Economie

Le Maroc vu par la Banque mondiale en 2017

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Les défis qui attendent le nouveau gouvernement
L’environnement des affaires, l’administration et l’accès aux services publics…
La flexibilité de change contribuera à renforcer la compétitivité
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La croissance du PIB devrait rebondir à 3,8% en 2017. Grâce aux  bonnes précipitations, il faudrait s’attendre à une production céréalière supérieure à sa moyenne historique et le PIB agricole devrait augmenter de près de 10%. La Banque mondiale prévoit un accroissement du PIB non agricole. La conjoncture positive peut se traduire par d’importantes améliorations dans la structure du marché du travail. Les attentes concernant l’inflation étant bien fondées, le taux d’inflation devrait continuer à tourner autour de 2%

C’est hier à Rabat que la Banque mondiale a choisi de lancer son rapport de suivi de la situation économique dans la région Mena. La croissance devrait y reculer jusqu’à 2,6% cette année avant de dépasser 3% pour les deux prochaines années. L’étude est publiée au moment même où se tiennent les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale du 17 au 23 avril à Washington.

Tout un chapitre est consacré à la situation de l’économie marocaine. Les prévisions des institutions internationales et nationales s’accordent sur le retour de la croissance au Maroc. La Banque mondiale table sur un taux de croissance de 3,8% en 2017 (elle révise donc à la baisse ses perspectives puisqu’elle prévoyait 4% dans sa sortie médiatique de janvier). En comparaison, le FMI prédit 4,4% et le HCP environ 3,6%. Pour 2018-2019, il faudrait s’attendre à environ 3,7% et 3,6%, selon la Banque mondiale.

«La dynamique de réformes marque le pas à cause des retards accusés dans la formation du nouveau gouvernement après les élections législatives d’octobre 2016», soulignent les économistes. Une disposition du projet de loi de finances 2017 qui prévoit une nouvelle réduction du déficit budgétaire à 3% du PIB est néanmoins appliquée. L’augmentation anticipée des prix mondiaux du pétrole va contribuer à détériorer le solde du compte courant.

Mais pour autant, les besoins de financements extérieurs ne présentent pas un risque majeur compte tenu du niveau relativement bas de la dette extérieure et de l’accès du pays aux marchés internationaux. De plus, le deuxième accord biennal au titre de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) du FMI continuera d’offrir une couverture contre les risques externes.

A moyen terme, les perspectives de l’économie marocaine devraient s’améliorer. A condition que le nouveau gouvernement soit disposé à mener des politiques macroéconomiques prudentes et appliquer des réformes structurelles. Ceci de façon à renforcer le cadre des affaires, moderniser l’administration publique et améliorer l’accès à des services publics de qualité, entre autres. Le passage progressif à un régime de change plus flexible annoncé par Bank Al-Maghrib devrait aussi contribuer à renforcer la compétitivité. La mise en oeuvre programmée de la loi de finances organique et du processus de décentralisation devrait permettre de renforcer la gouvernance et l’efficacité du secteur public.

Plusieurs facteurs créent de l’incertitude à commencer par la volatilité de la production agricole. S’y ajoutent les perspectives économiques peu optimistes dans la zone euro et le risque persistant d’une dégradation de la situation géopolitique dans la région.

En substance, l’économie marocaine repose sur des bases solides. La modernisation du secteur agricole, la diversification du tissu industriel et le développement du secteur des services devraient contribuer à atténuer les risques dont la gestion relève des pouvoirs publics. Pour ce faire, il faudra «s’employer à renforcer les autorités responsables des marchés, particulièrement celles qui sont chargées de veiller à une répartition efficace de la main-d’oeuvre et du capital et de promouvoir l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales». Après la libéralisation réussie des prix du pétrole à la pompe, l’augmentation anticipée de 30% des cours mondiaux du pétrole va aussi permettre de mesurer l’acceptabilité et la robustesse du nouveau système de tarification.

Le Maroc reste confronté au défi d’une transformation structurelle relativement lente. Parce que structurellement, «il s’appuie encore sur les activités non marchandes, ses gains de productivité ont été limités durant les deux dernières décennies, en dépit d’investissements considérables». Et ces investissements (principalement de grands projets d’infrastructure financés par l’Etat) ne sont pas encore parvenus à stimuler la croissance.

Pour accroître ses gains de productivité et sa compétitivité à moyen terme, Rabat doit s’atteler à renforcer la gouvernance dans le secteur public, moderniser l’administration publique, renforcer les liaisons entre les régions et améliorer les résultats du système éducatif. Sa prospérité dépend fondamentalement de sa capacité à densifier son capital humain.

 

 

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