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L’orchestre Zohra, les filles qui jouent leurs rêves

Par Hassan KARIMI | Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
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Constitué d’une trentaine de filles âgées de 12 à 21 ans, l’orchestre Zohra a participé à différents programmes à l’extérieur du pays, comme le forum de Davos en Suisse, avec pour objectif de montrer une image positive de l’Afghanistan et de sa culture au monde (Ph. Marin Raguz)

Longtemps interdit aux femmes, l’enseignement de la musique reprend timidement en Afghanistan. De jeunes musiciennes passionnées se sont réunies pour jouer ensemble, malgré les réticences familiales, et se produisent aujourd’hui dans le monde entier.

Dans l’une des salles de l’Institut national de musique d’Afghanistan (ANIM), Zarifa Adeeb s’applique à jouer du violon au milieu de ses camarades avec une dextérité admirable.
Cette jeune Afghane a longtemps rêvé de devenir chanteuse de pop, mais elle s’est finalement prise de passion pour la musique classique. Elle n’avait qu’un an lorsqu’elle s’est réfugiée au Pakistan où elle est restée plus de 15 ans, avant de décider de retourner dans son pays. «Je suis venue ici fin 2014. Lorsque je cherchais un professeur de musique, je me suis rendue compte qu’il y avait un institut de musique où l’on apprend la musique de manière professionnelle».
Actuellement en classe de terminale, cela fait deux ans que Zarifa Adeeb pratique le violon. Son coeur est rempli d’espoir. Et pourtant, cet enseignement lui aurait été interdit il y a à peine dix ans.
L’ANIM a été inauguré en 2010 par Ahmad Naser Sarmast, son actuel directeur général, et l’établissement s’inscrit dans une tradition d’enseignement musical fragilisée par l’histoire récente. Avec la création de l’Ecole de Musique en 1974, la musique est entrée dans le curriculum du ministre de l’Education nationale.

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Cette école a continué ses activités jusqu’en 1988, mais elle est restée fermée durant la guerre et la période des Talibans parce qu’ils avaient interdit la musique en prétendant qu’elle était illégale (Harâm).

Puis l’école a repris ses activités durant la période d’Hamid Karzai, l’ex-président d’Afghanistan. En 2008, Ahmad Naser Sarmast a pris la tête d’un projet nommé «Reconstruction de la musique afghane» subventionné par la Banque mondiale.
Deux ans plus tard, l’Ecole de Musique devient l’ANIM et propose des formations à la musique classique occidentale et orientale: des instruments comme le violon, l’alto, la guitare, le piano, la trompette, la flûte, mais également le robab, le ghichak, le tambour, le tabla,...enseignés aux élèves.
Actuellement, l’ANIM compte 250 élèves, dont 75 filles. Et celles-ci se sont organisées pour jouer ensemble et former l’orchestre Zohra, le premier orchestre afghan constitué exclusivement de filles.

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A l’Institut national de musique d’Afghanistan, les élèves jouent leur douleur, leur espoir, leur joie et leur chagrin afin qu’un jour, ils arrivent à réaliser leurs beaux rêves d’enfance (Ph.Hasht e Subh)

Il a commencé son activité en 2014 et son premier événement a eu lieu à l’ambassade du Canada à Kaboul.
Constitué d’une trentaine de filles âgées de 12 à 21 ans, l’orchestre Zohra a participé à différents programmes à l’extérieur du pays, comme le forum de Davos en Suisse, avec pour objectif de montrer une image positive de l’Afghanistan et de sa culture au monde.
Chaque année entre 300 et 400 demandeurs passent le concours d’entrée à l’institut, et seulement 50 d’entre eux sont pris. 50% des candidats sont des enfants vivant dans les rues ou dans des orphelinats et sont présentés par les ONG travaillant sur le droit de l’enfant en Afghanistan.
A l’Institut national de musique d’Afghanistan, les élèves jouent leur douleur, leur espoir, leur joie et leur chagrin afin qu’un jour, ils arrivent à réaliser leurs beaux rêves d’enfance.

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