Dossier Spécial

Ibn Zohr: Comment l’Université produit des auto-entrepreneurs

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5057 Le 04/07/2017 | Partager
Les lauréats créent leurs propres entreprises et génèrent des emplois directs
Mise en place d’ateliers de métiers d’avenir, de simulation et de mise en situation quasi-professionnelle…
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Le nombre de participants aux ateliers «Métiers d’avenir»  mis en place dans le cadre de Parés pour l’avenir va crescendo depuis le lancement de la manifestation. Une hausse est également enregistrée au niveau des projets innovants proposés depuis 2010

Pari réussi pour l’Université Ibn Zohr (UIZ) qui a développé un concept pour encourager la dynamique entrepreneuriale chez les étudiants. Une méthode qui permet de les mettre en situation professionnelle afin de les aider à intégrer le marché du travail via la création de leurs propres entreprises. Et qui permet de générer des emplois!

En effet, depuis onze ans déjà, l’événement «Parés pour l’avenir» participe au développement de l’esprit entrepreneurial chez les étudiants et contribue à faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs issus de l’enseignement supérieur. Notamment, via le concours «Projets innovants» qui a donné lieu à des inventions brevetées et à des entreprises opérationnelles.

Il faut noter que cette manifestation, organisée par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES), connaît un engouement certain d’année en année. Dans le détail et afin de faciliter l’insertion des lauréats dans la vie active, la stratégie consiste à mettre en place des ateliers de métiers d’avenir, de simulation et d’élaboration de business plan destinés aux porteurs de projets.

Des mises en situation pour raisonner en contexte quasi-professionnel, avec un encadrement par différents acteurs économiques locaux et partenaires institutionnels. Qui ont relevé le challenge d’accompagner les meilleurs projets et de permettre l’émergence de cette nouvelle génération d’auto-entrepreneurs issus de l’université. «Pour les lauréats, tous types de formation confondus, c’est l’occasion de relever le défi et de prouver que la création d’entreprises est aussi une perspective d’avenir pour eux», souligne Dr Houcine Aboudrar, doyen de la FSJES d’Agadir.

En amont, une caravane de sensibilisation est menée au cours de l’année universitaire par les organisateurs pour sensibiliser les étudiants à l’auto-emploi et à l’entrepreneuriat. Et pour les encourager à proposer leurs idées de projets et à rejoindre le programme de «Parés pour l’avenir». Les cinq régions du sud relevant de l’Université Ibn Zohr sont ainsi sillonnées sur plusieurs semaines: Guelmime Oued Noun, Laâyoune Sakia Al Hamra, Dakhla Oued Eddahab, Draâ Tafilalet et Souss Massa.

L’occasion pour les futurs diplômés  d’explorer  les principaux secteurs économiques susceptibles de permettre leur intégration professionnelle dans le tissu socioéconomique. Et de développer cet esprit entrepreneurial se caractérisant par la capacité d’innovation, la prise de risque  et l’adaptation continue au changement de l’environnement interne et externe.

C’est ainsi que chaque année, le travail fourni par les organisateurs et leurs partenaires est récompensé par l’émergence de nouveaux projets et la création de différentes entreprises. Les domaines des projets sont divers: recyclage, agriculture, agroalimentaire, nouvelles technologies, tourisme, écotourisme, produits du terroir…

Pour rappel, Parés pour l’avenir qui fête sa 11e édition cette année est organisée par la FSJES. Et ce, en partenariat avec le Centre des jeunes dirigeants (CJD), Réseau entreprendre, le Centre régional de l’investissement (CRI), l’Anapec, la CGEM, Souss Massa Initiative. Le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) est, quant à lui, le sponsor officiel.

Des inventions brevetées…

Lauréat de la Faculté poly-disciplinaire de Taroudant, filière valorisation des produits de terroir, Othman Akhmassi est inventeur et  membre de l’union de l’Association des inventeurs et innovateurs marocains. Son invention brevetée et primée en 2015, consiste en une machine pour la récolte de la figue de barbarie et une ruche qui permet de récolter du miel sans stresser les abeilles. Et sans même ouvrir la ruche. Assad Magder est pour sa part, lauréat de la Faculté des sciences d’Agadir. Il détient un brevet sur «Agrobusiness Maroc», une invention relative à un système de fourrage innovant. Karim Bejad, lauréat de la FSJES, a breveté son invention en 2016 (entreprise Optronic). Il s’agit d’un GPS traceur de voitures à distance à partir d’une application mobile ou une plateforme web. Le support contient deux cartes Sim et permet d’afficher les défauts de la voiture en arabe dialectal (darija) pour les personnes qui ne connaissent pas les mots techniques.

Fournée 2017 de «Paréspour l’avenir»

  • 1er prix: EFB Tomatos: C’est un projet d’entreprise pour la transforma-tion de la tomate pelée. Il est porté par Nadia Elmoutadil et Fatima Sabri, deux étudiantes de l’Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG) d’Agadir.
  • 2e prix: Restaurant Gastronomie du Sud: Souleymane Thiembo Soumah, un guinéen lauréat de l’OFPPT est le porteur de ce projet. Tombé amoureux de la gastronomie marocaine, Souleymane a décidé de l’exporter vers son pays d’origine, la Guinée, via l’implantation d’un restaurant gastronomique.
  • 3e prix: My champy : Zineb Echarchakhi est étudiante à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) d’Agadir. Son projet consiste en la création d’une entreprise pour la culture et la transformation des champignons en utilisant le marc de café.
  • 4e prix: «LQBM SB»: Entreprise pour les matériaux de constructions et d’isolation thermique et phonique et d’isolation biodégradables projet porté par Safa Bouisuiki, lauréate de l’OFPPT et étudiante à l’Université Ibn Zohr.

                                                                                      

Une approche performante…

L’Université Ibn Zohr a réussi la performance d’être derrière la création de plusieurs start-up et entreprises. Quelques exemples de projets ayant réussi à s’imposer…

 

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Optronic est une société pour  la commercialisation d’appareils électroniques et GPS (breveté). Ce projet, financé par «Réseau entreprendre» et incubé à l’Université Ibn Zohr, est porté par l’étudiant Karim Bijad, lauréat de la FSJES d’Agadir. Il a généré quatre emplois directs, un ingénieur, deux techniciens, en plus du gérant.

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Entreprise de logistique pour livraison et messagerie, financée par réseau entreprendre, porté par l’étudiant  Saad El Haroual, lauréat de la faculté Polydisciplinaire de Taroudant. Site web: http://www.moncolis.ma/

Cabinet de kinésithérapie  et réadaptation physique: Merzouk Mohamed et Hayat El Atifi, lauréats de la Faculté des sciences, ont pu réaliser leur rêve grâce au financement de «Réseau entreprendre». Leur projet? Un cabinet de kinésithérapie  et de réadaptation physique qui a généré quatre emplois directs.

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Entreprise EDINA: Cette société, créée par  Ait Hddou Oulhaj, lauréat de la Faculté des sciences, est incubée par l’Université Ibn Zohr et parrainée par l’entrepreneur Radouan Mounir (African of agriculture). C’est une entreprise de production de produits de terroir  pour le Moyen-Orient. Nombre d’emplois créés: 5 en plus des emplois indirects.

 

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Entreprise «Rose  de damas»: Ce projet, également incubé par l’Université, a permis la création de sept emplois directs. Il consiste en la production des produits à base de la rose de Damas. Il est porté par Hicham Abdelkhalek,  étudiant à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) d’Agadir.

 

 

 

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