Economie

Réforme de l’administration: Les promesses d’El Othmani

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5060 Le 07/07/2017 | Partager
Il a annoncé des mesures mais n’explique pas comment garantir leur application
Amélioration de l’accueil, digitalisation des procédures, identifiant unique pour chaque citoyen…
Reste à changer les mentalités

Lourdeur des procédures administratives, faibles performances, corruption… autant de maux dont souffre l’administration publique. Les gouvernements successifs n’ont pas réussi à venir à bout de ces problèmes, en dépit des différents plans de réforme annoncés. Aujourd’hui, Saâdeddine El Othmani promet de «révolutionner la relation entre l’administration et le citoyen». Interpellé par les membres de la Chambre des conseillers, dans le cadre de la séance mensuelle des questions de politiques publiques, il a plaidé pour une «mutation de l’appareil administratif». 
Toutefois, les mesures annoncées par le chef de gouvernement ont un air de déjà-vu. Les conseillers, surtout ceux de l’opposition, ont insisté sur le caractère décisif de l’implication des fonctionnaires pour la réussite de la réforme. Au-delà des actions signalées, c’est surtout au niveau des mentalités que l’effort est nécessaire. C’est décisif pour éviter que les réformes prévues ne restent lettre morte.
Globalement, lors de cette séance mensuelle, qui a attiré peu de conseillers, le chef de gouvernement s’engage à agir sur les mécanismes de fonction et d’organisation, favorisant la rationalisation des ressources humaines et leur valorisation. La plupart des actions promises par El Othmani ont été déjà annoncées lors de la présentation de la déclaration gouvernementale. Il s’agit notamment de l’amélioration de l’accueil des citoyens, via la mise en place d’un «système unifié au niveau des services publics». «Une charte d’accueil et un cadre référentiel unifié sont en cours d’élaboration», selon le chef de gouvernement. Ce nouveau modèle sera déployé au niveau de 30 administrations, dans une première étape, avant son extension. Le cadre référentiel unifié devra se traduire par la systématisation du port des badges par les fonctionnaires. Pour rétablir la confiance des citoyens vis-à-vis de l’administration, El Othmani propose une refonte des modalités de prise de rendez-vous. Cette mesure sera accompagnée de la généralisation du système des permanences dans les administrations. Il a aussi mis l’accent sur l’adoption d’un décret fixant le cadre organisant la gestion des réclamations. Ce texte fixe les procédures et les délais de traitement des plaintes des citoyens, via un portail unifié (www.leconomiste.com). Cette logique d’uniformisation des procédures porte également sur la fixation d’un modèle commun des documents exigés par les administrations. Un décret est en cours d’élaboration, afin d’en finir avec les différences entre divers services en matière de documents requis. «Les fonctionnaires qui réclameront d’autres documents seront considérés comme ayant commis une faute professionnelle», a expliqué le chef de gouvernement. Plusieurs années après le lancement de la CIN biométrique, qui devait épargner aux citoyens la présentation d’une série de documents, certaines administrations ne se conforment toujours pas au nouveau système. 
El Othmani a avancé que son équipe examine actuellement la possibilité de supprimer l’obligation de légalisation des copies de la CIN. Il a aussi annoncé que d’autres mesures sont en cours d’examen, dont la possibilité de mettre en place un identifiant unique pour chaque citoyen, pour les différentes cartes, dont la CIN, celle de la couverture sociale… Un système déjà opérationnel dans plusieurs autres pays. 

Des textes très attendus

L’implication de l’administration est décisive pour la mise en œuvre effective de la régionalisation avancée. Plusieurs présidents de régions ont déploré les retards ayant marqué le déploiement du processus de déconcentration, favorisant de meilleures interactions entre les démembrements de l’Etat et les conseils élus au niveau local. Interpellé par les conseillers, El Othmani a promis que la Charte de déconcentration soit bientôt prête. «Le texte est pratiquement finalisé. Seuls quelques points nécessitent encore des arbitrages», a-t-il dit. Ce processus devra s’accompagner d’une autre réforme décisive. Il s’agit de la refonte du statut de base de la fonction publique, annoncée par El Othmani lors de la présentation de la déclaration gouvernementale. 

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