Société

La Mimouna aux portes de l’Unesco

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5008 Le 21/04/2017 | Partager
Une demande pour le statut de patrimoine immatériel
La fête juive marocaine marque la fin de Pessah
mimouna_unesco_008.jpg

Plusieurs ingrédients comme la farine, le blé, le miel, le beurre, le petit lait ou encore le poisson, un indispensable de cette table, compose la table de la Mimouna (Ph. F. Al Nasser)

Des invités de toutes confessions, ont convergé  mercredi 19 avril  vers le Musée du judaïsme marocain qui a ouvert ses portes comme à l’accoutumée pour fêter la Mimouna ensemble comme le veut la tradition depuis des siècles. Cette célébration qui marque la fin de Pessah, la pâque juive, s’étale sur une semaine. Elle s’achève traditionnellement par une communion entre juifs et musulmans venant souhaiter la bonne fête.

«Dans l’histoire du Maroc, il y a toujours eu des coutumes et des traditions communes entre juifs et musulmans. Nous partageons beaucoup de choses, notamment plusieurs fêtes. Et cette année, la célébration de la Mimouna est placée dans le cadre des 20 ans du musée», souligne Zhor Rehihil, conservatrice du Musée du judaïsme marocain.

La célébration s’est faite en musique avec un concert de chants andalous et judéo-marocains proposés par les chorales Kinor David, Ochak Al ala et Diapason sous la direction de Abdellah Makhtoubi. Plusieurs personnalités ont fait le déplacement dont Serge Berdugo, secrétaire général du conseil des communautés israélites au Maroc, qui a rappelé «la beauté de cette fête imposée par les immigrants juifs en Israël où c’est devenu une fête nationale». Il a également annoncé l’introduction d’une demande auprès du ministère de la Culture afin de faire reconnaître la Mimouna en tant que patrimoine culturel immatériel par l’Unesco.

Au-delà de l’hospitalité, la Mimouna c’est toujours une table richement garnie de fruits secs, de fruits confits et de beaucoup de douceurs. Plusieurs ingrédients comme la farine, le blé, le miel, le beurre, petit lait (lben) ou encore le poisson (symbole de fertilité), un indispensable de cette table, sont souvent offerts par un ami ou voisin musulman relève la conservatrice du musée.

«Depuis sa création en 1997, le musée a tenu à instaurer une tradition célébrant et faisant revivre plusieurs fêtes et coutumes communes autrefois célébrées par les juifs et les musulmans comme la Mimouna. Nous organisons également un ftour casher pendant le ramadan, la fête de pourim…» rappelle Zhor Rehihil. Cet espace culturel ouvert à tous les Marocains a pour ambition d’initier et sensibiliser à la culture juive marocaine.

Une programmation culturelle est proposée toute l’année avec des projections, des conférences, des rencontres, des concerts et des expositions. En ce moment, le musée présente deux expositions photo, l’une présentant les juifs de Casablanca dans les années 60 et l’autre, 9 synagogues restaurées au Maroc.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc