès du GCF, sur la base de projets approuvés par le Fonds. La taille de ces projets peut atteindre  jusqu’à 250 millions de dollars par projet. Cette accréditation permettra à CDG Capital de canaliser des financements climatiques additionnels sur le Maroc et ainsi devenir l’institution incontournable pour la mise en œuvre de projets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique sur le Maroc.

- Comment va être utilisée cette accréditation dans le concret?
- Acteur responsable dans un marché financier en cours de mutation, CDG Capital s’attelle au travers de ses différents métiers à assurer, à l’économie nationale, un financement durable et adapté. Notre conviction est que la pérennité de la finance climatique passe par le développement, à terme, de marchés financiers locaux complets (couvrant, à terme, l’ensemble des profils de risques et sur l’ensemble du cycle d’investissement). 
Cette montée en charge passe par un développement de la capacité locale de structuration financière de projets industriels, par des schémas de co-financement de manière à créer des alternatives commercialement viables aux acteurs locaux, par une capacité augmentée d’appréciation des risques industriels et par une lisibilité sur les prix et sur les évolutions des projets. L’approche innovante de CDG Capital renforcée par l’accréditation du GCF nous positionne comme un partenaire financier pertinent et responsable de choix pour les partenaires publics et industriels. La particularité de notre business model est d’être intégré, fondé sur une pertinence sectorielle, pensé en relais vers les marchés des capitaux et couvrant l’ensemble des maillons clés (structuration pertinente, financement et investissement ciblé et crédible, distribution efficiente). Ce faisant, notre firme compte jouer un rôle de catalyseur, d’initiateur de nouvelles structurations de financement durable permettant la cohabitation de bailleurs de fonds différents ayant des appétits de risques différents. En guise d’exemple, on peut citer la structuration financière, à laquelle a contribué CDG Capital, de la plus grande station de dessalement dans le monde en matière de capacité (capacité de production de 400.000m3/j à terme, pour l’irrigation et l’eau potable) située à environ 40 km au sud d’Agadir. A travers ce projet,  CDG Capital a démontré sa capacité à prendre part à des projets de grande envergure, innovants et structurants pour l’économie marocaine. 

- Avez-vous des projets en préparation? De quel type?
- CDG Capital envisage d’étudier/structurer/financer des projets définis dans la lignée de la Stratégie nationale de développement durable (SNDD)  et des National determined contributions (NDCs) actés, qui sont souvent portés par des opérateurs privés dans un schéma sécurisé par l’Etat, les régions, les opérateurs publics. Les secteurs y afférents incluent, sans s’y limiter, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la transition énergétique, le secteur de l’eau, les transports verts…
Par ailleurs, dans notre lutte contre le réchauffement climatique, CDG Capital tentera de couvrir l’ensemble du spectre de la finance climat en touchant aussi des projets d’infrastructures des petites et moyennes entreprises dont la source de financement la plus adaptée est celle du capital investissement.

Les critères d’investissements à respecter

LE Green ClimateFund est un des instruments pour opérationnaliser l’Accord de Paris visant à  maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 2 °C. GCF a recueilli des promesses d’un montant de 10,3 milliards de dollars. Ces fonds proviennent principalement de pays développés (Etats), mais aussi de certains pays en développement, régions et une ville (Paris). Au travers de ces fonds, le GCF cherche à financer des projets qui répondent à plusieurs critères. D’une part, le projet doit participer au changement de paradigme, à savoir être structuré de telle sorte qu’il soit répliqué facilement. D’autre part, le projet  proposé doit réduire les émissions de gaz à effet de serre et/ou améliorer la résilience des populations au changement climatique. Le GCF prend également en considération le potentiel de développement durable, les co-bénéfices sociaux, économiques et environnementaux créés par le projet, dont la prise en compte de l’approche genre. Il s’assure aussi que le projet soit en ligne avec la stratégie climatique nationale du pays tout en tenant compte des besoins du bénéficiaire final, notamment son niveau de vulnérabilité face au changement climatique. Enfin, le GCF tient compte dans son analyse de la solidité économique et financière du projet.


Le GCF qu’est que c’est?

LE GCF est un organisme financier de l’ONU dont la création a été décidée lors de la COP15 à Copenhague en 2009, a été lancé officiellement en 2011 lors de la COP17, a été l’objet de toutes les attentions lors de la COP 21 à Paris et a été au centre des débats sur le financement vert lors de la COP22 à Marrakech. Le GCF vise à faciliter l’adaptation des pays du Sud et le lancement de projets d’atténuation des conséquences du changement climatique. Il s’agit concrètement de réaliser des transferts de fonds des pays les plus avancés vers ceux plus vulnérables. Ces transferts doivent suivre un processus extrêmement bien encadré et bien déterminé et les bénéficiaires doivent se conformer rigoureusement à une série de procédures et de normes. Le GCF a ainsi pour but d’assurer le  financement des projets verts à travers un réseau d’institutions engagées, dotées d’expertises éprouvées, bien établies -nationales et internationales- et offrant un éventail d’instruments financiers (prêts, obligations, fonds d’investissement, garanties, subventions). Ces institutions doivent s’aligner sur les objectifs de GCF et répondre à ses normes fiduciaires et à ses politiques de sauvegarde environnementale et sociale à travers un processus exigeant d’accréditation.

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