Reportage

Drâa-Tafilalet/Gourrama: Le «droit d’étudier»

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
70 enfants de nomades auront enfin une école pour étudier décemment
Un projet rendu possible grâce à une levée de dons enclenchée par l’association Enfants du Désert
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Elle est située dans la région de Drâa-Tafilalet dans la province de Midelt. Ce petit village compte quelque 5.000 habitants. Tamlkant, toute petite bourgade de nomades, est située à proximité

Bonne nouvelle pour les enfants de la petite bourgade de Tamlkant, dans la commune de Gourrama. Ils auront enfin le «droit d’étudier» dans des classes dignes de ce nom à partir de la prochaine année scolaire. Inutile de chercher cette petite commune sur internet. Si vous avez la chance de la trouver sur une carte, elle se trouve dans un coin perdu dans la région de Drâa- Tafilalet, entre Midelt et Errachidia, où une population de nomades a commencé à s’installer petit à petit depuis quelques années.

Une sédentarisation forcée par la rudesse de la nature, et qui a engendré de facto de nouveaux besoins. Les enfants du village de Tamlkant, au nombre de 70 et répartis sur 6 niveaux, ont aujourd’hui la possibilité d’être scolarisés. Malheureusement, ils n’ont qu’une unique salle de classe, dans la seule école qui existe, et qui a ouvert ses portes en 1980.

Résultat, tout le monde doit s’entasser dans cette unique salle, et même dans le logement de l’instituteur qui fait parfois office de classe. Les enfants ne vont à l’école qu’une demi-journée par jour et 3 niveaux s’entassent dans cette minuscule salle en terre. Cette situation insoutenable, qui s’ajoute aux conditions de vie difficiles de la population du village et qui dure depuis plusieurs années, a finalement trouvé écho auprès de l’association française Enfants du Désert. Grâce à l’appel de l’instituteur de l’école de Tamlkant qui a contacté l’association, une opération de levée de dons a été réalisée et va permettre de lancer les travaux de construction cet été.

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Dès la prochaine année scolaire, la seule et unique classe de Tamlkant, construite en pisé et sommairement équipée, à l’image de beaucoup d’écoles dans le milieu rural, fera place à deux nouvelles classes aux normes réglementaires (Source: EDD )

«En octobre dernier, l’association Enfants du Désert s’est rendue à Tamlkant. On a pu constater les conditions de scolarisation des enfants de ce village et l’état de l’école. En concertation avec la délégation locale du ministère de l’Education nationale et l’adhésion de la population, on enclenchera la construction à partir de juillet», raconte Laetitia Chevallier, présidente de l’association Enfants du Désert.

En effet, une cagnotte a été lancée sur le site de financement participatif «Ulule» avec l’objectif de collecter 12.000 euros. Une opération qui s’est clôturée fin mars en atteignant 15.000 euros avec un bonus de 3.000 euros. Le projet consiste à construire deux classes qui répondent aux normes de construction du ministère de l’Education nationale, afin d’améliorer les conditions de scolarité des enfants. L’équipement des classes en tableaux et mobilier scolaire sera à la charge de la délégation du ministère. Le bonus réalisé lors de l’opération de levée de dons servira quant à lui à réaliser un jardin d’enfants dans l’enceinte de l’école, à l’image de ce qui a été réalisé dans le cadre d’autres projets.

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L’association Enfants du Désert entame depuis 12 ans plusieurs actions dans le Drâa-Tafilalet, en étroite collaboration avec plus de 16 associations locales afin d’améliorer les conditions de scolarité des enfants. Ce sont 19 écoles et 8 blocs sanitaires au sein d’écoles qui ont été construits dans cette zone, avec la réalisation d’un terrain de sport et de 8 jardins d’enfants au sein de garderies. Le projet des jardins d’enfants a été primé en 2014 par l’Unicef, qui se bat aussi pour le «droit de jouer». Ce sont des forgerons locaux qui réaliseront les jeux mobiles.

En plus de permettre l’épanouissement des enfants, l’association tient à faire participer l’économie locale en fournissant du travail aux artisans sur place. L’association a pu équiper plus de 220.000 enfants en matériel scolaire et équipement sportif. Elle organise surtout des opérations de parrainage auprès de 170 enfants dans différentes zones de la région. «Le parrainage se fait pour des enfants dans des situations difficiles à hauteur de 25 euros par mois.

L’argent n’est pas donné directement à la famille, mais accordé sous forme de carnet en collaboration avec des pharmacies et des épiciers afin d’acheter des médicaments et pour une meilleure alimentation», précise Laetitia. Toujours graçe aux dons, l’association a pu concrétisé l’action «Un Livre, Un enfant» qui a permis de remettre un livre de lecture en arabe à plus de 2.500 enfants. L’association a participé à la réalisation de 3 forages de puits et l’équipement de plus de 60 foyers en panneaux photovoltaïques. Par ailleurs, elle a organisé 6 caravanes médicales et a aidé à équiper le service prénatal du centre hospitalier d’Errachidia avec un four de photothérapie pour les nouveaux-nés.

 

 

 

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