Entreprises

Automobile: Repositionnement stratégique à l’Amica

Par Safall FALL | Edition N°:5006 Le 19/04/2017 | Partager
L’association verrouille son orientation industrielle en se séparant des importateurs
Export: Près de 120 milliards de DH sur les 100 milliards prévus en 2020
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Pour Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica, la contribution du ministère de l’Industrie a été déterminante dans l’atteinte des objectifs d’industrialisation du secteur (Ph. L’Economiste)

Nouveau positionnement pour un nouveau contexte. C’est ce que s’apprête à déployer l’Association marocaine de l’industrie et – désormais – de la «construction automobile» (Amica). Ce n’est pas qu’un jeu de mot. Le changement de terminologie est synonyme, en fait, d’une refonte de la représentativité du secteur.

Les instances de l’Association poussent gentiment les importateurs vers la porte et veulent se concentrer sur leur vocation industrielle. «Depuis que nous avons commencé à travailler dans ce sens, un groupe d’importateurs y est complètement hermétique et défend des intérêts et des vocations divergents.

Nous avons décidé de leur permettre d’organiser leur propre représentativité, en dehors des instances de l’Amica», explique Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica. En 2012, la corporation regroupait 40 adhérents dont une dizaine de distributeurs/importateurs. Fin 2016, ce chiffre est passé à 167 parmi lesquels 4 constructeurs automobiles: Renault Tanger, Somaca, Ford (sourcing) et le groupe PSA.

«Sur ces 167 adhérents, figurent 13 distributeurs. «Cette branche ne s’est pas développée au sein de l’Amica pendant cette période, parce que notre orientation stratégique a toujours été de développer une véritable industrie locale, dans le cadre des engagements pris avec l’Etat en termes d’exportations, d’intégration et de valeur ajoutée locales, etc.)», précise le président de l’Amica.

L’entité veut clairement protéger les orientations industrielles de la corporation et du secteur. Cette tentative de reprise en main du secteur ne date pas d’hier. Elle se prépare depuis plusieurs années déjà avec la mise en place de plusieurs instances et la réintégration d’autre. Tout a démarré avec la prise de contrôle du Cetiev, qui était géré par les importateurs, «suite à une décision du ministère de l’Industrie», explique Abdelmoumen. Ce dernier fait état d’une situation de conflits d’intérêts: les importateurs ne pouvaient pas contrôler leurs propres importations.

La structure s’est vue aussi confiée la gestion des trois Instituts de formation aux métiers de l’industrie automobile (IFMIA) lancés par l’Etat. Ces établissements de formation, d’un investissement de 100 millions de DH/structure, ont une capacité annuelle de 5.000 profils orientés métiers.

Enfin, une structure d’animation des écosystèmes, plateforme commune publique-privée de coordination de l’exécution de la stratégie du secteur, a été mise en place par le ministère de l’Industrie et concédée à l’Amica. «Nous voulions sauver ce qui restait du tissu industriel marocain. La partie des industries à capitaux locaux ne dépasse même pas 4% aujourd’hui, soit 8 équipementiers essentiellement actifs dans la rechange et à l’export. C’est un des échecs du secteur», reconnaît Abdelmoumen.

Pour justifier ce repositionnement, l’entité a en tout cas de bons arguments, avec des objectifs 2020 qui seront largement dépassés et d’autres déjà atteints (Voir L’Economiste n°5003 du 14 avril 2017). Sur le chiffre d’affaires à l’export, par exemple, le secteur sera à près de 120 milliards de DH engagés d’ici 2020. Il devrait par ailleurs entièrement cumuler, dès 2018, les 165.000 emplois visés à cette même échéance.

 

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