Analyse

Protection de l’environnement: Le modèle Marrakech

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5047 Le 16/06/2017 | Partager
Une prise de conscience et une démarche proactive depuis 2006
Les élus accélèrent les chantiers et les opérateurs aussi

S’il y a un gain que la conférence climatique, qui s’est tenue en novembre dernier dans la cité ocre, a pu apporter à Marrakech, c’est bien la consolidation et l’accélération de ces chantiers.

Au-delà des projets d’infrastructures dans le domaine de l’environnement et du développement durable (destruction de décharges sauvages, centres de tri et valorisation des déchets ménagers...), c’est surtout d’une prise de conscience et d’une démarche proactive en matière environnementale en comparaison avec les autres régions qu’il s’agit.

En effet, la protection de l’environnement est devenue un leitmotiv à Marrakech et une cause défendue aussi bien par les élus, les opérateurs économiques que le département du Développement durable. C’est d’ailleurs à Marrakech que la secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, Nezha El Ouafi, a dédié sa première sortie officielle. Objectif: donner un coup de pouce aux projets d’infrastructures écolos de la cité ocre et surtout garder cette dynamique environnementale.

La ville qui a été pionnière pour la réhabilitation de ses riads, de ses jardins publics, le traitement et la réutilisation des eaux usées avec sa Step a accéléré la cadence en 2016. «Marrakech n’a pas attendu la COP pour s’inscrire dans une démarche de développement durable. L’événement nous a permis, en revanche, de mettre ces projets en exergue», tient à préciser Ahmed El Moutassadek, adjoint au maire de Marrakech chargé des affaires écologiques.

Cette démarche proactive en matière environnementale est aussi le fruit des initiatives menées par tous les acteurs de la région et dédiées à la mobilisation et la sensibilisation des citoyens pour la protection de l’environnement, souligne de son côté Ahmed Akhchichine, président de la région de Marrakech-Safi.

Ainsi, c’est en 2007 que les acteurs de Marrakech ont décidé de créer une station de traitement et de réutilisation des eaux usées pour alimenter la palmeraie, les 19 greens de la ville afin de soulager les nappes phréatiques. Ces greens ont besoin de plus de 20 millions m3 d’eau par an et auraient aggravé le déficit hydrique. De même, en 2005, la ville a commencé à réhabiliter ses jardins publics avec même une gestion confiée à une société privée pour l’un de ses plus emblématiques jardins: Arsat Moulay Abdessalam, rénovée par Maroc Telecom et la Fondation Mohammed VI pour l’environnement et transformée en un cyberparc.

Tout récemment, un jardin délabré en plein centre de Marrakech a été confié à un collectif d’artistes qui l’ont transformé en un parc de sculptures monumentales conçues autour de la thématique du climat. Les acteurs économiques sont tout aussi impliqués. Les établissements d’hébergement de Marrakech ont été les premiers à prendre conscience de la nécessité de se mettre au vert par souci d’efficacité énergétique mais aussi parce que la tendance est au tourisme vert.

C’est ainsi que 35 établissements d’hébergement de la cité ocre sont labellisés clé verte. Un programme introduit au Maroc par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement depuis 2008. Il aboutit à une distinction de taille, présente dans 45 pays et soutenue par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Première mondiale

C'est à Marrakech qu’une première mondiale devra voir le jour avec un transport urbain totalement écologique et un parc de trolleybus électriques en BHNS avec comme objectif: zéro diesel. Fabriqués par le chinois Yangts pour un montant d’investissement de 200 millions de DH, ces trolleybus ont été déjà livrés. Reste à les mettre en circulation. Ce qui ne devrait pas tarder, indique El Moutassadek.

 

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