Dossier Spécial

Temps maussade pour les coopératives laitières

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Colainord, opérateur historique dans le nord, voit son marché menacé
Copag, Centrale Laitière et Safilait se battent pour prendre des positions
Les coopératives laitières mal outillées pour tenir le rythme
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Colainord a investi dans la fabrication de lait UHT, avec des machines pouvant atteindre les 300.000 berlingots par jour 

Le vent tourne pour les coopératives laitières. Après des décennies de mainmise sur le marché local, leur emprise est remise en question. C’est le cas particulièrement dans le nord. A Tétouan, mais aussi à Tanger et dans les autres centres urbains de la région, une grande partie du lait consommé était fournie par la Coopérative laitière du nord créée en 1972, Colainord. Depuis cette date, elle se partage le marché local avec la Centrale Laitière et d’autres outsiders comme Safilait avec Jibal et la Copag avec Jaouda qui ont investi le marché dans les dernières années. Longtemps choyées par une réglementation fiscale bienveillante, les coopératives ont eu un réveil brusque en 2004 quand elles ont commencé à être assujetties aux taxes et à l’IS. Dès cette date, la Colainord a entrepris une série d’actions dont la plus importante a été la diversification de ses produits en sortant du carcan du lait pasteurisé et a entamé sa commercialisation en UHT. Colainord a d’ailleurs investi dernièrement dans la mise en place de deux chaînes d’ensachage en UHT pour le lait d’une capacité de 300.000 litres par jour. Un premier pas pour attaquer le marché national et sortir du cadre de la région. 
Il s’agit pour la coopérative de travailler à augmenter ses parts de marché dans le nord mais aussi à s’étendre au reste du territoire. L’objectif est de se préparer à l’arrivée de nouveaux entrants. C’est le cas du groupe Bel qui entre en scène après l’acquisition de Jibal en 2015, faisant suite à celle de Centrale Laitière par Danone. Actuellement, Colainord dispose de deux unités de traitement à Mdiq et à Ksar Kébir, assurant une capacité de traitement de 400 tonnes par jour. Mais les arguments qui ont fait depuis longtemps la force de Colainord et des autres coopératives laitières risquent de devenir de véritables freins pour leur développement. Dans le cas des coopératives, la notion de rentabilité est reléguée en général en deuxième position. C’est le cas par exemple de la collecte du lait où le camion faisant la collecte devra passer par tous les éleveurs membres de la coopérative, même si le chemin à parcourir est long ou difficile, ce qui est souvent le cas au nord. La coopérative travaille aussi au niveau de l’amélioration de la race des vaches et de leur productivité auprès des éleveurs. Elle permet à des éleveurs perdus au milieu de la campagne d’importer des génisses de qualité en agissant comme une centrale d’achat et en effectuant toutes les opérations douanières, la vente aux membres de la coopérative se fait alors au prix coûtant. Au nord, un autre entrant a fait son apparition parmi les coopératives c’est la Copag qui a installé depuis quelques années une unité de traitement de lait d’une capacité de 200 tonnes par jour à Larache. Le nord dispose aussi d’une troisième unité de transformation du lait à Tétouan, Tetaouen, avec une capacité de 75 tonnes par jour et d’une unité de traitement à Al Hoceïma avec une modeste capacité de 4 tonnes par jour. 

Colainord en chiffres 

Colainord, créée en 1972, reste l’opérateur historique en matière de lait dans le nord du Maroc.
• 650 salariés
• 1.738 membres, dont 64 coopératives 
• 65,8 millions de litres collectés en 2013
• 38 millions de litres de lait pasteurisé produits en 2013
• 40 millions d’unités. 

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