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Economie

Agro-industrie: Le détail des contrats-programmes

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5006 Le 19/04/2017 | Partager
Création de 371 unités, 38.000 emplois, 12 milliards…
Un appui financier du Fonds vert pour le climat
La sauvegarde de la plaine de Saïss prioritaire
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Placées sous le signe de l’eau, les 9es Assises de l’agriculture, tenues lundi dernier à Meknès, étaient l’occasion de contractualiser deux contrats-programmes. Ci-contre, Aziz Akhannouch concluant un partenariat avec Jean-François Girault, ambassadeur de France au Maroc (Ph.YSA)

L’agro-industrie a enfin son contrat-programme. La feuille de route paraphée, lundi dernier, lors des 9es Assises de l’agriculture dessine de nouveaux horizons, à trois ans de la fin de la mise en œuvre du plan Maroc Vert en 2020. Pour Aziz Akhannouch, «les résultats sont en ligne avec les objectifs que s’est fixés le Royaume pour son secteur agricole, et l’agriculture est aujourd’hui un secteur moteur du développement économique et social».

Confiant, le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a noté que «ces succès en appellent d’autres, les acteurs du secteur doivent multiplier les efforts pour relever le défi de l’industrie alimentaire».
«Avec ce nouveau plan de développement et de modernisation de l’industrie alimentaire doté de 12 milliards de DH, le Maroc vise l’intégration des chaînes industrielles et l’ouverture sur le marché international», renchérit le ministre.

Concrètement, le contrat-programme conclu entre les départements des Finances, l’Agriculture, le Commerce, et un grand nombre de représentations professionnelles, notamment la Comader et la Fenagri, a pour objectif de mettre en place 371 unités industrielles. Ce qui permettra, à terme, de créer quelque 38.500 emplois et générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 42 milliards de DH, ainsi qu’une valeur ajoutée additionnelle de 13 milliards de DH. Pour y arriver, l’Etat ambitionne de susciter un écosystème agricole et agro-industriel compétitif et aider le secteur à franchir un nouveau palier dans son développement.

Le deuxième contrat-programme concerne la sauvegarde de la plaine du Saïss. Mobilisant un investissement de 4,8 milliards de DH, outre un prêt de 120 millions d’euros de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), le projet sera réalisé entre 2017 et 2022. Il bénéficiera également d’un appui financier du Fonds vert pour le climat sous forme de don s’élevant à 31,5 millions d’euros.

«Nous lançons le projet du périmètre irrigué de 30.000 ha sur la plaine du Saïss, dans l’objectif de limiter les prélèvements sur la nappe et pour lui permettre de retrouver son équilibre», souligne Akhannouch. Le réseau collectif d’irrigation projeté se situe au cœur de la plaine du Saïss, grande plaine agricole qui s’étend entre Fès et Meknès, sur environ 100 km sur un axe est-ouest et sur plus de 30 km du nord au sud.

Notons que cette année a connu le lancement des chantiers d’aménagement hydro-agricole de la plaine de Boudnib à partir du barrage de Kadoussa et qui portera sur 5.000 ha ainsi que la plaine du Saïss depuis le barrage Amdaz, où 30.000 hectares seront irrigués au  terme de l’opération. En outre, dans le cadre d’un partenariat public-privé, 3.200 ha seront aménagés dans la région côtière d’Azemmour-Bir Jdid.

«Ces programmes présentent d’ores et déjà des résultats satisfaisants prouvant que le Maroc relève avec confiance et détermination le défi du changement climatique et de la raréfaction des ressources hydrauliques», indiquent des responsables chargés des périmètres irrigués au département d’Akhannouch. «Les surfaces équipées en goutte-à-goutte ont atteint une superficie de 500.000 hectares, l’objectif fixé pour 2020 (550.000 hectares) sera atteint fin 2017», poursuivent-ils.

Quant à la rentabilité de l’eau, elle a sensiblement augmenté dans l’agro-industrie (57% de hausse) et dans la filière des légumes (82%), traduisant la forte conscience des acteurs du secteur eux-mêmes et leur conviction que l’eau n’est pas qu’un simple intrant dans la production.

Se prémunir contre les changements climatiques

D’un coût global de 836 millions de DH, le projet de développement et d’adaptation de l’irrigation aux changements climatiques à l’aval du barrage Kadoussa, dans la province d'Errachidia, sera réalisé avec le concours de l’Agence française de développement (AFD). Celle-ci contribuera à sa réalisation à hauteur de 40 millions d’euros, outre le soutien du Fonds vert pour le climat d’un montant de 20 millions d’euros. En effet, ce projet consistera en l’aménagement, d’ici 2020, d’un réseau d’adduction et de distribution d’eau à l’aval du barrage Kadoussa. Ceci en vue de sécuriser le développement agricole, à partir des eaux de surface mobilisées par le barrage en substitution aux eaux de la nappe, d’un périmètre de 5.000 ha, composé d’oasis et d’extensions hors oasis.

Youness SAAD ALAMI

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