Politique

Le RNI se prépare à investir le social

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5042 Le 09/06/2017 | Partager
Le «panier de Ramadan», organisé par la «Fondation Joud», dès la semaine prochaine
Akhannouch veut chasser sur les terrains du PJD
Recrutement de «correspondants administratifs» dans les sièges du parti

Après le congrès et l’adoption du nouveau statut du RNI, place à l’action. Le but est de mettre sur les rails la modernisation du parti, entamée après la démission de l’ancien président Salaheddine Mezouar deux jours après la proclamation des résultats des élections législatives du 7 octobre dernier. La première action concrète consiste à investir le social, longtemps considéré comme le ventre mou du parti. Il est temps de redresser la situation.

En effet, le RNI met les dernières touches au lancement du «panier de Ramadan» à travers l’ensemble du pays. En principe, cette opération démarre la semaine prochaine. Cette initiative, une fois lancée, prendra une grande ampleur, vu l’organisation et la logistique mises en place à travers l’ensemble des régions. C’est la «Fondation Joud», présidée par Aziz Akhannouch, qui pilotera ces opérations caritatives.

Il est incontestable qu’en investissant le social, de manière organisée, le président du RNI cherche à chasser sur les terres du PJD. Pourtant, ces actions de proximité ne sont en principe l’exclusivité d’aucune formation politique. Elles sont inscrites dans l’ADN de toutes les couches de la société, qui viennent en aide aux plus démunis, via la distribution de denrées alimentaires et l’organisation de ftours collectifs à l’occasion du mois sacré de Ramadan.

Pour les initiatives de la Fondation Joud, Aziz Akhannouch a placé à la tête de ses antennes régionales des personnes ressources du parti, ayant un enracinement local et des moyens pour mettre la main à la poche. Surtout que sa formation est riche en notables.

Sans le cibler, cette entreprise aura des effets collatéraux. En effet, les actions de la «Fondation Joud» cloueront le bec à ses adversaires politiques qui l’avaient accusé de s’opposer au versement d’indemnités aux veuves et aux pauvres, dans le cadre du redéploiement de l’argent de la Caisse de compensation. Ils lui avaient tressé un portrait robot, très loin de la réalité, comme si le président du RNI était contre les pauvres.

Dans la réalité, même si ces actions caritatives ne règlent pas les problèmes à la racine, elles permettent de soulager les souffrances des personnes nécessiteuses. Avec à la clé, un renvoi de l’ascenseur le jour du scrutin, qui va se traduire par des plus-values électorales. Les citoyens n’oublieront pas de sitôt cette générosité couplée de tentatives d’actions de proximité.

Parallèlement à cette opération qui ne va pas manquer d’alimenter l’image de marque d’un parti longtemps laissé en pilotage automatique, d’autres initiatives sont en cours de préparation. C’est le cas de l’organisation interne dans les représentations régionales du parti. En effet, les coordinateurs provinciaux sont en train de recenser leurs besoins pour une meilleure organisation de cette formation qui a, dès l’arrivée de Aziz Akhannouch, mis le cap sur les élections de 2021.

L’objectif étant fixé longtemps à l’avance, le nouveau président ne veut rien laisser au hasard et se donner les moyens pour caracoler en tête des prochaines législatives. Le président joue une autre musique avec son allié l’UC, appelé à fusionner avec le RNI. C’est juste une question de temps, note un responsable de la formation de Aziz Akhannouch.

En outre, dans l’opération de restructuration de ses instances locales et régionales, le RNI compte recruter 82 personnes chargées de l’administration, éparpillées à travers le pays. Ces nouvelles recrues, en majorité des jeunes, seront directement reliées à la direction générale du parti, confiée à Mustapha Baytas, député, élu à la faveur de la liste nationale des jeunes. Dans le nouveau statut du RNI, ces nouveaux venus sont qualifiés de «correspondants administratifs».

Cette forme d’organisation existe également à l’Istiqlal appelée les inspecteurs du parti. Ils sont salariés de la formation et rendent compte directement au patron du parti. Afin de renforcer le sérieux de cette opération, le président devra signer des contrats de performance avec les coordinateurs. A la clé, des engagements sur des objectifs chiffrés en matière d’audience et de recrutement du RNI. Cette opération sera concrétisée après le mois de Ramadan.

Résistance

La concentration sur le nouveau créneau qu’est le social s’inscrit dans le cadre de la mue que le RNI a initiée depuis l’arrivée de Aziz Akhannouch. La mise en place d’organisations parallèles comme notamment celles des femmes, des jeunes et des avocats abonde dans ce sens. Mais l’une des principales actions initiées par le nouveau président a été la nomination de Mustapha Baytas comme directeur du parti. Or, les tentatives de modernisation du RNI ont été souvent contrecarrées par différents notables des régions, qui refusaient tout intermédiaire pour le contact du président. Car, il y a quelques années,  Salaheddine Mezouar avait lancé une tentative qui n’avait pas abouti. L’ancien président du RNI avait recruté le Pr Jaâfar Heikel en tant que DG, chargé de mettre de l’ordre et de moderniser le fonctionnement du parti. Peine perdue. Quelques mois avant cette désignation, la résistance des «anciens généraux» comme les surnomment les cadres, a été si forte qu’elle avait fini par pousser le Pr Heikel à jeter l’éponge. Aujourd’hui, il est doyen de la Faculté des sciences de la santé au sein de l’Université internationale de Casablanca.

 

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