Competences & rh

Crise d’ingénieurs informatiques dans l’offshoring

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5053 Le 28/06/2017 | Partager
Les SSII françaises se les arrachent, accentuant le déficit
Développeurs, experts de sécurité, gestionnaires de projet… les plus demandés
Les écosystèmes du secteur au point mort
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Face à la rareté des profils, les salaires grimpent. Les ingénieurs fraîchement émoulus démarrent avec une rémunération moyenne de près de 10.800 DH par mois, contre environ 8.000 DH il y a deux ans

«On nous vide de nos ressources humaines», s’écrie la présidente de la Fédération marocaine des TI, des télécoms et de l’offshoring (Apebi), Saloua Karkri Belkeziz. Dans le secteur, les ingénieurs informatiques, fortement sollicités par des entreprises françaises, se font de plus en plus rares (voir L’Economiste N°5001 du 12 avril 2017). «Il existe un réel engouement des sociétés françaises qui envoient leurs chasseurs de têtes au Maroc.

J’ai reçu plusieurs plaintes de membres de l’Apebi. C’est aussi le cas en Tunisie», révèle Karkri. «Maintenant, les ingénieurs peuvent obtenir leur permis de travail en France en une semaine. Et ils n’ont même pas besoin de se déplacer, le consulat s’occupe de tout», poursuit-elle. La tendance se dessine depuis maintenant trois ans, selon le directeur de Supinfo, Amine Zniber, dont les lauréats sont très convoités par les SSII françaises. 

Or, au Maroc aussi, les besoins des offshorers en ingénieurs, dotés des savoir-faire et savoir-être adéquats, sont importants. Les développeurs (sous Java et .net), chefs de projets et experts de sécurité informatique sont particulièrement demandés.
Il est donc impératif d’activer plus de formations dans le domaine des TI.

La stratégie Maroc Digital prévoit la formation de 30.000 jeunes d’ici 2020. Cela reste, cependant, insuffisant. Selon les professionnels, il est également essentiel de proposer aux jeunes des projets «intéressants» de transformation digitale. Autrement, ils iront les chercher ailleurs. Pour l’heure, peu sont lancés.

Manque de bol, la stratégie Maroc Digital est toujours en stand-by, en attendant l’activation de l’agence pour le développement du digital, annoncée il y a un an. Par ailleurs, le contrat d’application des cinq écosystèmes offshoring, présentés en mai 2016, n’est toujours pas signé. Pour résumer, tout est au point mort.

«Les technologies de l’information pourraient nous aider à atteindre tous nos objectifs de développement. Selon, le cabinet Ernst & Young, le numérique peut nous faire gagner 2 points de PIB. Mais je n’ai pas l’impression que nous en ayons suffisamment conscience», regrette la présidente de l’Apebi.

Faute de projets d’envergure, les ingénieurs marocains tentent de chercher des opportunités plus alléchantes dans d’autres pays. «Ils sont aussi très prisés en Allemagne et aux Pays-Bas. Les salaires des débutants varient entre 30.000 et 36.000 euros par an», précise Zniber. Au Maroc, les rémunérations ont été revues à la hausse. Les juniors débutent avec un salaire variant entre 130.000 à 140.000 DH par an, soit environ 10.800 DH par mois, contre 8.000 à 8.500 DH il y a deux ans.

    

 

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