Société

Journées du Patrimoine de Rabat-Salé: Voyage au cœur de trésors méconnus

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
Visites guidées du Chellah, Ouadaias, Médina de Salé et le Rabat du XXe siècle
Enrichies d’une programmation culturelle durant les 3 jours sur plus de 30 sites
Plus de 4.000 visiteurs selon les organisateurs

Le succès était à nouveau au rendez-vous pour la 3e édition des Journées du Patrimoine de Rabat-Salé qui ont eu lieu du 20 au 23 avril sous la  thématique de «Territoire du patrimoine». Durant ces 4 jours, l’évènement, devenu un incontournable de la riche programmation proposée par la ville du Bouregreg, n’a pas manqué de drainer un large public de plus de 4.000 visiteurs, selon l’organisation. Les passionnés sont venus apprécier la richesse de ce patrimoine millénaire mais aussi les trésors du XXe siècle dont elle regorge.

Et c’est à Salé, que Fikri Benabdallah, président de l’association Rabat-Salé Mémoire a donné le coup d’envoi des Journées du Patrimoine, en présence notamment de Rajaa Cherkaoui El Moursli, éminente chercheuse marocaine, marraine de Salé, sa ville natale. Le circuit de la médina de Salé démarre à Bab Lmrissa. De là, les visiteurs sont dirigés par des guides bénévoles qui les accompagnent à Bab Dar Assinaa, puis longent les remparts pour ensuite aboutir à la Bibliothèque Sbihi (une des plus importantes du Royaume avec des ouvrages datant de plus d’un siècle).

La visite se poursuit à Bab Bouhaja, une ancienne porte qui a été détruite à l’époque par les Français pour qu’ils puissent accéder plus facilement à la médina, avant d’arriver au Jardin Al Firdaous, au Marché central et au cinéma Malaki. Le visiteur découvre par la suite Dar El Qadi, un site rénové pour devenir un musée d’instruments de musique qui devrait bientôt ouvrir ses portes.

«Ce qui est marquant, c’est la méconnaissance de ce site par les visiteurs», note Fikri Benabdallah. Au cours du circuit, des particuliers enthousiastes jouent le jeu en ouvrant leurs portes aux Journées du Patrimoine. Le circuit de la médina de Salé propose par ailleurs de découvrir la Medersa Mérinide, la Grande Mosquée ou encore les zaouïas pour finir à Borj Adoumoue. Pour la petite histoire, la Médina de Salé a été inscrite en mars dernier au titre du classement et des monuments historiques et sites nationaux.

Du côté des Ouadaias, l’un des sites les plus emblématiques de la capitale, les guides médiateurs présentent la richesse historique, culturelle et architecturale des lieux sans oublier ses légendes et ses pratiques sociales. «Le territoire des Oudaias est très particulier car nous avons des histoires d’époques, et de nations différentes, qui sont passées par là», souligne Yousra, guide référent à Rabat-Salé Mémoire. Le départ de ce circuit se fait à l’entrée de la Kasbah, dans cet espace qui abritait autrefois Souk Laghzel, ancien marché de laine, auquel les Journées du Patrimoine ont redonné vie.

Avant d’être baptisé Casbah des Ouadaias, le site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, était autrefois appelé Casbah de Mehdiya, avant de porter le nom de Ribat el Fath ou encore la Casbah Andalouse. Elle fût construite en 1150 par Abdelmoumen et porta son nom en hommage à Mehdi Ibn Toumart, fondateur de la dynastie Almohade. Elle abrite notamment la première mosquée de Rabat et Bab El Kébir réhabilitée en galerie d’art. La visite se poursuit au niveau de l’extension alaouite du site (XVIIe siècle) abritant la plateforme du Sémaphore, l’entrepôt d’armes Moulay Lyazid et la Sqala (ouvrage défensif qui se trouve uniquement sur les villes côtières). Autre merveille des Oudaias, le Jardin Andalou, aménagé au début du XXe siècle par Maurice Tranchant de Lunel (1er inspecteur des monuments historiques au Maroc) sous ordre du maréchal Lyautey.

Les circuits proposés au Chellah ont transporté les passionnés aux temps des civilisations maurétanienne, phénicienne, romaine et médiévale islamique. Les visites guidées y proposaient quatre circuits. Celui du Grand Chellah présente la totalité des monuments et ruines du site, toutes périodes confondues. Le circuit antique, aussi nommé circuit Juba II démarre au quartier artisanal formant une boucle incluant arc de triomphe, nymphée, basilique, thermes, forum et temple romains et maurétaniens. Les visiteurs intéressés par l’époque médiévale ont emprunté le circuit Chams Doha.

Un circuit atelier botanique était également au programme permettant de découvrir le patrimoine naturel du Chellah. «Le pôle des visites guidées a connu un excellent fonctionnement. Nous sommes très satisfaits de la formation prodiguée aux jeunes (moins de 25 ans pour la plupart) qui ont pu assurer un accueil de qualité», précise le président de l’association Rabat-Salé Mémoire.

L’architecture du XXe siècle n’était pas en reste, son parcours offrant une ballade au centre-ville, entre médina et ville moderne. Proposé en deux circuits, un long et un court, les visites guidées de «Rabat XXe siècle» mettait en évidence l’architecture de bâtiments emblématiques de Balima à Bank Al-Maghrib, en passant par la poste, la cathédrale Saint Pierre ou encore la Mosquée Assunna.

En parallèle des visites guidées, les Journées du Patrimoine proposent une pléiade d’évènements culturels. «Initialement toutes les activités culturelles étaient concentrées sur la bibliothèque nationale. Cette année nous avons choisi de répartir les concerts, spectacles, expositions, conférences… entre Rabat et Salé. L’autonomie que nous avons conférée aux militants de chaque territoire leur a permis de créer cette magie», a précisé Fikri Benabdallah.

 

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