Politique

Istiqlal: Nouvelle manœuvre de Chabat?

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5002 Le 13/04/2017 | Partager
Après un accord de conciliation, il s’est dérobé en omettant de signer le PV
Objectif: Gagner du temps et empêcher la tenue du Conseil national ce samedi
Les anti-Chabat balisent le terrain pour Nizar Baraka
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Les adversaires de Chabat veulent amender l’article 91 pour augmenter le nombre des membres de la commission préparatoire du congrès et surtout changer l’article 54 pour permettre la candidature de Nizar Baraka au secrétariat général de l’Istiqlal (Ph. Bziouat)

Nouveau rebondissement dans le feuilleton de l’Istiqlal. L’accord obtenu mardi au terme de plus de 4 heures de tractations entre Hamid Chabat et Hamdi Ould Rachid, en présence de Abdelouahad El Fassi, est tombé à l’eau. Le secrétaire général du parti devait signer hier matin le PV de la réunion, et publier un communiqué. Il ne l’a pas fait. Pis, il est parti en voyage pour Berkane.

Ses adversaires du groupe des 14 membres du comité exécutif considèrent qu’il s’agit d’une manœuvre supplémentaire pour gagner du temps. Pour eux, l’objectif de Hamid Chabat est d’annuler le Conseil national extraordinaire, convoqué par ses adversaires pour ce samedi. Face à ce nouveau rebondissement,  ils ont décidé de maintenir cette rencontre. Toute la classe politique aura les yeux rivés sur cette rencontre importante dont les enjeux sont décisifs.

Cette réunion du samedi devra appeler à la convocation d’un congrès extraordinaire dont l’objectif est d’amender deux articles du statut du parti. Il s’agit de changer l’article 91 pour augmenter le nombre des membres de la commission préparatoire à l’ensemble du conseil national. Donc, au lieu de se limiter à 150, l’amendement propose de monter à 1.000 membres. Autre point à l’ordre du jour, l’élimination de la conditionnalité prévue par l’article 54 du statut du parti.

Le changement vise à permettre d’ouvrir les possibilités de candidature au poste de secrétaire général de l’Istiqlal à tous les militants. L’idée est de démocratiser la pratique politique, conformément à la loi sur les partis et aux dispositions de la Constitution de 2011, souligne un membre du comité exécutif. Ce qu’il omet de dire est que l’amendement de cet article vise à ouvrir la route à la candidature de Nizar Baraka.

Car, selon le dispositif actuel, le président du Conseil économique, social et environnemental, est éliminé de la compétition. Et pour cause, il n’est pas membre du comité exécutif, comme le stipule l’article 54. Donc, les partisans de Hamdi Ould Rachid balisent le terrain pour que Nizar Baraka puisse devenir le 5e secrétaire général de l’Istiqlal. Ces deux amendements devaient figurer dans le PV que devait signer Hamid Chabat hier et qui avaient fait l’objet d’un accord verbal mardi.
Actuellement, l’Istiqlal est divisé en quatre clans.

Outre les pro-Chabat et les 14 membres du comité exécutif conduit par Hamdi Ould Rachid, il y a le groupe de Bilahawada. A ceux-là, il faut ajouter les mécontents qui se sont éloignés du parti comme Mohamed Louafa, Mhmed Khalifa,… Les tirs groupés contre Chabat se multiplient. Mais il a un double avantage. D’abord, il maîtrise l’appareil à travers l’ensemble du territoire. Ensuite, Hamid Chabat a une double casquette qui lui donne une longueur d’avance sur les autres.

C’est un syndicaliste qui a gravi tous les échelons pour arriver au secrétariat général de l’UGTM. Cette ouverture devait remettre en selle d’autres responsables. Sauf que l’ancien prétendant Karim Ghellab n’est pas candidat. De son côté, Tawfik Hejira s’est engagé pour la candidature de Nizar Baraka. Mais ce dernier ne l’a pas officiellement annoncée.  

Rappelons que Hamid Chabat mène une traversée du désert depuis la polémique suscitée par ses déclarations sur la Mauritanie. C’est l’une des principales raisons qui a conduit à l’exclusion de l’Istiqlal des négociations pour la formation du gouvernement. Après avoir fait profil bas durant les premières semaines, l’ex-maire de Fès a repris du poil de la bête en annonçant sa volonté de briguer un nouveau mandat à la tête du parti de la balance.

Rappel à l’ordre

Les adversaires de Chabat affirment qu’il dépasse les prérogatives du comité exécutif comme la désignation des coordinateurs régionaux, la nomination des inspecteurs et l’appel à la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil national. A cela s’ajoutent les nombreuses mesures disciplinaires qu’il avait prononcées à l’égard des responsables du parti. Ce sont autant d’attributions du seul comité exécutif. D’ailleurs, ce dernier lui a envoyé une lettre de mise en garde lui rappelant les prérogatives du comité.

 

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