Economie

Développement durable en Afrique: Un nouveau «cahier des charges» pour les architectes

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5055 Le 30/06/2017 | Partager
Eviter aux villes de devenir «énergivores»
Des campagnes de sensibilisation pour des bâtiments écolo
Les grands axes du 56e Conseil de l’Union des architectes africains

Il a de quoi être fier, le président du Conseil national de l’ordre des architectes du Maroc (CNOA), Azdine Ahmed Nekmouche. Il a, en effet, réussi le pari d’organiser au Maroc la 56e réunion du Conseil de l’union des architectes africains. Réunion qui, pour des raisons non communiquées, n’a pu se tenir en Algérie.

En marge de la tenue de cette réunion, le Conseil national de l’ordre des architectes accueille le campus des penseurs urbains (Urban Thinkers Campus) sous le thème, «La gestion urbaine durable: renforcement de la gouvernance locale et de la participation citoyenne» qui se tient à El Jadida jusqu’au 2 juillet.

Selon Nekmouche, l’organisation de cet événement au Maroc  s’inscrit en droite ligne dans la politique de consolidation des relations du Royaume avec les pays africains et le renforcement de la coopération sud-sud. A noter également, l’organisation, en partenariat avec le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, d’une rencontre sous le thème «Stratégie urbaine: une planification territoriale pour des villes durables».

Cet évènement, initiative conjointe des institutions représentatives de l’acte de bâtir, se place dans la continuité du thème de la conférence internationale «Habitat III» tenue à Quito, en octobre 2016, souligne le président du Conseil national de l’ordre des architectes. Il a également indiqué que l’esprit du processus de ces campus est de mettre en œuvre le nouvel agenda urbain approuvé, les membres s’engageant à mettre en œuvre le plan et à faire partie du processus et à apporter de nouvelles idées.

Nekmouche n’a pas, non plus, manqué de rappeler que ce congrès se tient «dans un contexte mondial difficile traversé notamment par une crise civilisationnelle et par les défis qui attendent le continent africain». A commencer par la poursuite sans relâche de la lutte pour assurer la paix et la sécurité à travers la coopération entre tous les Etats.

Quoi de plus normal, donc, que les architectes contribuent à cet effort. Ils sont, comme l’affirme Nekmouche, «un vecteur important et essentiel dans la réalisation du cadre de vie de la population africaine». En somme, ils portent la lourde charge de participer au développement du continent en partenariat et en étroite collaboration avec les gestionnaires des villes. Azdine Ahmed Nekmouche résume cet état des choses en  affirmant que «l’architecture est citoyenne et d’utilité publique».

Pour sa part, Kaisi Kalambo, président de l’Union des architectes africains (UAA), a indiqué que son organisation s’attend à ce que «des solutions pour une gestion durable soient abordées du point de vue de la citoyenneté, une approche ascendante et participative qui n’est pas encore mise en valeur dans la gestion urbaine en Afrique». Il a appelé dans ce sens les architectes du continent à utiliser des solutions durables dans leurs entreprises, de même dans les bâtiments éco-énergétiques.

Et aussi à «l’utilisation des énergies renouvelables et la réduction de l’empreinte carbone». Cela à travers le recours à des matériaux nécessitant le moindre traitement possible. Il n’a pas manqué cette opportunité de rappeler que l’organisation qu’il préside a développé son propre réseau de recherche, innovation, connexion et renforcement (RICE) afin de promouvoir et développer la pratique de l’architecture sur tout le continent africain grâce à la mise en réseau, l’innovation et les programmes de formation professionnelle continue.

En outre, l’Union des architectes africains, prône la création de conseils de construction écologique dans divers pays d’origine de ses membres. L’UAA va également mener des campagnes de sensibilisation pour une architecture écologique.Aujourd’hui, les architectes africains veulent s’impliquer davantage dans le devenir de leurs cités, leurs régions et leurs pays. Et ce n’est pas un hasard que l’on ait choisi pour cette  56e réunion du Conseil de l’union des architectes africains un thème axé sur la gestion urbaine durable et le renforcement de la (bonne) gouvernance locale et de la participation citoyenne.

Bien des raisons, et non des moindres, ont présidé à ce choix. D’abord l’on veut éviter aux cités et villes africaines de devenir «énergivores» dans un contexte et un temps où la lutte contre les effets de serre et les émanations de CO2 a pris un sérieux tournant vers une prise de conscience mondiale des risques de pollution atmosphérique. Ensuite, l’on souhaite épargner à nos villes le sort de devenir des ensembles de constructions où seul le béton prévaut. Et, enfin, en faire des villes où il fait bon vivre, sans pollution et sans trop de dépenses en énergie.

Qu’est-ce que l’UTC

L’URBAN thinkers campus (UTC) sont des campus urbains nés de l’initiative de l’ONU-Habitat. Ils ont été conçus comme des espaces d’échanges entre les acteurs urbains qui sont convaincus que l’urbanisation est une opportunité pour demain. Ce sont également des plateformes pour l’élaboration d’un consensus entre les groupes de partenaires engagés pour relever les défis de l’urbanisation et proposer des solutions durables aux défis urbains.

 

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