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Politique

Le programme gouvernemental attendra 2018

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5013 Le 28/04/2017 | Partager
El Othmani maintient tel quel l’actuel projet de loi de finances
Or, les hypothèses de base sont dépassées

Mohamed Boussaid est un homme pressé. Après son exposé devant le Conseil de gouvernement, le ministre enchaîne avec la présentation de son projet de budget devant les deux Chambres du Parlement et la Commission des finances. Le débat en Commission ne doit démarrer que mardi prochain. En attendant ce jour, Mohamed Boussaid a ressorti des tiroirs le projet de loi de finances pour 2017 déposé au Parlement le 6 octobre 2016.

Le nouveau chef du gouvernement a décidé de maintenir cette version, quitte à apporter les amendements au cours du processus d’adoption. Le but de cette opération est de gagner du temps. C’est son premier acte après que son gouvernement a été investi par le Parlement (lire aussi article page 35). En agissant ainsi, Saâdeddine El Othmani a commis une erreur politique (le dépôt ou le retrait du projet de loi de finances au Parlement relève de sa responsabilité, c’est lui qui signe le PV).

Car la version du projet de budget devait traduire les principales dispositions du programme de son gouvernement. Or, il faudra attendre le projet de loi de finances 2018, qui donnera le véritable coup d’envoi  à la mise en œuvre du contenu de ce programme. Il n’est pas exclu que le débat sur l’éventualité d’un projet de loi de finances rectificatif soit abordé dans les prochaines semaines.  Surtout que les hypothèses de base du projet présenté ont été tracées au cours de l’été de l’année dernière. Certaines sont même dépassées. C’est le cas de la récolte céréalière, estimée par le projet de loi de finances à 70 millions mais revue à la hausse par Akhannouch au Siam.

Recrutement

L’exécutif table sur un taux de croissance de 4,5%, un déficit budgétaire de 3%, une inflation contenue dans la limite de 1,7%. Il prévoit la création de 23.760 postes budgétaires. A ceux-là s’ajoutent 11.000 postes en faveur des Académies régionales de l’éducation et formation, dans le cadre du recrutement des enseignants par contrat. Les recettes fiscales se sont améliorées au cours des derniers mois de cette année à hauteur de plus de 8,7% par rapport à la même période de l’année dernière.

Cette amélioration est toutefois contrebalancée par la hausse des charges de la Caisse de compensation de 63%, en comparaison avec la même période de 2016. Les scénarios du prix du gaz naturel nécessitent eux aussi une mise à jour. Dans le projet, ce prix est estimé à 350 dollars la tonne. Dans la réalité, il est passé à 520 dollars la tonne. Dans la mouture déposée au Parlement, cette donne n’a pas été réactualisée.

Lors de la préparation du budget de  2017, le gouvernement avait tenu à ce qu’il ne comporte ni réforme fiscale ni un engagement fort. Le contexte politique y était pour quelque chose. Les élections législatives du 7 octobre 2016 et l’imminence d’une nouvelle équipe aux commandes  devaient prendre le relais et marquer ainsi de ses empreintes un projet voulu au minima.

Or, la version présentée au Conseil de gouvernement et au Parlement n’a pas apporté de changement, sachant que cette même mouture a été adoptée par le Conseil de gouvernement du 4 octobre et ses grandes lignes validées par le Conseil des ministres de fin septembre.

 

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