Régions

Dégradation de l’environnement: 3,52% du PIB perdus chaque année

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5057 Le 04/07/2017 | Partager
Une étude d’évaluation fixe le coût des changements climatiques à 33 milliards de DH/an
La facture en baisse de 20% par rapport aux données de 2000
Une évolution liée à l’amélioration de la gestion de l’eau et des déchets
degradation-de-lenvironnement-057.jpg

L’étude d’évaluation du coût de la dégradation de l’environnement permet «d’identifier les secteurs sensibles appelant une protection plus soutenue et d’appréhender les effets des programmes engagés», selon Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat en charge de l’Environnement. Parmi les secteurs les plus touchés, l’agriculture, notamment suite à la dégradation des terrains à cause du surpâturage et du défrichement (Ph. AFP)

33 milliards de DH. C’est le coût annuel de la dégradation de l’environnement au Maroc entre 2000 et 2014. C’est ce qui ressort de la dernière étude réalisée par le secrétariat d’Etat en charge de ce secteur, dévoilée vendredi dernier à Rabat. L’impact des effets du changement climatique s’établit à 3,52% du PIB, selon ce document, élaboré en partenariat avec la Banque mondiale. Il permet d’actualiser les données sur cette question, qui datent du début des années 2000.

«Le ministère en charge de l’Environnement avait réalisé une première étude en 2003, évaluant le coût de la dégradation à 20 milliards de DH par an, soit 8,2% du PIB». Certes, la comparaison entre les données des deux études est difficile, à cause de la prise en compte de nouveaux paramètres et de la différence de la méthodologie.

Mais cet exercice reste important dans la mesure où il permet «d’identifier les secteurs sensibles appelant une protection de l’environnement plus soutenue et d’appréhender les effets des programmes engagés et les gains environnementaux qui en ont découlé». Toutefois les experts de la Banque mondiale notent «une amélioration entre les deux périodes, qui reste importante, si on prend en considération qu’il s’agit d’un pays en plein développement économique». Généralement, la dynamique d’une économie nationale est souvent accompagnée d’externalités négatives en termes de pollution.

La comparaison entre les résultats des deux études effectuées après «l’exclusion des impacts supplémentaires évalués en 2014» fait ressortir une baisse de plus de 20%. Le coût de la dégradation par habitant est passé de 590 DH en 2000 à 450 DH en 2014.

Dans les détails, la réduction de la facture du changement climatique est liée au recul du poids des composantes eaux et déchets municipaux. Pour le secteur de l’eau, le coût de la dégradation a baissé de 60%. Il est passé de 190 DH par habitant en 2000 à 80 DH en 2014. Cette ressource est soumise à plusieurs pressions, dont la surexploitation des nappes phréatiques, le déversement des eaux usées non épurées… Certaines pratiques inadéquates d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène impactent négativement la santé, causant des maladies comme la diarrhée et la malnutrition. Cette situation cause des pertes évaluées à 11,7 milliards de DH.

Cette étude met l’accent sur le rôle décisif du Plan national de l’assainissement liquide dans ce processus. La gestion inadéquate des déchets municipaux coûtait au Maroc 80 DH par habitant en 2000. Les récents résultats montrent que cette facture a baissé de moitié, pour s’établir à 40 DH par habitant. Le coût global de l’impact des déchets est estimé à 3,7 milliards de DH.

Cette tendance baissière concerne également la dégradation des forêts, dont le coût a été ramené à 0,3 DH par habitant, contre 5 DH en 2000. «Les pertes des biens et services fournis par la forêt à cause des défrichements et incendies sont estimées à 40 millions de DH. Les dégâts de la pollution atmosphérique, quant à eux, ont atteint 9,7 millions de DH, soit 1,05% du PIB. «La majorité de ces coûts est induite par la mortalité liée à la pollution de l’air extérieur, notamment à Casablanca, Marrakech et Tanger», est-il indiqué.

Quel impact sur l’agriculture

Avec l’intensification des saisons de sécheresse et la multiplication des catastrophes naturelles, l’agriculture figure en tête des secteurs les plus touchés par la dégradation de l’environnement. D’autant que ces facteurs naturels sont couplés à des activités humaines, comme le surpâturage, le défrichement, l’urbanisation… Actuellement, la dégradation des sols affecte près de 5,5 millions d’hectares de terres de culture en sec, essentiellement à cause de l’érosion. Pour les terres de culture irriguée, l’impact concerne près de 160.000 hectares. Les pertes globales dans ce domaine s’élèvent à 1,7 milliard de DH, selon cette étude. Cette forte pression a également des effets négatifs sur les ressources du littoral ainsi que sur la qualité des plages. Au total, la facture des dégâts est estimée à 2,5 milliards de DH.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc