Tribune

Non, Uber n’est pas une menace pour l’emploi

Par Anthony KHOURY | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager

Anthony Khoury est directeur général régional d’Uber pour le Moyen-Orient (Ph. AK)

L’Afrique est aujourd’hui l’un de nos marchés les plus stimulants: les infrastructures s’y développent à une vitesse impressionnante, la diversité culturelle est très riche et la dynamique entrepreneuriale connaît une réelle expansion. Comme toutes les grandes métropoles à forte croissance, les villes africaines doivent cependant faire face au défi de la congestion urbaine.

Selon l’Organisation internationale des constructeurs d’automobiles (OICA), au cours de la décennie le nombre de propriétaires de véhicules a augmenté en Tanzanie beaucoup plus rapidement qu’ailleurs, dépassant la Chine qui occupe la seconde position devant le Ghana. Conséquence: l’Afrique est le continent où les villes sont les plus congestionnées au monde, notamment dans des pays comme l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Maroc, qui souffrent tous trois d’un trafic étouffant. Et pourtant: l’Afrique est aussi le continent où l’on dénombre le moins de voitures sur les routes.

Toutes ces raisons expliquent que l’Afrique représente une formidable opportunité pour Uber. Le secteur des télécommunications a vu exploser les investissements dans la 4G, avant même que le téléphone filaire ne se développe. Et sur le plan de la mobilité, le continent possède le potentiel qu’il faut pour réduire les phénomènes de congestion urbaine et permettre aux populations de se déplacer de manière plus efficace, plus efficiente et moins polluante.

Au-delà des avantages déjà perceptibles de la présence d’Uber en Afrique, des services tels qu’UberPool contribuent à aider les Africains à mieux se déplacer. Le partage d’un véhicule se fait en un seul clic: il devient plus rapide et simple pour les utilisateurs allant dans la même direction, au même moment, de partager le même trajet et donc de payer moins cher, ce qui offre une réponse concrète aux problèmes de la congestion urbaine et de la pollution.

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Un peu partout, Uber est accusé d’être une menace pour l’économie réelle et de ne pas donner suffisamment de gages sur son potentiel d’employabilité. Au Maroc, l’application revendique 140.000 utilisateurs et 12.000 chauffeurs

Depuis notre arrivée en Afrique, plus précisément à Johannesburg en 2013, nous avons lancé Uber dans 15 villes et 8 pays. Nous ne nous sommes pas contentés de lancer l’application dans de nouvelles villes: nous avons également proposé de nouveaux services, tels qu’UberEats à Johannesburg, un service de livraison de repas à la demande développé par nos soins.

Partout, nous avons toujours privilégié un partenariat avec les gouvernements et les pouvoirs publics afin que les pays, autant que les chauffeurs et les utilisateurs, puissent prendre leur part dans cette nouvelle économie à la demande. Une grande étape a d’ailleurs été franchie en mai 2016, puisque le gouvernement sud-africain de la province du Gauteng a délivré une nouvelle catégorie de licences dédiées au transport à la demande pour les chauffeurs utilisant des applications, comme Uber. Au même moment, nous avons signé un protocole d’accord avec le ministre des Transports ghanéen, tandis que le président de l’Ouganda a montré un réel enthousiasme à l’occasion de l’ouverture de nos services à Kampala.

Si l’entrepreneuriat en Afrique connaît une forte expansion, l’accès au financement demeure un obstacle. C’est pourquoi, nous avons lancé en Afrique du Sud le programme Vehicle Solutions. Grâce à notre partenaire Wesbank, les chauffeurs ont eu accès à plus de 100 millions de véhicules à un prix abordable. Au Kenya, notre partenariat avec Sidian Bank permet aux chauffeurs kenyans de bénéficier de prêts à des taux particulièrement compétitifs en fonction des notes qui leur sont attribuées par les clients.

Ces premières expériences laissent présager du potentiel du continent africain. Et ce ne sont là que les prémices d’une transformation majeure dans la manière dont nous allons nous déplacer désormais. A l’heure où vous lisez ces lignes, la distance totale parcourue par nos chauffeurs en Afrique est aujourd’hui édifiante: 452.853.658 km, soit plus de 1.178 fois la distance moyenne entre la Terre et la Lune!

Une arme anti-harcèlement aussi

Aujourd’hui, environ 60.000 chauffeurs utilisent Uber en Afrique, ce qui équivaut à un rythme de création de 54 nouvelles sources de revenus par jour depuis notre implantation sur le continent. Et nous sommes convaincus que nous pouvons faire encore plus.

Au Maroc, où le chômage touche 41,5% des jeunes de moins de 24 ans en milieu urbain, Uber peut avoir un impact important. Selon nos estimations, nous sommes en mesure de créer jusqu’à 10.000 nouvelles opportunités économiques pour des auto-entrepreneurs sans menacer d’autres pans de l’économie. Le secteur des VTC s’adresse en effet à une nouvelle demande plutôt qu’il ne capte les parts de marché des autres acteurs du transport urbain. Le Maroc accueille à cet égard l’un des plus grands centres de SAV des passagers et chauffeurs avec la gestion de plus de 10 pays de la région Mena et d’Europe.

Le Caire, où le chômage est particulièrement élevé, fait aussi partie des territoires au sein desquels Uber se développe plus rapidement qu’ailleurs. Nous représentons désormais dans la capitale égyptienne une opportunité économique pour près de 3.000 nouvelles personnes par mois, dont plus de 40% étaient auparavant en situation de recherche d’emploi. En Egypte, 99,3% des femmes déclarent avoir déjà été harcelées sexuellement et parmi elles 57% l’ont été par des chauffeurs de taxis ou de bus. Face à ce constat, nous avons mis en place une formation obligatoire pour les conducteurs qui utilisent notre application, en partenariat avec Harass Map, une association locale de lutte contre le harcèlement sexuel.

 

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