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Economie

Flexibilisation du dirham: BAM est prête

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5026 Le 18/05/2017 | Partager
Techniquement, le Maroc est bien préparé, assurent les experts du FMI
Il y aura des perdants et des gagnants car la répartition de la rente dans l’économie sera revue
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Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib. Les équipes de la banque centrale travaillent depuis plusieurs mois avec les experts du FMI pour la mise en place de la politique de ciblage de l’inflation, un des piliers de la réforme du régime de change (Ph. Bziouat)

La future bande de fluctuation du dirham est aujourd’hui l’un des secrets les mieux gardés du pays. Sur le marché, le petit cercle des spécialistes spécule déjà sur l’hypothèse de 2,5% de part et d’autre de l’intervalle. Actuellement, la bande de fluctuation du dirham est de plus ou moins 0,3%.

Aux 2es journées internationales de macroéconomie et de finance à Marrakech, une grande partie des débats était consacrée à la «flexibilisation du régime de change». Deux ans après la dernière révision des pondérations de son panier de cotation (l’euro à 60% et le dollar à 40%), la devise marocaine va entamer une mue profonde.

Le régime de change fixe qui régissait sa cotation, va sauter. Il cédera la place à un mécanisme plus flexible avec pour objectif à terme, de se placer dans un régime flottant. La transition pourrait prendre jusqu’à 15 ans, mais l’ambition clairement affichée par les autorités monétaires et le gouvernement est d’aller plus vite.

Sur le plan technique et au vu de ses indicateurs macroéconomiques, le Maroc est très bien préparé à ce grand saut, assure David Vavra, consultant international, référencé FMI. «C’est bien d’avoir un pont pour traverser le fleuve mais on ne peut avoir des points sur tout le fleuve». David Vavra fait partie de l’équipe qui conseille les autorités monétaires pour la mise en place de la politique de ciblage de l’inflation.

Le processus de basculement au change flexible se fera en plusieurs phases. C’est l’évaluation des fondamentaux macroéconomiques (réserves de changes, résilience du système bancaire, indicateurs relatifs à la liquidité du marché, etc.) qui décidera du rythme de l’étape suivante. Ce qui est certain, c’est qu’on ira encore plus vite en cas de détérioration de certains indicateurs, prévient Mounir Razki, responsable du département des Opérations de change à Bank Al-Maghrib.

  Comme dans tout changement, il y aura des difficultés et des résistances, relève Ales Bulir, directeur du département Recherche du FMI. Les modalités de la répartition de la rente dans l’économie vont être redéfinies par cette réforme du régime de change.

Au passage, le responsable du FMI conseille aux autorités de tenir bon face aux groupes de pression «car ils vont se mobiliser». Tout le monde pense évidemment au  chantage à l’emploi dans des secteurs en déficit structurel de compétitivité. Autre suggestion: ne surtout pas faire de marche arrière quelles que soient les difficultés en cours de route.

Cela pourrait ruiner la confiance des opérateurs économiques et des investisseurs. La transition ne marche que si les pouvoirs publics ont une vision claire et font preuve d’une détermination sans faille, insiste l’expert du FMI. Un dirham plus flexible,  c’est certes un élément d’agilité dans la compétition internationale, mais l’arme monétaire ne peut pas tenir lieu du seul facteur de compétitivité.

Pour les nouveaux métiers mondiaux du Maroc, la réforme du régime de change du dirham est un argument de plus. De même, un dirham flexible, ouvre théoriquement au Maroc, plus de possibilités d’accès à l’épargne mondiale. Si le taux des IDE rapporté à la population est si faible, cela tient aussi à la rigidité du régime de change actuel du dirham.

 

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