Economie

Les forêts de Tanger ravagées par le feu

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5057 Le 04/07/2017 | Partager
215 hectares décimés, selon un bilan provisoire
Vent fort et terrains escarpés rendent les opérations d’extinction difficiles
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La forêt de Médiouna aux environs de Tanger a brûlé: 215 ha partis en fumée, selon le bilan provisoire des Eaux et Forêts. La Protection civile n'écarte pas l'hypothèse qu'un acte criminel soit à l'origine de l'incendie (Ph. Faquihi)

Un véritable drame frappe le périmètre boisé de la ville de Tanger. Les efforts pour l’extinction des incendies qui se sont abattus sur les forêts entourant la ville continuaient hier lundi, pour la quatrième journée consécutive. A l’heure de mettre sous presse, les chiffres officiels font état de plus de 215 hectares partis en fumée à Médiouna, quasiment décimée, à Sloukia et à Achakkar.

Les feux sont actuellement en train de se rapprocher de plusieurs habitations et menacent même des installations de télécommunication dans la zone. Selon les dernières informations, ce sont quelque cinq canadair, qui se relaient dans la lutte contre ces feux avec plusieurs dizaines de sorties enregistrées jusqu’à maintenant, ainsi que des avions de la Gendarmerie royale, épaulés par les équipes au sol pilotées par la Protection civile, le Haut Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification ainsi que les Forces armées et les Forces auxiliaires. Au total, la lutte contre ces feux qui ne cessent de s’avancer ont mobilisé plus de 600 personnes.

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L’incendie qui s’est déclaré à Médiouna s’est déplacé sous l’effet du vent vers les forêts de Sloukia et de
Achakkar. Les canadairs tentent, tant bien que mal, de maîtriser les feux qui se propagent à très vive allure
(Ph. Faquihi)

Le feu avait démarré vendredi en fin d’après-midi dans la forêt de Médiouna pour être cerné dans les premières heures de samedi. Mais la force des vents d’est qui soufflent depuis quelques jours sur le détroit ont ravivé les fronts des flammes en les multipliant. Les équipes en charge de la lutte ont dû alors faire appel aux grands moyens avec des canadairs des Forces royales air pour circonscrire le feu. Malgré de nombreux allers-retours, les flammes ne cessaient de renaître sous le regard étonné des nombreux estivants dans les plages environnantes d’Achakkar et de Jbila.

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Une partie de la forêt est barrée par des lignes très haute tension. Des habitations sont à proximité de ce territoire risqué et très sensible. Qui donne les autorisations de construire? (Ph. Faquihi)

La nature escarpée des terrains, les espèces végétales présentes très inflammables mais surtout la force des vents n’ont pas laissé de répit aux éléments combattant le feu qui assistaient impuissants à l’extension des fronts de feu vers la forêt de Sloukia et ensuite vers celle d’Achakkar. Selon plusieurs observateurs, seule une diminution de la force des vents permettra aux équipes de réellement retrouver la main pour venir à bout de ce feu.

L’incendie a été aussi l’occasion pour la société civile de se mobiliser avec des appels sur les réseaux sociaux pour apporter eau et nourriture aux équipes en charge de l’extinction des feux, un appel largement suivi. Une deuxième étape sera le repeuplement des forêts décimées par le feu. Une plateforme citoyenne regroupant plusieurs associations est en train d’être mise sur pied, l’objectif étant de remplacer les plantations parties en fumées. Des actions qui ont trouvé écho à Tanger où la forêt reste un sujet sensible et mobilisateur.

De notre correspondant, Ali ABJIOU

 

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