Economie

Exportations: Percée du secteur manufacturier

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5024 Le 16/05/2017 | Partager
Mais le contenu technologique reste moyen à faible
Le budget de la R&D toujours sous la barre de 1% du PIB
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 Le grand défi réside dans l’amélioration du contenu des exportations à forte technologie. Or, la tendance s’est plutôt révélée baissière sur la période 2008-2015. De 10,2% entre 2000 et 2007,  la part des exportations des produits manufacturés de haute technologie est passée à 6,1% lors de la période 2008-2015. Ce recul s’explique, notamment, par la baisse de la part des ventes des composants électroniques de 6% à 3% entre les deux périodes

L’export gagne en contenu technologique. Certes, le niveau «haute technologie» reste encore marginal mais des avancées ont été réalisées en ce qui concerne la «technologie moyenne élevée», telle que définie par la classification de l’OCDE. (Voir encadré).

C’est sur cette base que la direction des études du ministère des Finances a dressé un constat des principales évolutions des exportations marocaines. L’analyse dégage un renforcement de la part des produits manufacturés à technologie moyenne élevée. Celle-ci est  passée de 23% en moyenne sur la période 2000-2007 à 40,1% entre 2008 et 2015. Elle dépasse ainsi la moyenne mondiale qui s’établit à 34,3%.

La performance s’explique, en particulier, par l’émergence de nouveaux métiers mondiaux et l’industrie automobile. Ces métiers sont appelés à se  renforcer davantage à la faveur de la technologie moyenne élevée et de la haute technologie. En effet, la création d’écosystèmes industriels figure parmi les mesures phares annoncées par le plan d’accélération industrielle 2014-2020. Ces écosystèmes sont des regroupements de leaders industriels et de PME dans des zones industrielles dédiées, visant à constituer de véritables filières technologiques.

Dans le détail, la tendance s’explique par la hausse de la part des exportations des dérivés du phosphate qui se situe à 17% en 2015 contre 11% lors de la période 2000-2007. Par rapport à la même période, la contribution de véhicules qui était nulle est passée à 5% et les équipements et appareils électriques ont pratiquement doublé leur part.

Ce qui a permis au Maroc de doubler également sa part de marché au niveau mondial en matière de produits à moyenne haute technologie: 0,16 contre 0,08%.En 2015, ce secteur a généré une valeur ajoutée de plus de 154 milliards de DH, soit 15,7% du PIB. L’export du secteur manufacturier représente 64,4% des expéditions globales. Il est également l’un des gros pourvoyeurs d’emplois. En 2014, il occupait un effectif de 1,3 million de personnes.

De plus, le secteur industriel compte parmi les plus attractifs des investissements directs étrangers. Durant la période 2009-2015, les IDE drainés par l’industrie marocaine ont totalisé 55,5 milliards de DH, marquant ainsi une progression annuelle moyenne de 20%. En 2012 et 2013 il avait détrôné les secteurs traditionnellement attractifs comme l’immobilier et le tourisme.

Mais beaucoup de chemin reste à faire. En effet, l’examen sur les quinze dernières années fait ressortir la prédominance, à hauteur de 80% des exportations manufacturières à faible technologie et à moyenne haute technologie. Bien qu’elle ait amorcé une tendance baissière sur la dernière décennie, la part des produits à faible technologie demeure élevée par rapport à la moyenne mondiale: 41,3% contre 16% à l’international.

La baisse s’explique par le repli à l’export des vêtements confectionnés de 20%  en moyenne au cours de la période 2000-2007 à 11% en moyenne sur la période 2008-2015. Quant aux produits à moyenne faible technologie, leur part reste relativement faible comparativement à la moyenne mondiale (11,9% seulement, contre 27,2% au niveau mondial entre 2008 et 2015). Ils sont constitués principalement des produits résiduels de pétrole et des ouvrages divers en fer et en acier.

Mais le grand défi tient au renforcement du contenu à haute technologie. Cette part dans les exportations a tendance à régresser. (Voir infographie). En cause, bien évidemment, le budget alloué à la R&D qui peine à atteindre 1% du PIB.

La classification de l’OCDE

Divers modèles sont utilisés pour déterminer les performances industrielles et commerciales d’un pays. Parmi ces modèles, on distingue celui de l’OCDE qui classe  les produits manufacturiers selon le contenu technologique.
Pour l’OCDE, la première classification des industries établie selon le niveau technologique relève du début des années 1980. En 1997, les changements survenus au niveau de l’effort de R&D des industries manufacturières ont amené  l’OCDE à privilégier une classification en quatre groupes technologiques: haute technologie, moyenne-haute technologie, moyenne-faible technologie et faible technologie.
L’objectif de cette nouvelle classification est d’inclure la notion d’intensité de R&D indirecte parallèlement à celle directe, comme deux indicateurs d’intensité technologique. L’intensité R&D directe (production de technologie) évalue la technologie produite par l’industrie, en se basant sur la proportion de ses dépenses de recherche scientifique  par rapport à sa production ou à sa valeur ajoutée. L’intensité R&D indirecte (utilisation de technologie) mesure la technologie.

 

 

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